Yaya Garba, maire de Bembèrèkè: « La question des 10 % ne sera plus à l’ordre du jour »

Par Maryse ASSOGBADJO,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Yaya Garba, maire de Bembèrèkè: « La question des 10 % ne sera plus à l’ordre du jour »


La ville de Bembèrèkè expérimente une nouvelle gouvernance au lendemain des élections communales et municipales de mai 2020 ayant consacré Yaya Garba, maire de la commune. Pour l’ancien directeur de cabinet du ministère de la Communication et ancien député, il faut opter pour la ”tricherie positive” si l’on veut se développer. Pour celui qui veut asseoir sa gestion sur la lutte contre la corruption et l’union de tous les fils et filles de Bembèrèkè autour des questions de développement, la reproduction des initiatives porteuses des autres vaut la peine.

LIRE AUSSI:  19 février 1990 - 19 février 2015:Il y a 25 ans la Conférence nationale des Forces vives du Bénin


La Nation : Le scrutin communal et municipal du 17 mai dernier vous confère le statut de premier citoyen de la commune de Bembèrèkè. En quoi votre élection constitue-t-elle une chance pour les populations ?

Yaya Garba : L’équipe finissante n’a pas démérité. La commune avait déjà commencé par enregistrer des changements. Tous les efforts du maire sortant ne sont pas pour autant applaudis. Les populations ont exprimé le vœu d’une nouvelle forme de gouvernance. L’ancien ministre Théophile Yarou et moi étions pressentis à ce poste. Les gens me considèrent comme un homme de rassemblement, qui ne fera pas de règlement de compte, qui laissera la politique politicienne de côté pour s’attaquer aux problèmes réels de la commune. Les populations se rendent compte qu’elles ne se sont pas trompées de choix. Aujourd’hui, tous les fils et filles de la commune ne forment qu’un et sont capables d’apporter un plus au développement de leur commune.

 

Vous évoquiez une nouvelle forme de gouvernance. Sur quels piliers voulez-vous asseoir la vôtre en vue d’impacter la commune?

Ce qui a manqué à l’ancienne équipe et que je veux implémenter, c’est la gouvernance participative. C’est cette gouvernance qui ne laissera aucune composante de côté et qui tiendra compte des partis politiques, de tous les chefs services déconcentrés, des Ong présentes dans la commune. Nous voulons faire en sorte que tout le monde se sente concerné par le développement. C’est pourquoi, nous avons déjà commencé par corriger le manque de motivation au niveau du personnel de la mairie.
Lorsqu’on porte un problème à l’endroit de l’autorité municipale à plusieurs reprises sans suite, ça démobilise le personnel. Il faut tenir compte de tous les travailleurs sans exception.
Nous essayons de lutter contre la complicité en ce qui concerne les passations de marchés. Sur ce point, la question des 10% ne sera plus à l’ordre du jour. Nous n’avons pas besoin de l’argent de quelqu’un pour remplir notre cahier des charges. Ce sont, entre autres, les efforts qui nous permettront d’atteindre nos objectifs.

LIRE AUSSI:  Pour des élections paisibles et non contestées :SOCL-Elections pour une veille citoyenne de qualité

 

Au plan national, la 3e mandature de la décentralisation a été secouée par des crises de confiance au niveau de certaines communes sur fond de destitutions tous azimuts. Comment comptez-vous vous y prendre pour toujours mériter la confiance de vos mandants ?

Nous avions assisté à des destitutions organisées. Les gens ont voulu installer de nouvelles équipes pour composer avec elles. Cela n’avait rien à voir avec un manque de confiance des populations. C’étaient des problèmes entre élus.

 

Vous êtes également le président de l’Association pour le développement des communes du Borgou (Adécob). Concrètement, que peut-on attendre de vous ?

L’Association pour le développement des communes du Borgou (Adécob) avait déjà une belle performance. Les résultats obtenus par les anciens présidents sont reluisants. Mon challenge, c’est de faire en sorte que les huit communes du Borgou reviennent dans le top 20. Il y a actuellement cinq communes dans le top 20. Nous devons faire l’effort pour amener les autres communes à imiter ce que j’appelle la gouvernance par la tricherie positive ou la gouvernance mimétique. Nous devons nous copier positivement. L’Adécob a mis en place un outil d’évaluation extrêmement important appelé ‘’audit à blanc’’. Ce sont des équipes que nous constituons pour aller constater de visu les efforts de développement des huit communes afin de baliser le terrain à l’audit national. La Coopération suisse est notre partenaire privilégié dans ce cadre. Elle nous assiste dans trois domaines : l’éducation, l’état civil et la santé. Les problématiques relatives aux pistes rurales et le traitement des ordures ménagères ne sont pas encore réglées dans la commune. Cela nécessite de grands moyens et l’appui d’autres partenaires pour s’en occuper afin de soulager les populations.
L’Adécob existe depuis 2008 et a véritablement pris son envol en 2010. Notre association supplante toutes les autres associations régionales aujourd’hui au Bénin. Tous les partenaires au développement reconnaissent nos mérites parce que l’association a permis d’améliorer la gestion en termes de mobilisation des ressources et dans les domaines éducatif, sanitaire…

LIRE AUSSI:  Obsèques du général Kérékou : Boni Yayi annonce la date

 

Quelle place accordez-vous aux jeunes et aux femmes dans votre gouvernance ?

La jeunesse est le fer de lance du développement. A Bembèrèkè, les jeunes se sont plus mobilisés pour nous porter. Dès lors, nous ne pouvons pas les ignorer dans nos actions.
Quant aux femmes, elles sont bien organisées au niveau de la commune. La preuve, la présidente de l’Union des femmes conseillères du Borgou-Alibori (Ufec) se trouve à Bembèrèkè. L’union s’occupe de la gestion des ordures solides ménagères dans la commune. Elle s’investit également dans les projets d’épanouissement et de développement de notre aire culturelle ‘’Wèwèré’’ et elle bénéficie des subventions pour le maraîchage et les activités génératrices de revenus. On ne change pas une équipe qui gagne. Nous travaillerons avec elles. Nul ne sera du reste.

 

Veuillez bien nous faire découvrir la commune de Bembèrèkè, M. le maire.

Bembèrèkè a des atouts naturels. C’est la terre du héros national, Bio Guerra. Son mausolée y est, même s’il manque d’un peu de soin. Nous avons une borne-fontaine naturelle dans la zone où le cheval de Bio Guerra était passé. Nous travaillons aujourd’hui à la valorisation de ces zones. Les filles et fils de Bembèrèkè se retrouvent annuellement autour du festival de Tako (Festako), réservé aux princes Bariba. Cet évènement identitaire représente le label de la commune. Cette année, le Covid-19 a retardé les festivités.

LIRE AUSSI:  Douzième au plan africain en 2021:L’économie béninoise recouvre sa pleine forme (Un rebond de croissance de 2,7 % pour l’Afrique subsaharienne)