La Nation Bénin...
Les élections communales du 11 janvier 2026 ont livré leurs résultats définitifs, confirmant une tendance déjà observée lors des précédents scrutins locaux : une participation en léger retrait par rapport aux élections législatives. Si le vote s’est déroulé dans le calme et la transparence, le taux de participation enregistré demeure inférieur à celui des législatives.
Les élections communales du 11 janvier ont enregistré une participation en léger recul (36,67 %) par rapport aux législatives, confirmant une mobilisation citoyenne plus mesurée lorsqu’il s’agit des enjeux locaux. Selon les données issues de la Commission électorale nationale autonome (Cena), le scrutin communal a mobilisé une part significative de l’électorat, mais sans atteindre le niveau de mobilisation constaté lors des élections législatives (36,73). Ces dernières, en raison de leur enjeu national direct et de leur impact sur la configuration de l’Assemblée nationale, suscitent traditionnellement un intérêt plus marqué auprès des électeurs. L’autre facteur qui pourrait avoir agi est le nombre de partis politiques ayant participé aux deux scrutins, cinq pour les législatives et trois pour les communales. Aussi, la différence de participation s’explique notamment par la perception qu’ont les citoyens du rôle des élections locales. Si les communes constituent le socle de la gouvernance de proximité, le scrutin communal reste, pour une partie de l’électorat, moins déterminant que les législatives, souvent perçues comme un levier direct d’influence sur les grandes orientations politiques du pays.
Pourtant, comme l’a rappelé Sacca Lafia, président de la Cena, la démocratie locale est indissociable de la vitalité nationale. Les conseillers communaux élus sont appelés à gérer des questions essentielles touchant à l’aménagement, à la salubrité, à l’état civil ou encore aux services sociaux de base. Autant de domaines qui impactent directement le quotidien des populations. Comparativement aux législatives, la participation communale a également souffert d’un moindre engouement médiatique et politique. Les campagnes locales, souvent moins dotées en ressources financières et en visibilité, peinent à créer une dynamique électorale équivalente à celle des scrutins nationaux. Cette réalité est renforcée par un calendrier électoral dense, qui peut provoquer une forme de lassitude chez certains électeurs. Malgré ce recul relatif, la Cena estime que le message démocratique reste fort. Les électeurs qui se sont déplacés ont exprimé un choix clair, traduisant leur attachement aux valeurs républicaines et au processus électoral. La participation observée, bien qu’inférieure à celle des législatives, demeure conforme aux standards observés lors des précédentes communales.
Le défi majeur reste la sensibilisation continue des citoyens à l’importance du vote en général et du vote local en particulier. Le renforcement de la démocratie de proximité passe par une meilleure compréhension des enjeux communaux et par une implication accrue des populations dans la gestion de leurs territoires. A l’heure où les nouveaux conseils communaux s’apprêtent à entrer en fonction, le scrutin du 11 janvier rappelle que la participation électorale demeure un indicateur clé de la vitalité démocratique, appelant à des efforts constants pour consolider la confiance entre citoyens et institutions.