Zone économique spéciale de Glo-Djigbé : « Une formidable opportunité d’affaires », selon le Dg/Apiex

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Zone économique spéciale de Glo-DjigbéLes conditions sont réunies pour l’atteinte de l’objectif de faire du Bénin un hub industriel

La Zone économique spéciale de Glo-Djigbé en construction recèle d’importantes opportunités d’affaires à saisir par les opérateurs économiques, selon Laurent Gangbès, directeur général de l’Agence pour la promotion des investissements et des exportations (Apiex). Retour sur le contexte de la création et les avantages de cet espace conçu pour être un hub industriel au Bénin, qu’il a présentés au lancement du processus.

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La Nation : Qu’est-ce qui a motivé la création de la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé ?

Laurent Gangbès : Le Programme d’action du gouvernement vise à transformer de façon structurelle l’économie nationale. Nous avons une économie d’échanges et il est question de changer cela pour la transformation locale de nos produits agricoles afin que l’emploi soit la priorité. Il ne faut pas qu’on exporte les emplois des Béninois avec notre matière première. C’est pour cela que le gouvernement a pris la décision de créer, le 5 février 2020, une Zone économique spéciale (Zes) à Glo-Djigbé.
Je rappelle qu’une Zone économique spéciale, c’est un espace déterminé du territoire national, délimité par l’Etat pour faire la promotion d’un pôle économique donné, où des mesures incitatives fiscales, douanières et des facilités de procédures administratives et d’implantation des infrastructures et des services sont mises en place pour attirer les investisseurs. Celle de Glo-Djigbé a été identifiée comme étant une zone de forte production agricole et pour sa proximité avec les routes nationales inter-Etats n°1 et n° 2.
Le 5 février 2021, nous avons procédé à la remise officielle du site au partenaire technique, le groupe Arise Integrated Industrial Platforms (Arise IIP) qui, ensemble avec la République du Bénin à travers la Société d’Investissements et de Promotion de l’Industrie (Sipi-Bénin), va aménager, développer et exploiter ce site. C’est l’aboutissement d’un processus qui a commencé par la prise de la loi fixant le régime des Zones économiques spéciales en République du Bénin en 2017 et la signature d’un accord de partenariat avec le groupe Arise en novembre 2019.

Quel est l’objectif poursuivi en créant cette zone économique spéciale ?

L’objectif du gouvernement en créant cette zone, c’est de faire du Bénin un hub industriel et d’assurer la transformation des produits agricoles, notamment le cajou, le coton, le karité, l’ananas, le soja, etc. puis de capter de manière beaucoup plus importante la plus-value de nos produits agricoles. Le développement économique de notre pays est à ce prix.
La zone est conçue pour être un parc industriel moderne, respectueux des normes environnementales et sociales les plus élevées. Elle est destinée à fournir des services aux différentes industries, notamment les industries de transformation de noix de cajou, les industries de filature et de tissage du coton, les industries de fabrication de vêtements, les industries agroalimentaires, les industries dans le secteur du bois, etc.
La première phase porte sur l’aménagement d’une superficie de 635 ha, dont 485 ha de zone industrielle, commerciale et de stockage, le reste étant consacré aux infrastructures et aux installations communes, par exemple le bâtiment du guichet unique. La phase 2 sera l’extension de 1005 ha pour atteindre un total de 1640 ha.

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Concrètement, comment la zone boostera-t-elle la création de la richesse et de l’emploi ?

La contribution de cette zone aux exportations et au produit intérieur brut (Pib) du Bénin sera significative. Avec ce projet, le Bénin connaîtra une augmentation de ses exportations de 5 à 10 milliards de dollars Us et une augmentation de son Pib de 4 à 7 milliards de dollars Us d’ici dix ans.
La mise en œuvre de la zone permettra de créer entre 300 000 et 350 000 emplois d’ici 2030, notamment 100 000 emplois dans la transformation de noix de cajou et 200 000 à 250 000 emplois dans la filature / tissage du coton et la fabrication de vêtements, ce qui va sans doute changer le paradigme économique du Bénin, et celui des populations de Glo-Djigbé qui seront les premiers bénéficiaires en termes d’emplois et de retombées socio-économiques de ce projet.

Quels sont les avantages pour un industriel à s’y installer ?

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C’est une formidable opportunité que le gouvernement offre aux entrepreneurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers, pour développer leurs activités, en initiant cette zone économique. C’est un dispositif très intéressant qui est mis en place à travers des mesures incitatives, des facilités d’implantation et de procédures administratives, des infrastructures et des services particuliers. Et, il est important qu’ils puissent s’en saisir. Le montant des investissements prévus est estimé à 164 milliards F Cfa.
Je précise qu’il est prévu dans la loi sur les zones économiques spéciales quatre régimes : un régime douanier, un régime fiscal, un régime commercial et un régime social. Ces mesures sont de nature à promouvoir les investissements directs béninois et étrangers de types agricole, industriel, commercial et de services.
En ce qui concerne le régime douanier, il y a deux sous-régimes : le régime d’exportation et le régime de promotion des échanges intracommunautaires. Pour le régime d’exportation, les entreprises bénéficieront de l’exonération totale des droits de douane ainsi que d’une procédure simplifiée de transfert de marchandises importées.
Pour le régime de la promotion des échanges intracommunautaires, notamment dans l’espace Cedeao
(Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), elles auront des exonérations des droits de douane sur les machines, matériels, équipements, accessoires et pièces détachées en lien avec le programme de production. En plus d’une procédure simplifiée de transfert de biens et de marchandises importés vers la Zes, l’entreprise qui s’installe bénéficiera également d’un certificat d’origine communautaire.
En termes de régime fiscal, les promoteurs bénéficieront de l’exonération de tous les impôts à savoir impôt sur les sociétés, impôt sur les dividendes, taxe sur la valeur ajoutée (Tva), contributions foncières sur propriétés bâties et non bâties, droit d’enregistrement et de mutation, versement patronal sur salaires et autres retenues à la source. La liberté de rapatriement des revenus, de distribution des dividendes leur est concédée tout comme le remboursement des crédits de Tva.
Pour le régime commercial, il n’y a pas de licence ni de définition de quotas pour les importations. De même, l’entreprise aura la liberté de vente sur le territoire national, de transfert de fonds à travers les institutions financières agréées.
Pour le régime social, il est prévu l’exonération patronale sur les salaires, la non exigence du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) dans la zone, la facilitation de la délivrance des visas d’entrée et de cartes de résident économique.

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Y a-t-il déjà des entreprises qui manifestent le désir de venir dans la zone ?

Plusieurs dizaines d’entreprises aussi bien béninoises qu’étrangères ont manifesté leur intérêt de s’installer à Glo-Djigbé. De toute façon, à l’Agence pour la promotion des investissements et des exportations (Apiex), en collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Cci-Bénin), nous nous mobilisons pour que la zone devienne un succès et que nous puissions faire en sorte que les entreprises qui vont s’installer puissent bénéficier de la mise en place de cet outil, comme souhaité par le chef de l’Etat.
Il est attendu au total, 6 unités industrielles de transformation de fibre de coton d’une capacité totale de 100 000 tonnes, 29 unités industrielles de confection de vêtements, 14 unités industrielles de transformation de noix de cajou d’une capacité totale de plus de 150 000 tonnes et 10 unités industrielles de tout type, dans les cinq années à venir.