La Nation Bénin...
Phase importante dans le processus de réunification de l’Église du christianisme céleste, le Conseil supérieur de transition a remis, jeudi dernier à Cotonou, son rapport au président de la République, en présence du président de la République élu. Un document stratégique qui jette les bases d’une gouvernance unifiée et appelle à un nouvel élan spirituel et organisationnel.
Peu y croyaient lorsque Patrice Talon faisait engager le processus de réunification de l’Église du christianisme céleste. Mais à présent, il a fini par arracher la conviction des différentes parties impliquées dans les dissensions entre fidèles de l’Église fondée par Samuel Oshoffa. Jeudi dernier, à Cotonou, une nouvelle étape a été franchie avec la remise officielle du rapport du Conseil supérieur de transition (Cst), en présence du président élu, Romuald Wadagni, signe d’une continuité assumée dans la conduite de ce chantier sensible.
Conduit par son coordonnateur général, Bertin Bada, le Cst a présenté les grandes lignes d’un document qui ambitionne de reconstruire l’unité de l’Église sur des bases solides. « Créer les conditions d’un retour à l’unité», tel était l’objectif assigné à cette instance. À travers un processus de dialogue jugé sincère et inclusif, le Conseil a œuvré à poser les jalons d’une gouvernance mondiale unique et consensuelle.
Les travaux ont permis d’aboutir à des avancées notables. Les textes fondamentaux ont été élaborés et consolidés, notamment la constitution de l’Église, le règlement intérieur et l’organisation des différentes instances. Les principes de gouvernance ont été clarifiés, tandis que des propositions ont été formulées pour la réorganisation des cultes, l’harmonisation des cantiques et la structuration des textes bibliques. Autant d’éléments qui visent à restaurer la cohérence et la lisibilité du fonctionnement de l’institution religieuse.
Mais le chemin vers une réunification totale reste encore parsemé de défis. Le coordonnateur du Cst a évoqué la nécessité d’une fusion véritable des différentes tendances, la désignation des chefs de diocèse et la proclamation du pasteur, chef mondial de l’Église. « Ces attentes traduisent un désir profond de stabilité », a-t-il insisté, appelant à poursuivre les efforts dans un esprit d’unité et de responsabilité.
Pour le Cst, l’heure n’est plus seulement à la réflexion, mais à l’action. L’œuvre engagée doit désormais entrer dans sa phase de mise en œuvre opérationnelle, afin de concrétiser les réformes proposées sur le terrain. Une étape déterminante qui nécessitera l’adhésion de tous les acteurs de l’Église.
Pour sa part, le président de la République a salué le travail accompli, tout en invitant à la poursuite de la dynamique engagée. « Nous allons prier le président bientôt en exercice de porter le plus loin possible », a déclaré Patrice Talon, soulignant ainsi l’importance de la continuité dans ce processus. Il a rappelé que la laïcité de l’État n’exclut pas la reconnaissance du rôle fondamental de la foi dans la société. « L’État laïc n’est pas celui qui renie la foi de ses concitoyens. Le Bénin reconnaît, protège et fait même la promotion de tout ce qui est nécessaire au bien-être de l’homme », a-t-il affirmé.
Évoquant les divisions qui ont marqué certaines communautés religieuses, le Chef de l’État a reconnu qu’elles ont interpellé les pouvoirs publics. « La tâche n’était pas aisée mais nous avons compté sur le Ciel », a-t-il confié, avant d’insister sur la nécessité de préserver la paix et de promouvoir le rayonnement de cette Église née au Bénin.
Rendant hommage aux figures fondatrices, notamment Samuel Oshoffa, il a appelé à privilégier le pragmatisme. « Même si ce qui a été fait n’est pas parfait, nous allons le mettre en œuvre parce que c’est une avancée majeure. À vouloir attendre que ce soit parfait, nous n’y arriverons jamais », a-t-il martelé.
Convaincu que la réunification sera progressive, Patrice Talon a estimé qu’elle « se fera jour après jour » et se consolidera dans le temps. Pour accompagner cette dynamique, il a suggéré une évolution du dispositif actuel, avec l’élargissement du Conseil supérieur de transition, appelé à devenir un Conseil supérieur de mise en œuvre.
Avec cette remise de rapport, l’Église du christianisme céleste s’engage dans une phase décisive de son histoire. Entre volonté d’unité, réformes structurelles et accompagnement institutionnel, c’est toute une communauté qui aspire désormais à se reconstruire durablement.
Une nouvelle étape a été franchie avec la remise officielle du rapport du Conseil supérieur de transition (Cst), en présence du président élu, Romuald Wadagni, signe d’une continuité assumée dans la conduite de ce chantier sensible