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Elections générales de 2026: Un manifeste pour faire des droits humains une priorité politique

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Le manifeste met entre autres l’accent sur le droit à un procès équitable et l’accès effectif à la justice,  considérés par l’organisation comme des urgences majeures Le manifeste met entre autres l’accent sur le droit à un procès équitable et l’accès effectif à la justice, considérés par l’organisation comme des urgences majeures

Dans le cadre des élections générales de 2026, Amnesty International Bénin intensifie son plaidoyer en faveur du respect des libertés fondamentales. L’organisation a présenté, jeudi 28 janvier dernier à Cotonou, le Manifeste d’engagements pour la promotion et la protection des droits humains au Bénin (2026-2033), lors d’une conférence de presse tenue à Cotonou.

Par   Anselme Pascal AGUEHOUNDE, le 05 févr. 2026 à 06h21 Durée 3 min.
#Elections générales de 2026

Elaboré en partenariat avec treize organisations de la société civile béninoise, le Manifeste d’engagements pour la promotion et la protection des droits humains au Bénin (2026-2033) se veut une synthèse des principales préoccupations liées à la situation des droits humains dans le pays. La rencontre a réuni des médias nationaux et internationaux, offrant ainsi une large tribune à Amnesty International Bénin pour exposer les cinq axes prioritaires qui structurent ce manifeste.

Selon Dieudonné Dagbeto, directeur exécutif d’Amnesty International Bénin, l’initiative vise à interpeller les futurs dirigeants politiques issus des élections générales afin qu’ils fassent des droits humains une priorité de gouvernance. Il a également évoqué la persistance des discriminations à l’encontre des femmes et des groupes marginalisés, ainsi que les expulsions forcées qui compromettent les droits de milliers de citoyens.

Le manifeste met par ailleurs l’accent sur le droit à un procès équitable et l’accès effectif à la justice, considérés par l’organisation comme des urgences majeures à traiter par les prochaines autorités. Ces préoccupations s’inscrivent dans un contexte où plusieurs mécanismes nationaux et internationaux continuent d’alerter sur les atteintes aux libertés publiques.

Intervenant à son tour, Glory Hossou, coordonnateur médias et surveillance des droits humains, a insisté sur la nécessité de garantir les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique. Il a déploré la suspension de plusieurs journaux et sites Internet en vertu du Code du numérique, dont certaines dispositions criminalisant la diffusion de fausses informations seraient, selon Amnesty, contraires aux normes internationales. L’organisation appelle ainsi à une révision de ce Code, conformément aux engagements pris par l’État béninois lors du dernier Examen périodique universel.

La situation carcérale a également été abordée. Malgré des efforts reconnus, Amnesty International Bénin note la persistance de la surpopulation dans les établissements pénitentiaires. Elle recommande notamment de limiter le recours à la détention provisoire, d’accélérer les procédures judiciaires et d’appliquer les alternatives à l’emprisonnement prévues par les textes en vigueur. Enfin, l’organisation s’inquiète de la poursuite de détentions jugées arbitraires et plaide pour la libération de toute personne détenue sans base légale. Elle appelle également au rétablissement de la compétence de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples pour recevoir directement les plaintes des individus et des Ong.

A travers ce manifeste, Amnesty International Bénin entend placer les droits humains au cœur du débat politique, estimant qu’aucun développement durable ne peut être envisagé sans le respect effectif des libertés fondamentales.