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Course pour le perchoir de la 7e législature: Vers un duel Me Adrien Houngbédji - Komi Koutché

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Par   Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau, le 19 mai 2015 à 06h03

Les choses se précisent de plus en plus par rapport à l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale, version 7e législature prévue pour ce mardi 19 mai à l’hémicycle. La bataille se fera entre deux candidats : Me Adrien Houngbédji retenu par l’Opposition et Komi Koutché sur qui la mouvance présidentielle aurait jeté son dévolu.

Qui de Komi Koutché et de Me Adrien Houngbédji sera le prochain président de l’Assemblée nationale ? Tous les regards sont tournés ce mardi 19 mai vers le palais des Gouverneurs à Porto-Novo où aura lieu cette élection attendue par plus d’un. Laquelle sera le premier acte que pose la 7è législature après son installation le samedi 16 mai dernier. En prélude à ce vote, les différents camps se sont retrouvés hier pour opérer les derniers réglages. C’est ainsi que le camp présidentiel aurait jeté son dévolu sur le ministre en charge de l’Economie, des Finances et des Programmes de dénationalisation dont le nom était abondamment cité depuis quelques jours comme un prétendant sérieux à cette bataille. Komi Koutché défendra les couleurs de la Mouvance présidentielle contre le président du PRD. Son choix a été confirmé par plusieurs sources proches du chef de l’Etat.
Du côté de l’Opposition, les choses n’ont pas changé d’un iota. L’unanimité qui régnait autour de Me Adrien Houn-gbédji retenu comme candidat de toutes les forces de l’Opposition est toujours de mise. Les partis et alliances politiques notamment PRD, Union fait la Nation, RB-RP, FDU, ABT, AND et Soleil ont gardé leurs rangs serrés pour affronter cette bataille.

L’Opposition en avance sur la Mouvance

Toutes ces forces politiques de l’Opposition font numériquement 45 députés. Si on doit extraire de cet effectif les trois députés de l’AND Cyprien Togni, Octave Houdégbé, Jacques Yempabou dont leur chef de file Valentin Aditi Houdé les annonce partis pour renforcer les FCBE, l’Opposition serait donc à 42 députés. Il faut désormais ajouter à ceux-ci le député Atao Mohamed Hinnouho de la liste Résoatao. L’ancien militant PRD a donné une conférence de presse hier à Cotonou pour annoncer son vote en faveur de Me Adrien Houngbédji. Ce qui fait théoriquement une majorité de 43 députés pour le bloc de l’Opposition. A priori, le perchoir devrait revenir au candidat Me Adrien Houngbédji qui a déjà sur papier une longueur d’avance sur son challenger Komi Koutché. Mieux, l’autre avantage de l’Opposition est qu’elle contrôle le bureau d’âge. La doyenne d’âge, Rosine Vieyra Soglo et Atao Mohamed Hinnouho, l’un des plus jeunes de la législature après Komi Koutché sont tous deux défavorables à la Mouvance présidentielle. Autant de réalités qui mettent le candidat de l’Opposition en pôle position pour gagner cette bataille du perchoir qui fait couler beaucoup d’encre et de salive depuis quelques jours. Me Adrien Houngbédji devrait se préparer à prendre pour la troisième fois, après 1991 et 1999, le perchoir de l’Assemblée nationale. Il n’aura pas de fil à retordre devant le candidat de la mouvance présidentielle minoritaire. Laquelle Mouvance est forte pout tout calcul fait de 39 députés représentant les 33 élus FCBE, les 2 de l’alliance UB, les 2 de l’alliance Eclaireur plus les 3 députés de l’AND qui ont filé entre les doigts de Valentin Houdé au profit de la Mouvance. Si ces derniers ne reviennent pas sur leur décision, on aura théoriquement 44 contre 39 députés. L’Opposition s’en tire donc à bon compte. Le camp présidentiel aura besoin de trois députés pour faire basculer la majorité et damer le pion à l’Opposition. Ce qui apparemment ne sera pas facile.

Attention aux votes trahisons politiques !

Même si ce sera difficile, il n’est pas exclu que la mouvance présidentielle réussisse un tel exploit. Car, le vote sera à bulletin secret. Le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale n’autorise pas en cette matière un vote à main levée. Les questions qui portent des élections de personnes sont toujours à bulletin secret. Dès lors, la trahison politique est possible. Des gens, dans un camp comme dans l’autre, peuvent voter, une fois dans l’isoloir, le contraire du vote qui est attendu d’eux ou qu’ils ont promis et même juré à leur candidat. Et on n’aura aucun moyen pour déceler qui a trahi et qui n’a pas trahi. Oui c’est cela la politique au Bénin. C’est à cela qu’il faut faire attention avec les députés qui disent à cor et à cri que leur candidat est telle ou telle personne. Il n’y a aucune preuve pour témoigner s’ils ont effectivement tenu promesse ou pas. On a déjà vu par le passé des trahisons de ce genre ou certains ont carrément voté abstention ou nul. C’est en cela la complexité de l’élection. Personne ne peut pronostiquer le verdict surtout qu’il n’y a pas un grand écart en terme d’effectif entre les deux camps. C’est à un duel serré qu’on risque d’assister ce jour à l’hémicycle entre Me Adrien Houngbédji et Komi Koutché.