Violences faites aux filles et aux femmes : La position confuse des jeunes

Par Maryse ASSOGBADJO,

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La lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles (Vff) reflète une incohérence chez les jeunes au Bénin. Le tout dernier rapport d’Oxfam Bénin établit une échelle de leurs attitudes à l’égard des Vff. Tout en condamnant le phénomène, ils encouragent les pratiques qui y concourent. Paradoxe !

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58 % des jeunes au Bénin affichent une attitude défavorable face au phénomène des violences faites aux femmes et aux filles. Deux jeunes sur cinq admettent les violences faites aux filles et aux femmes (Vff). Ces données reflètent un paradoxe en ce qui concerne la lutte contre les Vff au Bénin.
Selon une étude d’Oxfam Bénin intitulée « Connaissances, attitudes et pratiques des jeunes à l’égard des violences faites aux femmes et aux filles au Bénin » et dont la dissémination a été faite à Cotonou le 16 mai dernier, les jeunes dénoncent les violences mais encouragent les pratiques qui y contribuent.
Il ressort qu’ils ont une connaissance formelle des violences faites aux femmes et aux filles, mais n’établissent pas le rapport avec les croyances qui les perpétuent. « Les jeunes ont globalement une attitude défavorable aux violences faites aux filles et femmes, mais ils adhèrent aux pratiques et aux normes sociales qui perpétuent ces violences », souligne le rapport.
Aussi, trouvent-ils « justifiées et fondées les normes sur le confinement des filles et des femmes dans l’espace privé, sur l’autorité des hommes au sein de la famille, sur la soumission des femmes et des filles, sur l’appropriation sexuelle et celle du corps des femmes », mentionne le rapport.
« L’analyse des items des échelles d’attitudes montre que la cible enquêtée est favorable à des manifestations importantes de Vff telles que la violence conjugale, la violence physique et la violence culturelle », relève le document.
La même source note un écart entre la condamnation théorique des Vff et les pratiques individuelles et collectives qui continuent d’exposer les femmes et les filles à toutes formes d’abus.
Les auteurs de l’étude concluent que « ceci est le reflet de la situation en matière de lutte contre les Vff au Bénin où un cadre juridique cohabite avec des pratiques sociales qui exposent les victimes à toutes formes de violences.
L’étude entre dans le cadre de la campagne « Ça suffit ! Mettons fin aux violences faites aux femmes et aux filles », et vise le remplacement des normes sociales qui perpétuent les Vff par des normes favorables à l’égalité entre les femmes et les hommes et la non-violence.
Dans le cadre de sa réalisation, les initiateurs ont associé les organisations de jeunes. Elle concerne un échantillon de 5400 jeunes de 14 à 35 ans interrogés dans plusieurs localités du pays représentatifs de la diversité sociale et culturelle du pays. « Ils ont été rejoints principalement dans leurs milieux de vie et d’activités, dans les établissements scolaires et les universités, dans les marchés, les ateliers et les champs », renseigne le rapport.

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