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Modernisation de l’administration publique: « Semo+ » dématérialise la justification des missions officielles

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Lancement du nouveau Système d’encadrement des  missions officielles Lancement du nouveau Système d’encadrement des missions officielles

Lancé ce mercredi 7 octobre à Cotonou, le nouveau Système d’encadrement des missions officielles (Semo+) introduit la géolocalisation et l’identification biométrique dans la justification des missions effectuées au Bénin comme à l’étranger. La solution vise à remplacer les formalités physiques de visa et à renforcer la traçabilité de l’utilisation des ressources publiques.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 08 oct. 2026 à 07h26 Durée 3 min.
#administration publique

La justification des missions officielles entre dans une nouvelle phase de dématérialisation. Présenté ce mercredi à Cotonou, le nouveau Système d’encadrement des missions officielles (Semo+) permet à l’agent en mission de prouver électroniquement l’effectivité de son déplacement depuis une application mobile, au moyen de la géolocalisation et de l’identification biométrique.

Le directeur national du Contrôle, Aristide Aboyi Edah Sohou, rappelle que les acteurs intervenant dans la gestion des ressources publiques sont exposés au risque de « missions non effectuées et payées ». Selon lui, le dispositif apporte un moyen supplémentaire de vérifier la réalité d’une mission tout en gagnant du temps. « L’agent n’a plus à se rendre dans un commissariat pour obtenir un visa ; et ça ne prend pas plus d’une minute », a-t-il assuré.

La procédure repose sur le numéro personnel d’identification (Npi) de l’agent et sur ses empreintes digitales. Lors de la démonstration, il a été vivement recommandé de réaliser un test à blanc avant la première utilisation, afin de vérifier le bon fonctionnement de l’authentification biométrique. Les données capturées sont comparées à celles de l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip), qui en est la seule destinataire, précise Alain Ahounou, directeur des Systèmes d’information (Dsi).

Traçabilité contre les missions fictives

Pour valider sa mission, l’agent doit attendre que celle-ci ait effectivement commencé, puis partager sa géolocalisation chaque jour. L’application fonctionne sur les téléphones Android comme sur les appareils Apple. L’agent peut utiliser le téléphone d’un tiers, l’authentification reposant sur la correspondance entre son Npi et ses propres empreintes.

Pour le secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, Cheigun Habib Tidjani, le lancement de Semo+ s’inscrit dans la modernisation de l’administration publique, la dématérialisation des procédures et le renforcement de la transparence, de la traçabilité et de la redevabilité dans la gestion des missions publiques. Des centres d’assistance, des guides d’utilisation et des vidéos explicatives sont prévus pour faciliter son appropriation, indique-t-il.

À terme, les contrôleurs financiers et la Cour des comptes pourraient exploiter les données du système, jusqu’à l’objectif de « zéro papier » évoqué lors de la présentation.

Incidence sur le calcul des droits

Une circulaire du ministre de l’Économie et des Finances présentée lors du lancement précise que toute mission officielle, au Bénin comme à l’étranger, doit désormais être justifiée électroniquement à travers l’application mobile. À défaut, l’agent s’expose à perdre le bénéfice des frais de mission correspondants.

Lorsqu’une mission est autorisée pour une durée donnée mais que l’agent n’en justifie qu’une partie, les droits correspondants sont calculés sur la période effectivement établie par le système, sous réserve des corrections apportées par les responsables habilités.

Le mécanisme de paiement des missions, notamment le principe des avances, n’est pas fondamentalement modifié. Le changement porte sur le mode de justification de l’effectivité de la mission. En cas de trop-perçu, la somme peut être récupérée sur une prochaine mission ou sur le salaire.