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Disponibilité du carburant: Les files s'allongent, le Bénin doit anticiper

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Longues files devant les stations-service à cause  de la rupture du carburant Longues files devant les stations-service à cause de la rupture du carburant

Dans plusieurs stations-service de Cotonou et environs, les automobilistes et motocyclistes doivent désormais composer avec de longues files et, parfois, repartir bredouilles. Une situation qui appelle à l’anticipation dans un contexte régional et international tendu.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 30 sept. 2026 à 07h34 Durée 3 min.
#essence #Bénin

A Cotonou et dans les communes environnantes, les automobilistes et motocyclistes renouent avec une scène qu’ils espéraient ne plus revoir, les longues files devant les stations-service, attente prolongée à la pompe et, parfois, un petit panneau « Rupture » qui oblige à reprendre la route à la recherche du carburant. Devant certaines stations-service, les motos et véhicules s’alignent en longues files. Dans d’autres, un petit panneau affiche simplement: « Rupture ». Ces quelques lettres, devenues familières aux usagers annoncent désormais une mauvaise nouvelle. Il faudra chercher ailleurs. D’une station à l’autre, trouver de l’essence n’est plus toujours une certitude. Et lorsque le produit est disponible, l’affluence est immédiate. Le phénomène n’est pas entièrement nouveau au Bénin, même si ça fait des années que le pays l’a connu. L’autre filet de sécurité traditionnel des consommateurs, l’essence de contrebande communément appelée kpayo, ne semble pas davantage en mesure d’absorber la demande. L’Institut national de la statistique et de la démographie (Instad) a relevé ces derniers mois des variations du prix du produit liées aux difficultés d’approvisionnement au Nigeria. En août, son indice faisait encore apparaître une baisse mensuelle de 3,2 %, preuve d’un marché très volatil. Cette dépendance au voisin nigérian constitue précisément un facteur de vulnérabilité. Fin septembre, des acteurs du secteur informel ont d’ailleurs dénoncé la suspension, depuis près de deux mois, de certaines quittances douanières destinées aux transporteurs pétroliers à moto, mesure qui perturbe leur activité.

Anticiper plutôt que subir

A cette situation nationale s’ajoute un environnement international marqué par de fortes tensions sur les marchés pétroliers. Le Nigeria lui-même a autorisé récemment de nouvelles importations de produits pétroliers pour le quatrième trimestre afin d’éviter des ruptures d’approvisionnement. Le Bénin a déjà dû relever, en mai, le prix officiel de l’essence à 725 F cfa le litre, contre 695 F cfa auparavant, dans un contexte de flambée des cours mondiaux. Ce tarif reste celui affiché actuellement par les distributeurs. Face aux premiers signes de tension, l’enjeu est donc d’anticiper. Le ministère de l’Industrie et du Commerce gagnerait à maintenir un dialogue étroit avec les fournisseurs et distributeurs, à suivre quotidiennement les stocks et les arrivages et à prendre, suffisamment tôt, les dispositions nécessaires pour éviter que les files ne deviennent la norme.  Car lorsqu’un petit panneau « Rupture » commence à apparaître d’une station à l’autre, mieux vaut traiter le signal avant qu’il ne se transforme en crise d’approvisionnement. L’urgence est aussi de contenir les tensions avant qu’elles ne se transforment en nouvelle flambée des prix. La répétition des ruptures et l’allongement des files d’attente pourraient rapidement alimenter la spéculation et accroître la pression sur les ménages et les activités économiques. Une veille rapprochée des stocks, des arrivages et des circuits de distribution, en concertation avec les fournisseurs et les distributeurs, permettrait d’anticiper les difficultés. L’enjeu est de préserver la continuité de l’approvisionnement tout en évitant que les consommateurs ne soient confrontés à une nouvelle hausse du prix à la pompe.