La Nation Bénin...
Installés en France depuis quatre ans, six
musiciens du Gangbé Brass Band sont visés par une obligation de quitter le
territoire français. En cause, des difficultés à renouveler leur titre de
séjour, sur fond d’annulations de festivals.
Six musiciens du Gangbé Brass Band, groupe
de musique béninois fondé en 1994, ont reçu en juillet une obligation de
quitter le territoire français (OQTF). Révélée par Libération le 14 octobre,
l’affaire suscite une mobilisation à Douarnenez, dans le Finistère, où trois
d’entre eux sont installés.
Des conditions de séjour difficiles à
remplir
Les musiciens vivent en France avec un «
passeport talent », titre pluriannuel valable jusqu’à quatre ans. La carte
destinée aux professions artistiques exige des ressources d’au moins 70 % du
Smic brut, dont au moins 51 % tirées de l’activité artistique. Or, plusieurs
festivals auxquels le groupe devait participer ont été annulés à la dernière
minute, faute de subventions, ce qui a réduit le nombre de concerts et les
revenus. Le tromboniste Martial Ahouandjinou ajoute que le groupe n’a pas
atteint les 507 heures d’intermittence requises, un seuil propre au régime des
intermittents du spectacle.
Une mobilisation autour des musiciens
Le percussionniste Benoît Avihoué, cité
par France 3, s’est dit inquiet, n’ayant connu aucun problème depuis son
arrivée. Martial Ahouandjinou explique que les membres du groupe veulent
continuer à travailler, y compris hors du secteur culturel, devenu difficile. À
Douarnenez, des soutiens se mobilisent et la direction de la culture souhaite
programmer le groupe rapidement.
Des recours engagés
Un référé déposé par deux d’entre eux, le
saxophoniste Ebenezer Akloe et le trompettiste Prosper Odjo, a été rejeté en
août. Leur recours doit être examiné le 19 novembre par le tribunal
administratif de Rennes, indique la pétition lancée pour les soutenir. La
situation des autres musiciens n’est pas détaillée dans les informations
publiées.
Qu’est-ce qu’une OQTF ?
C’est une décision administrative prise
par le préfet, notamment après un refus de délivrer ou de renouveler un titre
de séjour, ou en cas de séjour irrégulier. Elle ne sanctionne pas une
infraction pénale. En principe, elle laisse 30 jours pour partir par ses
propres moyens et, plus rarement, elle s’applique sans délai. Elle peut être
contestée devant le tribunal administratif, en général dans un délai d’un mois,
et ce recours suspend en principe son exécution.
Gangbé Brass Band