La Nation Bénin...
Au terme d’une mission d’immersion au Bénin, Biram Séné, directeur général des Elections du Sénégal, s’est dit pleinement satisfait des enseignements tirés du système électoral béninois. Il évoque des pratiques inspirantes susceptibles d’alimenter les réformes en cours à Dakar.
Bulletin unique, dématérialisation du processus électoral, encadrement du financement politique. Autant de mécanismes observés au Bénin, qui intéressent les autorités sénégalaises dans leur quête d’amélioration continue de leur dispositif électoral. La mission d’échanges conduite au Bénin par une délégation de la direction générale des Elections du Sénégal s’est donc achevée, samedi 14 février, sur une note de satisfaction. Biram Séné, magistrat de formation et directeur général des Elections au Sénégal et chef de délégation, a souligné l’intérêt stratégique de cette immersion dans le système béninois, choisi pour ses spécificités jugées pertinentes dans le cadre des réformes annoncées à Dakar. Selon lui, la sélection du Bénin ne relève pas du hasard. « Nous avons observé plusieurs systèmes d’organisation électorale et considéré que celui du Bénin présentait des particularités intéressantes pour le Sénégal », a-t-il expliqué. Tout en rappelant que son pays demeure une référence démocratique en Afrique, avec plusieurs alternances pacifiques, il a reconnu qu’aucun modèle n’est parfait et que l’échange d’expériences reste indispensable.
Parmi les innovations qui ont retenu l’attention de la délégation figure le bulletin unique, en vigueur au Bénin. Le Sénégal continue d’utiliser des bulletins multiples, dont le coût logistique est jugé élevé. Biram Séné a ainsi indiqué que les dernières élections législatives ont nécessité environ 11 milliards de francs Cfa pour l’impression des bulletins dans son pays alors que l’adoption du bulletin unique pourrait générer une économie substantielle.
La dématérialisation du processus électoral constitue un autre domaine d’intérêt majeur. Issue des recommandations du dialogue national sur le système politique sénégalais, cette orientation trouve au Bénin des expériences concrètes dont Dakar souhaite s’inspirer. La mission a également examiné les mécanismes de rationalisation du système partisan, notamment le financement des partis politiques, le contrôle de ces ressources et le plafonnement des dépenses de campagne. Au cours de son séjour, la délégation a rencontré plusieurs institutions clés, dont la Commission électorale nationale autonome, l’Agence nationale d'identification des personnes, la Cour constitutionnelle, la Cour des comptes, ainsi que des représentants de l’Assemblée nationale et de la société civile. Biram Séné a salué l’accueil réservé par les autorités béninoises et la disponibilité des différentes structures rencontrées.
« Nous retournons totalement satisfaits, car nous avons trouvé les réponses aux questions qui nous avaient conduits ici », a-t-il affirmé, évoquant des avancées notables du Bénin dans plusieurs domaines électoraux. Il a toutefois souligné que certains aspects du système sénégalais sont plus avancés, preuve, selon lui, que l’apprentissage mutuel est bénéfique. Ainsi, la coopération entre administrations électorales africaines pourrait induire des changements significatifs dans les modèles électoraux et renforcer les standards démocratiques. En tout cas, pour Dakar, les enseignements tirés de l’expérience béninoise pourraient contribuer à moderniser son dispositif électoral et à consolider la transparence des scrutins à venir.
Biram Séné, directeur général des Elections du Sénégal