La Nation Bénin...
Après la suspension provisoire des
manifestations du culte Egungun, la mairie d’Abomey-Calavi et les dignitaires
de cette tradition ont amorcé des concertations pour concilier préservation du
patrimoine culturel, sécurité des populations et respect de l’ordre public.
Les manifestations du culte Egungun pourraient bientôt reprendre à Abomey- Calavi, mais dans un cadre davantage organisé et mieux adapté aux réalités de la commune. Suspendues provisoirement par les autorités municipales en raison de plusieurs préoccupations liées à leur déroulement, elles ont fait l’objet d’une importante séance de travail entre le maire Nathanaël Koty et les responsables du Haut Conseil du Culte Egungun. La rencontre, tenue vendredi 25 septembre dernier, a également réuni des responsables départementaux et communaux du culte autour d’un même objectif : trouver les voies d’une pratique respectueuse des traditions tout en garantissant la sécurité et la tranquillité des populations.
Dans une commune qui connaît une forte croissance démographique et une urbanisation soutenue, la question de l’organisation des manifestations traditionnelles prend une importance particulière. Les sorties d’Egungun, qui constituent pour de nombreuses communautés un héritage culturel et spirituel profondément enraciné, continuent d’occuper une place importante dans la vie sociale. Cependant, certaines manifestations ont parfois donné lieu à des situations ayant suscité des inquiétudes parmi les habitants, notamment en matière de circulation, d’occupation de l’espace public ou de respect des règles de sécurité. C’est dans ce contexte que la municipalité a décidé d’ouvrir un dialogue direct avec les dignitaires du culte.
Le maire Nathanaël Koty a réaffirmé la position de la municipalité. Pour lui, il ne s’agit nullement de remettre en cause une tradition qui participe à l’identité culturelle de la commune et du pays. La volonté affichée est plutôt de créer les conditions permettant à cette pratique de s’exprimer dans un environnement mieux structuré, où les impératifs de sécurité, de libre circulation et de coexistence harmonieuse entre les citoyens sont pris en compte. « Préserver nos traditions tout en garantissant la sécurité, la tranquillité et la libre circulation de nos populations », telle est l’orientation défendue par l’autorité communale.
Les responsables du culte Egungun ont, pour leur part, accueilli favorablement cette démarche. Selon les informations rendues publiques à l’issue de la rencontre, ils ont reconnu l’existence de certaines difficultés et exprimé leur disponibilité à contribuer à l’assainissement du secteur. Cette attitude d’ouverture a été saluée par la municipalité, qui y voit un signe de responsabilité et une volonté commune de trouver des solutions durables.
Parmi les mesures évoquées figure le recensement des couvents et de leurs responsables dans les neuf arrondissements d’Abomey-Calavi. Cette opération devrait permettre de disposer d’une cartographie plus précise des acteurs impliqués dans la pratique du culte et de renforcer les mécanismes de suivi et d’encadrement. La mise en conformité des lieux de culte est également envisagée afin d’assurer de meilleures conditions d’organisation des activités et de renforcer la sécurité des fidèles comme des riverains.
A l’issue de la rencontre, les dignitaires du culte se sont engagés à élaborer et à transmettre au Conseil communal une feuille de route dans les prochaines semaines. Ce document devra proposer un ensemble de mesures destinées à encadrer les manifestations, clarifier les responsabilités des différents acteurs et prévenir les situations susceptibles de créer des tensions ou des désagréments pour les populations.
Pour la mairie, cette démarche concertée constitue une étape importante vers un nouveau mode de gouvernance des manifestations traditionnelles. L’ambition est de faire en sorte que le culte Egungun demeure une source de fierté culturelle, de cohésion sociale et de paix. À travers ce dialogue, autorités communales et dignitaires traditionnels semblent avoir choisi la voie de la concertation pour préserver un patrimoine vivant tout en l’adaptant aux exigences d’une commune moderne en pleine transformation.
La municipalité a décidé d’ouvrir un dialogue direct avec les dignitaires du culte Egungun