Violence et voies de fait: Régis Mardochée Anagonou condamné mais libre

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Mis en accusation pour les faits d’incendie volontaire, de violence et voies de fait, le nommé Régis Mardochée Anagonou a comparu, mardi 4 août dernier, devant le Tribunal de première instance de deuxième classe d’Abomey-Calavi, statuant en matière criminelle. L’accusé a été acquitté des faits d’incendie volontaire au bénéfice du doute, mais il est reconnu coupable de violence et voies de fait. Il a écopé de deux ans de prison ; une peine inférieure au temps déjà passé en détention. Par conséquent, il est libre.

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Face au Tribunal de première instance de deuxième classe d’Abomey-Calavi, statuant en matière criminelle, Régis Mardochée Anagonou n’a pas reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il dit n’avoir pas incendié la maison du sieur Vincent Houngnibo et l’école du sieur Emile Amoussou. Il ne nie toutefois pas avoir fait du bruit pour réclamer les arriérés de salaire d’instituteur que lui devait l’école Sainte Trinité. A l’occasion, il reconnait s’être simplement servi d’un tabouret pour se défendre. Les débats n’ont pas permis d’établir la culpabilité de l’accusé quant aux faits d’incendie volontaire.
Dans l’entame de son réquisitoire, le ministère public a rappelé que les faits d’incendie et de violence et voies de fait sont des crimes respectivement prévus par les dispositions des articles 434 alinéa 1er et 311 alinéa 1er du code pénal, lesquels faits sont punis de la réclusion criminelle à perpétuité pour l’incendie volontaire et d’un emprisonnement allant de 6 jours à 2 ans pour l’infraction de violence et voies de faits, conformément au code pénal applicable au moment des faits. Le ministère public relève ensuite que pour retenir la culpabilité de l’accusé sur les faits d’incendie volontaire, il faut des éléments probants, permettant d’établir qu’il a volontairement allumé le feu. « Anagonou a-t-il volontairement mis le feu au domicile du nommé Vincent Houngnibo et à l’école d’Emile Amoussou ? Le ministère public a du mal à répondre à cette question par un oui franc et énergique. Et pour cause, un doute épais entoure l’implication réelle de l’accusé dans ces faits», a déclaré le représentant des intérêts de la société.

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Doute épais ?

A toutes les étapes de la procédure, l’accusé est resté constant dans ses déclarations. Il a reconnu avoir eu des démêlées avec son ex-directeur, mais n’a jamais reconnu avoir provoqué quelque incendie. « Par ailleurs, des différentes informations recueillies des témoins, il ressort que l’accusé n’était pas sur les lieux le jour de la commission des faits. Même le plaignant Emile Amoussou reconnait qu’il n’a pas vu le nommé Anagonou le jour de l’incendie. L’accusation n’est alors soutenue que par l’adversité notoire entre l’accusé Mardochée Régis Anagonou et Emile Amoussou. Le doute réside sur les faits d’incendie volontaire… », argumente le ministère public avant de demander l’acquittement de l’accusé au bénéfice du doute pour ce qui est de l’infraction d’incendie volontaire. Quant à l’infraction de violence et de voies de fait, le ministère public soutient que les éléments matériel, moral et légal sont bien constitués et a requis deux ans de réclusion criminelle à l’encontre de l’accusé. Il fait noter que le bulletin numéro 1 du casier judiciaire de Mardochée Régis Anagonou ne porte mention d’aucune condamnation antérieure, que l’expertise médico-psychologique de l’accusé révèle des symptômes de troubles psychiques et que les résultats de moralité sont également favorables à l’accusé.
La défense va appuyer les réquisitions du ministère public en soulevant qu’il n’existe aucune preuve attestant de la culpabilité de l’accusé pour les faits d’incendie qui lui sont reprochés. Les conseils de l’accusé ont alors plaidé pour son acquittement pur et simple.
A contrario, la partie civile a demandé au tribunal de reconnaître la culpabilité de Mardochée Régis Anagonou pour les faits de violence et voies de fait d’une part et d’autre part, de le déclarer coupable des faits d’incendie des biens d’Emile Amoussou et de Vincent Houngnibo. Il a réclamé 1,2 million pour le préjudice subi par la femme de Vincent Houngnibo qui a vu ses activités au ralenti, 15 millions en réparation du préjudice subi par le sieur Vincent Houngnibo et 12 millions en réparation du préjudice subi par Emile Amoussou dont l’école ne fonctionne plus bien.
Après en avoir délibéré, le tribunal a acquitté le nommé
Mardochée Régis Anagonou des faits d’incendie volontaire, mais l’a reconnu coupable de violence et voies de fait. Pour cette dernière infraction, il a été condamné à 2 ans de prison. En détention préventive depuis février 2016, l’accusé a largement purgé cette peine et est désormais libre?

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Les faits

Courant 2014, l’école primaire privée Sainte Trinité avait commencé par avoir des difficultés financières pour solder les salaires de son personnel. Exaspéré par cette situation qu’il n’arrivait plus à supporter, Mardochée Régis Anagonou a démissionné de son poste d’instituteur avant de se porter le 22 mai2014, dans ladite école pour exiger le paiement de ses arriérés de salaire, sur fond de vandalisme et de violences. Les responsables de l’école ont dû recourir à un prêt pour pouvoir lui payer lesdits arriérés. Mais en quittantles lieux, Mardochée Régis Anagonou a, sous le coup de la colère, menacé de poursuivre les actes de vandalisme jusqu’à la destruction de l’école. Convoqué au commissariat de police de Fidjrossè pour s’expliquer sur ses menaces, il a préféré prendre la poudre d’escampette pour le Nigeria, après une tentative de médiation infructueuse avec les responsables de l’école. C’est dans ce contexte que, la nuit du lundi 16 mars au mardi 17 mars 2015, des individus malintentionnés se sont portés au domicile du nommé Vincent Houngnibo, copropriétaire de l’école Sainte Trinité, pour incendier ses deux véhicules et tenter d’incendier sa maison. Dans les mêmes circonstances, ils ont incendié l’école Sainte Trinité dont le sieur Emile Amoussou est le fondé principal.
Interpellé et arrêté après plus d’une année de cavale, Mardochée Régis Anagonou a nié les faits d’incendie, prétextant qu’au moment des faits, il était au Cnhu, où son épouse était décédée le mercredi 18 mars 2015 vers 13 heures. Il a néanmoins reconnu s’être servi d’un tabouret pour se défendre. Inculpé des faits d’incendie volontaire, de violence et voies de fait, le prévenu a été arrêté et mis en détention préventive, le 18 février 2016.

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Composition du Tribunal

Président : Arnaud Toffoun

Assesseurs :
Eudoxie Akakpo
Gabriel Affognon
Lucien Djimenou
Guy Houga

Ministère public : Noël Hougbo