Warrantage maïs et soja: Acma2 évalue la campagne 2017-2018 avec ses acteurs

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

  Rubrique(s): Société |   Commentaires: Commentaires fermés sur Warrantage maïs et soja: Acma2 évalue la campagne 2017-2018 avec ses acteurs


 

Le programme Approche communale pour le marché agricole phase 2 (Acma2) financé par l’ambassade du Royaume des Pays-Bas, organise à Porto-Novo, depuis mardi 6 novembre dernier, un atelier bilan de la campagne 2017-2018 de warrantage du maïs et du soja pour lequel il accompagne les producteurs agricoles sur le terrain. Les travaux qui s’achèvent ce jeudi visent à permettre aux acteurs à divers niveaux d’évaluer les forces et faiblesses du processus et de mieux se relancer pour améliorer la campagne prochaine.

LIRE AUSSI:  Rapport mondial sur les crises alimentaires : 200 millions de personnes menacées par la famine

La campagne 2017-2018 du processus de warrantage du maïs et du soja, piloté par le programme Approche communale pour le marché agricole phase 2 (Acma2), s’est soldée par des résultats encourageants. C’est du moins ce qui ressort de l’atelier bilan qu’organise depuis mardi 6 novembre dernier, à Porto-Novo, le programme Acma2 financé par l’ambassade du Royaume des Pays-Bas.
Ce séminaire d’évaluation réunit les Pôles d’entreprise agricole sur le maïs de Djidja, Zogbodomey, Zakpota et de Kétou, et ceux sur le soja de Djidja et de Zogbodomey sans oublier Alidé, l’institution de microfinance qui accompagne ces producteurs agricoles avec des crédits. Pendant trois jours de travaux, ils passeront au peigne fin ce qui a marché et ce qui n’a pas bien tourné au cours de cette campagne de warrantage 2017-2018, afin de tirer les leçons qui s’imposent pour aller de l’avant.
Selon Rassidatou Moustafa, spécialiste Warrantage Acma2, 588,2 tonnes de produits agricoles ont été stockées contre 587,7 tonnes vendues au cours de cette campagne. Ce qui montre une perte de 0,5 tonne. Aussi, un montant de 81, 834 millions F Cfa de crédit, a-t-il été octroyé aux producteurs par Alidé microfinance. Le processus a impacté 274 producteurs agricoles dont 134 femmes et 39 jeunes. Seulement, la campagne n’a pas connu que de succès.
Elle a été marquée par quelques problèmes, note Rassidatou Moustafa. Il s’agit surtout des difficultés liées à l’accès au marché concernant le maïs. Le prix a connu une chute drastique à la période de déstockage, c’est-à-dire après mars, avril et mai 2018 lors de la vente des produits. Cette situation est due à l’abondance du maïs sur le marché, constate Rassidatou Moustafa. Mais le mécanisme de facilitateurs d’accès au marché mis en place par Acma2 a permis d’amoindrir les conséquences de cette situation. Ce qui a permis aux producteurs d’écouler, vaille que vaille, leurs produits sans trop les brader. Ces derniers ont vendu leurs produits, remboursé les crédits et ont également partagé les ristournes à leurs membres. Sauf que cette fragilisation du marché, surtout autour du prix de vente du maïs ne leur a pas permis de gagner de gros bénéfices.

LIRE AUSSI:  Campagne électorale rectorale à l’Uac: La liste Fi-Fa à l’assaut des électeurs des campus de l’Ouémé

Dupliquer l’expérience

L’atelier vise à permettre aux participants de passer en revue tout le processus, de tirer les leçons de l’expérience vécue pour se relancer pour la prochaine campagne qui pointe déjà à l’horizon. Rassidatou Moustafa se dit satisfaite des résultats de l’atelier bilan. Car, il a permis aux participants de surtout comprendre qu’il y a lieu pour eux de ne plus prendre beaucoup de crédits afin de pouvoir le rembourser facilement et de démarrer tôt le mécanisme, pour éviter de subir les aléas du prix du marché. L’atelier vise par ailleurs à voir comment intégrer dans le système des mécanismes d’accès aux intrants agricoles, souligne Rassidatou Moustafa. Il s’agira, pour les acteurs, de réfléchir à combiner le warrantage activités génératrices de revenus au warrantage intrant, explique la spécialiste Warrantage Acma2.
Nicaise Ganhounouto, chef d’agence Porto-Novo d’Alidé, salue le partenariat entre les deux structures. Il a aussi déploré la baisse des prix de vente du maïs lors du déstockage sur le marché au cours de la campagne passée. Ce qui a occasionné des impayés qui tournent autour de 22 millions FCfa pour les deux agences Porto-Novo et Bohicon qui octroient de crédits aux producteurs agricoles. Selon lui, Alidé est actuellement en négociation avec Acma2 et les producteurs afin d’étudier les voies et moyens pour solder les impayés. Nicaise Ganhounouto souhaite que le gouvernement accompagne les producteurs sensibilisés à produire beaucoup, surtout du maïs. Il invite le gouvernement à dupliquer l’expérience concluante d’Acma2 dans les autres communes où le programme n’est pas présent. Un souhait partagé par Eloi Djodjo, producteur agricole à Djidja. Il félicite Acma 2 avec son système de warrantage dont l’utilité n’est plus à démontrer et qui améliore leurs conditions de vie. Il souhaite que les décideurs aident les producteurs agricoles à trouver des marchés, notamment sur les plans local et régional dont le Nigeria, pour l’écoulement des produits agricoles avec un retour sur investissement.

LIRE AUSSI:  Représentativité des femmes au gouvernement: Le chef de l’Etat s’en préoccupe