Viol sur mineure: Huit ans de réclusion criminelle pour Beau-Gars Agbozo

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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L’accusé Beau-Gars Agbozo a écopé de huit ans de réclusion criminelle pour des faits de viol sur mineure. Des faits qui sont prévus et punis par les articles 332 et suivants du Code pénal et 3 et suivants de la loi n°2011-26 du 9 janvier 2011 portant prévention et répression des violences faites aux femmes consacrant l’élément légal de cette infraction avec la particularité que la mineure de moins de 16 ans n’a pas de consentement pour un acte sexuel.

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Le tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo, statuant en matière criminelle, et à huis clos, a déclaré Beau-Gars
Agbozo coupable du crime de viol sur mineure. L’accusé était à la barre, vendredi 13 décembre dernier, pour donner sa version des faits qui se sont produits au quartier Donoukin à Porto-Novo dans la matinée du lundi 9 septembre 2013. Beau-Gars Agbozo a reconnu les faits de l’infraction de viol qui se définit, aux termes de la loi, comme un acte de pénétration vaginale, anale ou buccale par le sexe d’autrui ou de pénétration vaginale ou anale par un quelconque objet sur un(e) mineur (e).
Sur le fondement des dispositions légales et au regard des faits et des débats à la barre, le ministère public représenté par Edwige Fifamè Aklou
Tangni requiert contre l’accusé la peine de 15 ans de travaux forcés. Selon elle, tant à l’enquête préliminaire que devant le juge instructeur ainsi qu’à la barre, l’accusé a reconnu avoir fait entrer avec force la mineure E. N. dans sa chambre à coucher pour assouvir son envie forte d’avoir des rapports sexuels le 9 septembre 2013. Le ministère public en veut pour preuve le certificat médical figurant au dossier et faisant état de l’existence d’un syndrome inflammatoire pelvien attestant d’une agression sexuelle de la victime. Mieux, poursuit Edwige Fifamè Aklou Tangni, assurant les intérêts de la société, les renseignements recueillis sur la personnalité de l’accusé font état de ce qu’il s’est toujours illustré comme un jeune homme incorrect et voyou avec l’un de ses amis du quartier, un certain Sissi inculpé aussi pour les mêmes faits. « Cela augure de la moralité de cet accusé qui est devant vous aujourd’hui même si le bulletin n°1 de son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation», précise le ministère public. Les conclusions de l’examen médico-psychologique de l’accusé attestent que celui-ci ne présentait aucun trouble mental grave au moment des faits. Il est donc pénalement responsable et accessible à la sanction pénale. Edwige Fifamè Aklou Tangni requiert contre lui 15 ans de travaux forcés pour « décourager tous les autres adeptes de ces pratiques néfastes et nuisibles à nos nombreuses filles victimes qui portent ma voix pour vous réclamer justice ». Elle ajoute: « Cette sanction sera l’occasion, depuis votre siège, de rendre justice à ces nombreuses filles dont les vies sont brisées et détruites et souffrant dans l’ombre».
Me Serge Pognon défendant l’accusé a plaidé coupable et imploré la clémence du tribunal. Il a trouvé la peine de 15 ans requis par le ministère public trop sévère. La défense a invité le tribunal à ne pas suivre les réquisitions de ce dernier mais plutôt à condamner son client pour le temps déjà passé en détention préventive.
Délibérant, le tribunal déclare l’accusé coupable des faits de viol et le condamne à huit ans de réclusion criminelle.
Beau-Gars Agbozo, incarcéré le 8 octobre 2013, reste donc en prison pour près de deux ans encore. Il faut préciser que les intérêts civils ont été réservés, car la victime était absente au procès. E. N. devrait être défendue par Me Eliane Amoussou.

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Les faits

Le lundi 9 septembre 2013, Beau-Gars Agbozo accompagné par deux de ses sœurs du village et voisines du quartier, les nommées A. K. et A. A, a réussi à conduire E. N. à son domicile pour lui faire croire qu’il voulait acheter à manger auprès d’elle le repas que l’on appelle communément «Kome». Profitant de l’absence des deux autres jeunes filles qui étaient allées monnayer le billet de 2000 FCfa pour payer leur consommation, il appela E. N. dans sa chambre, puis la bâillonna, déchira son slip avant de finir par lui imposer des relations sexuelles. Beau-Gars Agbozo sera poursuivi ensuite pour le crime de viol.
Composition du tribunal

Président : Sosthène Agbowaï
Assesseurs : Jacob
Fidégnon, Lucien Djimènou, Lambert Dady et Parfait Adoun.
Ministère public : Edwige
Fifamè Aklou Tangni
Greffier : Me Eric Hounnon