La Nation Bénin...
En mission préélectorale d’évaluation au Bénin, une délégation du National Democratic Institute a échangé avec la Commission électorale nationale autonome, ce mardi 17 février, au siège de l’institution à Cotonou. A l’issue de la rencontre, Christopher Fomunyoh s’est voulu rassurant sur l’état de préparation du scrutin présidentiel d’avril prochain, tout en appelant à maintenir un climat apaisé.
A moins de deux mois de la présidentielle d’avril 2026, le regard de la communauté internationale se tourne vers le Bénin où une mission du National Democratic Institute est venue évaluer les préparatifs du scrutin. Dans le cadre de cette mission préélectorale, la délégation du National Democratic Institute (NDI) a tenu une séance de travail avec la Commission électorale nationale autonome (Cena). Sacca Lafia, président de la Cena, assisté de ses collaborateurs, a permis aux visiteurs d’apprécier le niveau de préparation du scrutin présidentiel. Au nom de la délégation, Christopher Fomunyoh a salué la qualité des échanges.
« La rencontre a été très fructueuse », a-t-il déclaré, précisant que les discussions ont porté sur les dispositions envisagées pour assurer des élections dans « les meilleures conditions possibles ». A l’en croire, l’organe ayant en charge l’organisation des élections a présenté les mesures en cours pour garantir un processus crédible. Pour Christopher Fomunyoh, la délégation retient surtout que la Cena « se prépare activement » et qu’elle met en place des dispositions appropriées à l’approche du scrutin. Il a rappelé que le Bénin jouit d’une réputation de pionnier en matière de démocratie depuis les années 1990, une image que la délégation souhaite voir préservée. « Depuis les années 90, les Béninois, mais je dirais aussi les Africains et les amis d'Afrique ont salué le succès que le pays a réalisé à l'époque des transitions démocratiques à travers le continent. Et il est de notre espoir et surtout de notre souhait que le Bénin puisse continuer sur ce chemin. Parce que une fois qu'on est leader, il faut continuer à servir d’exemple pour des élections inclusives, transparentes et équitables pour que les autres pays puissent suivre », a souligné Christopher Fomunyoh, estimant que la réussite du processus serait une source de fierté nationale.
L’expert électoral a également insisté sur l’expérience accumulée par l’administration électorale béninoise, notamment après l’organisation récente d'élections législatives et communales couplées. Cette expérience constitue, selon lui, un atout pour la présidentielle. « Organiser la présidentielle serait une chose facile du point de vue de l’administration électorale », a-t-il affirmé, concluant que la délégation ne nourrit « pas d’inquiétude particulière » à ce stade. Toutefois, il a mis en garde contre les incertitudes inhérentes à toute compétition politique. Pour lui, l’ensemble des acteurs doit veiller à préserver des conditions favorables à un scrutin pacifique et accepté par tous. Il a rappelé que la mission d’évaluation intervient à environ deux mois du vote, surtout dans le cadre d'une mission préélectorale, ce qui ne permet pas encore d’émettre un jugement définitif sur la performance de la Cena. Par ailleurs, Christopher Fomunyoh a souligné que l’observation du processus ne relève pas uniquement des missions internationales. Les organisations de la société civile béninoise et les citoyens eux-mêmes joueront également un rôle déterminant.
« Ils seront à l’écoute, ils vont veiller et pourront, une fois le scrutin passé, porter leur jugement », a-t-il déclaré, avant d’adresser ses encouragements à l’institution électorale.
Il faut rappeler que la visite de la délégation du Ndi s’inscrit dans la préparation de l’élection présidentielle d’avril 2026, qui marquera la fin du second mandat constitutionnel du président Patrice Talon. A juste titre, le Bénin, souvent présenté comme un modèle démocratique en Afrique francophone, fait l’objet d’une attention particulière de la communauté internationale à l’approche de cette échéance. Séjournant dans le pays du 16 au 20 février, la mission entend évaluer l’état de préparation du processus électoral et recueillir les perceptions des différents acteurs à savoir administration électorale, partis politiques, organisations de la société civile et autres parties prenantes. La délégation est co-dirigée par deux personnalités politiques africaines de premier plan : Jorge Carlos Fonseca, ancien président du Cap-Vert, et Catherine Samba-Panza, ancienne présidente de transition de la République centrafricaine. Elle comprend également des experts électoraux venus d’Afrique et d’Amérique du Nord, spécialisés dans les questions de gouvernance démocratique.
Une mission du National Democratic Institute échange avec la Cena