Youthconnekt Africa Summit 2017: « La doctrine de Kigali » pour forger les héros de l’Afrique

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Kigali, la capitale rwandaise, a été du 19 au 21 juillet dernier, le point de convergence de centaines de jeunes Africains. Ils y étaient pour le Youthconnekt Africa Summit 2017 et ont eu l’opportunité d’être entretenus par de nombreux leaders sur l’avenir du continent ainsi que les outils à mettre à leur disposition pour relever ce défi.

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7079 candidatures enregistrées, 3121 accréditations, 90 pays présents et 19 millions de followers à travers le monde via les réseaux sociaux. Ces statistiques illustrent l’importance du Youthconnekt Africa Summit 2017 qui a mobilisé des jeunes Africains autour des thématiques relatives à leur avenir et au développement du continent. Au cœur de cette rencontre, la question de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes. L’ambition, c’est de parvenir d’ici 2020 à la création d’au moins 50 millions d’emplois et par la même occasion, encadrer le potentiel créatif du continent noir.
A Kigali, de nombreux jeunes porteurs de projets ont partagé leurs idées et innovations avec leurs pairs pour susciter d’autres vocations. Mais il était également question de partage d’expériences. Et à ce propos, des leaders en devenir comme la Malienne Hawa Deme, fondatrice du Mouvement Dieya, vont se révéler comme des éclaireurs. « Il n’y a pas de politique sans leadership », introduit-elle, saluant ensuite la vision de développement en cours au Rwanda. Un pays dont elle dit admirer les efforts et l’engagement. « Nous avons besoin de confiance en nous-mêmes », lance-t-elle ensuite aux centaines de jeunes tout ouïs devant son message.
Armand Yav, conseiller du président de la République démocratique du Congo, n’en dira pas moins. Le plus jeune des collaborateurs du président Joseph Kabila invite les dirigeants africains à redonner à la politique son sens. Car, opine-t-il, celle actuellement en cours sur le continent ne sert pas les communautés.

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« Il faut s’impliquer », lance Oswald Homeky

Une jeunesse mobilisée pour l’émergence d’un nouveau type de leader sur le continent. C’est le message lancé à l’endroit de la jeunesse africaine par le ministre béninois des Sports, Oswald Homéky, président de la Conférence des ministres de la jeunesse et des sports de la Francophonie (Confejes). Invité à partager son expérience avec les participants au Youthconnekt Africa Summit, il a indiqué la voix de l’engagement et de l’implication active dans la gestion des affaires de la cité et de la chose politique comme seule issue pour eux d’inverser la tendance actuelle sur le continent. « La pratique politicienne a parfois poussé les jeunes à penser qu’ils n’ont pas leur place en politique », mais la politique évolue et cette vue des choses, de l’analyse du ministre, est une mauvaise appréciation. Mais l’implication à elle seule ne suffira, nuance-t-il aussi. Il est impérieux, pense le ministre, de la faire accompagner d’un leadership. Aussi, salue-t-il dans cette même veine, celui du président rwandais Paul Kagamé.
Alioune Badara Thiam, chanteur et producteur de Rn’B américano-sénégalais, plus connu sous son nom d’artiste Akon, aura également à l’endroit des participants un message similaire. « L’Afrique doit trouver sa marque. Les grandes puissances ne peuvent le devenir sans nos richesses. La valeur de l’Afrique se trouve dans ses ressources et sa jeunesse », souligne le chanteur dont l’exemple de réussite et surtout l’engagement pour la cause du développement du continent font école auprès des jeunes qui lui vouent une grande admiration. A leur endroit, il martèlera d’ailleurs ceci : « Vous devez grandir avec vos pays dont vous êtes les forces motrices ». Les citoyens doivent prendre l’engagement de construire le continent, poursuit Akon pour qui « les jeunes sont une bombe à retardement sur un continent qui regorge pourtant de potentialités ».

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Quid de la « Doctrine de Kigali » ?

Faire émerger « Les héros de l’Afrique » ! C’est là l’une des résolutions prises au cours du sommet de Kigali qui se veut, selon les organisateurs, le point de départ d’un avenir plus radieux pour les jeunes Africains. Lequel point de départ se traduira par la mise en place d’outils, de moyens et de mécanismes d’accompagnement aux fins d’offrir aux jeunes, les moyens d’agir. Même si elle n’a pas été formalisée, il y a eu ce que d’aucuns ont appelé « La doctrine de Kigali ». Celle-ci voudrait que la question de l’emploi des jeunes soit abordée avec plus de rapidité. « Le chômage sera combattu et les programmes du passé seront mis à l’écart. On donnera aux jeunes l’accès aux capitaux et des aptitudes pour transformer l’Afrique et la conduire au développement », soutient le Kenyan Mukhisa Kituyi, secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cunced) au sujet de cette doctrine.
Mais Kigali n’a pas été que paroles et engagements. Le milliardaire chinois, Ma Yun, dit Jack Ma, président d’Alibaba group qui a pris une part active aux travaux promet d’initier 200 jeunes Africains à l’apprentissage du e-commerce au siège de son groupe. « Nous allons partager tout ce que nous savons avec ces jeunes », s’engage-t-il. Mieux, il promet de travailler avec des universités et gouvernants africains pour enseigner le e-commerce et l’intelligence artificielle, afin que les jeunes Africains puissent mieux s’occuper du développement de leur continent. Mais la plus grande nouvelle du Youthconnekt Africa Summit 2017 reste sans aucun doute l’annonce faite par Jack Ma de mettre en place un fonds d’un montant de 10 millions de dollars « pour aider les jeunes à créer et financer leurs rêves ». Rêves auxquels s’associe le président rwandais Paul Kagamé qui, à la clôture des travaux, a rappelé aux jeunes qu’ils ont beaucoup de talents à vendre. « Notre futur collectif se trouve entre vos mains », leur a-t-il lancé.

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Par Josué F. MEHOUENOU (Envoyé spécial à Kigali)