Wilfried Léandre Houngbédji dans Jeune Afrique: « Opposer les populations les unes aux autres, ce n’est pas un projet de société »

Par Paul AMOUSSOU,

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Wilfried Léandre Houngbédji dans Jeune AfriqueWilfried Léandre Houngbédji dans Jeune Afrique

Dans une interview qu’il a accordée à Jeune Afrique, sans langue de bois comme à ses habitudes, Wilfried Léandre Houngbédji, le directeur de la Communication à la Présidence de la République, est revenu sur les sujets brûlants de l’actualité au Bénin, dont nous vous proposons quelques perles.

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Justice, réformes politiques, bilan économique du gouvernement, échéance présidentielle….C’est à une revue de l’actualité que s’est exercé le patron de la communication gouvernementale.
Répondant à une question au sujet des actes de vandalisme et de violence qui ont eu lieu dans quelques localités du Bénin, Wilfried Léandre Houngbédji, déplorant ces faits, met en relief la responsabilité de « Ceux qui vendent la violence et la haine au lieu d’éduquer les populations » et qui « se mettent du mauvais côté de l’histoire ».

Selon lui, la radicalisation qu’on observe sur la scène politique aujourd’hui chez certains opposants au régime Talon « est symptomatique de ce que les gens ont perdu le pouvoir en 2016 et ont du mal à l’accepter ». Aussi, argumente le communicant en chef de la Présidence béninoise, « font-ils croire que le Bénin est un enfer », oubliant d’être républicains, la République qui doit amener tout acteur politique à se transcender. Ces derniers sont loin de s’ériger, à l’en croire, en donneurs de leçon, car les Béninois ont pu « observer leur gouvernance…» et « observent depuis cinq ans ce qui est en train de changer dans le pays », relève-t-il avant de conclure sur le sujet, insistant que les forces de défense et de sécurité sont aptes à parer à toute forme d’anarchie.

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Allongement de mandat ?

Relativement au débat sur l’échéance du mandat du président Patrice Talon, Wilfried Léandre Houngbédji fait valoir la révision constitutionnelle qui a institué « le fait qu’à partir de 2026, les élections municipales, législatives se tiendront en janvier, tandis que le premier tour de la présidentielle est prévu le premier dimanche d’avril, et la prestation de serment le quatrième dimanche de mai…, en conséquence de quoi, le mandat en cours est allongé de 45 jours », explicite-t-il. Ce qui le fonde à soutenir que le débat sur la fin du mandat « est un faux débat », car rappelle-t-il, la même opposition qui s’indigne contre l’allongement du mandat en cours, intègre parfaitement d’autres innovations entérinées par la même réforme constitutionnelle qui valide le prolongement de mandat ainsi que l’instauration de duo de candidats pour la présidentielle.

Indépendance de la justice

En rapport à une question sur l’indépendance des juges, notamment ceux de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), en lien avec un magistrat qui fait état de ce que les juges sont sous ordres de la chancellerie, Wilfried Léandre Houngbédji fait noter que les seules ‘’pressions’’ dont fait cas ledit juge sont relatives au dossier de Réckya Madougou, alors que la Criet s’est penchée sur plus de 500 dossiers dont certains mettent en cause des supporters du régime Talon, tels Georges Bada, ancien maire d’Abomey-Calavi ou encore Jean-Baptiste Hounguè, chargé de mission du président de la République actuellement en détention préventive.

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Et à lui d’ironiser: « Lorsqu’il s’agit de soutiens du chef de l’Etat la démocratie va très bien. Mais quand il s’agit d’opposants, la démocratie est en danger et il ne faudrait pas s’interroger sur leurs actes ». Déplorant cette dualité dans l’approche des dossiers judiciaires par les critiques du pouvoir béninois actuel, le directeur de la Communication à la Présidence de la République martèle que « l’on soit de la mouvance présidentielle ou de l’opposition, tout le monde doit rendre des comptes ».
Clou de cet entretien à bâtons rompus, la perspective de l’élection du candidat Talon au scrutin du 11 avril. A ce propos, sans ambages, Wilfried Léandre Houngbédji mise sur une victoire dès le premier tour, fort du bilan remarquable dont le régime s’auréole, et s’en convainc-t-il, en dépit des critiques, le peuple béninois saura faire la part des choses, faire une bonne appréciation pour donner un nouveau mandat à Patrice Talon.