Visite de la présidente de la Confédération suisse au Bénin: Doris Leuthard exhorte à un nouveau leadership féminin

Par Josué F. MEHOUENOU,

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La promotion du leadership féminin étant au cœur de l’action de la coopération suisse au Bénin, la présidente suisse, Doris Leuthard, a également rencontré à la mairie de Ouidah un groupe de femmes du Programme de leadership politique féminin.

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Cette rencontre d’échanges qui a porté sur le thème : « Les violences faites aux femmes », s’est voulu une occasion pour plaider la cause de la femme, son épanouissement et son émancipation à travers une forte implication dans les instances de prise de décision. Hasard ou coup de chance, des femmes leaders au destin singulier étaient présentes à cette séance. Aux côtés de la présidente de la Confédération suisse, une des rares femmes chefs d’Etat dans le monde, il y avait : Adidjatou Mathys, ministre en charge des Affaires sociales, mais surtout première femme promue ministre des Finances au Bénin ; Mariétou Temba, maire de la commune de Pèrèrè, une des rares femmes à la tête d’une collectivité locale au Bénin.
Pour ces leaders qui, à force d’engagement et de combativité, portent haut l’étendard de la gent féminine, s’entretenir avec les participantes au Programme de renforcement des capacités d’action des femmes (Recacem) phase 4 est important pour inverser la tendance. C’est d’ailleurs là, l’un des messages forts portés par la présidente Doris Leuthard, eu égard aux chiffres présentés sur la situation de la femme leader au Bénin par le ministre Adidjatou Mathys. A l’en croire, seulement 67 femmes sont élues conseillères sur un total de 1435, soit 4,45%. Quatre femmes siègent au Parlement sur les 83 députés, soit 3,6%, alors que le taux de représentativité des femmes au Gouvernement est de 14%, soit trois femmes sur 21 ministres. A la base d’une telle situation, liste la ministre, la mentalité, les pesanteurs sociologiques et d’autres facteurs. Malgré cet écart dans le positionnement homme-femme, l’espoir reste permis. Et c’est la voix de Moufidatou Gbadamassi, jeune femme inscrite au programme de leadership qui viendra rassurer l’assistance. On y apprend beaucoup, soutient la jeune femme qui vante les mérites de ce projet financé par la Suisse et qui lui donne envie d’embrasser une carrière publique et politique. Les moyens pour y parvenir, Moufidatou Gbadamassi dit les détenir désormais à partir des enseignements et notions reçus. A cela s’ajoutent des instruments juridiques et politiques en gestation pour équilibrer la parité homme-femme. Le Gouvernement s’y pense, a assuré le ministre en charge des Affaires sociales.
De quoi apaiser la présidente de la Confédération suisse qui, elle, mise gros sur les femmes. Ce qu’elle ne comprend pas, c’est que les femmes en général soient majoritaires et incapables d’unité d’actions. « La solidarité entre femmes est difficile », admet la présidente qui invite les femmes béninoises à la solidarité, mais aussi à créer et à renforcer « les réseaux de femmes », capables, selon elle, de changer le monde. « Tous les sièges occupés par des hommes peuvent l’être également par des femmes. Parfois, il faut qu’un homme cède sa place à une femme », a plaidé la présidente suisse.

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Du tourisme aussi !

Malgré leur agenda chargé, la présidente de la Confédération suisse et sa délégation ont eu droit à une visite touristique dans la ville de Ouidah. Doris Leuthard et sa suite ont visité dans la soirée du jeudi 13 juillet, quelques sites de la Route des esclaves. En compagnie d’un guide touristique, la délégation a marqué un arrêt à la place Chacha et a été entretenue sur l’histoire de cette place. La Route des esclaves sera ensuite remontée jusqu’à la hauteur de la Porte du non-retour. En un laps de temps, l’histoire de Ouidah a été revisitée par la délégation suisse. « On a vraiment fait du mal à des millions de personnes et il ne faut jamais oublier cela. Il faut réconcilier l’histoire, le passé avec le présent pour que les personnes et les familles qui ont été victimes puissent revenir et se concilier. Que personne au monde n’oublie cette époque dont l’on ne peut pas être fier et il faut faire en sorte que cela ne se répète plus. L’humanité a fait beaucoup d’erreurs. On a créé beaucoup de victimes et notre rôle est maintenant d’éviter que cela se répète », a déclaré la présidente Doris Leuthard au terme de la visite à la Porte du non-retour. Ce bain touristique a pris fin au temple des Pythons n

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Josué F. MEHOUENOU