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Élections : Les premiers constats de la Commission béninoise des droits de l’homme

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Dans le cadre du monitoring du processus électoral, la Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh) a livré, ce dimanche 11 janvier, ses premières observations sur le démarrage des élections couplées communales et législatives. Déployée sur l’ensemble du territoire national, l’institution suit de près le respect des droits humains tout au long du scrutin.

 

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 11 janv. 2026 à 14h14 Durée 3 min.
#Élections communales et législatives 2026

Dès les premières heures de la journée électorale, la Cbdh a opérationnalisé sa salle de situation électorale et mobilisé ses délégués dans toutes les communes. L’objectif, selon le professeur Abou-Bakari Imorou, président de la Commission béninoise des droits de l’homme, est clair : « Observer sur toute l’étendue du territoire national comment se déroule le processus électoral et vérifier s’il est respectueux des droits humains, aussi bien de manière générale que pour certains droits spécifiques, notamment ceux des personnes handicapées. » Grâce aux moniteurs déployés dans les différents départements, les informations sont progressivement centralisées à la salle de situation. Cette démarche permet à la Commission d’identifier, en temps réel, les éventuelles atteintes aux droits humains et d’apprécier l’efficacité des mécanismes mis en place pour y remédier. A ce stade du scrutin, les premiers constats portent essentiellement sur l’ouverture des bureaux de vote. La loi électorale prévoit une heure précise pour le démarrage des opérations. Or, selon les informations remontées du terrain, certains bureaux ont ouvert avec retard, tandis que d’autres, au moment de l’observation, n’avaient pas encore ouvert leurs portes. « Il y a des cas signalés aussi bien à l’intérieur du pays qu’à Cotonou », a indiqué le président de la Cbdh, précisant que ces situations font l’objet d’un suivi attentif.

Ces retards constituent, aux yeux de la Commission, un enjeu important en matière de droits humains. « Si les bureaux de vote ne sont pas ouverts à temps, c’est le droit de vote des citoyens qui est affecté », a souligné le professeur Imorou. Les principales causes évoquées concernent la non-disponibilité du matériel électoral dans certaines localités, ainsi que l’absence de membres de bureaux de vote, notamment des présidents de bureaux. En revanche, aucun incident majeur n’a été signalé en matière de sécurité. « Nous n’avons noté aucune violence particulière pour le moment », a rassuré le président de la Cbdh, estimant que les conditions générales de quiétude sont réunies pour un déroulement pacifique du scrutin, à condition que les bureaux ouvrent effectivement et fonctionnent normalement.

La Commission a également relevé des aspects positifs, notamment en ce qui concerne l’inclusion. Des images et des témoignages font état de personnes âgées et de personnes en situation de handicap accompagnées et assistées pour accomplir leur devoir civique, parfois avec l’appui des populations et des moniteurs de la Cbdh. Sur le plan institutionnel, la Commission béninoise des droits de l’homme travaille en étroite collaboration avec la Commission électorale nationale autonome (Cena). « La Cbdh fait partie des institutions mobilisées par la Cena pour l’observation du processus », a rappelé son président, soulignant que les ressources mobilisées pour ce monitoring proviennent en grande partie de cette collaboration. En complément, la Commission s’appuie également sur les organisations de la société civile pour recueillir des informations dans les zones où elle n’est pas physiquement présente.

Globalement, malgré les retards observés, la Cbdh se montre prudemment optimiste. « Pour les retours que nous avons jusque-là, on peut se satisfaire du fait que le processus a démarré dans la quiétude », a conclu le professeur Abou-Bakari Imorou. La Commission attend cependant la fin de la journée électorale pour dresser un bilan complet et publier un rapport détaillé sur le niveau de respect des droits humains tout au long du scrutin.