La Nation Bénin...
La mairie de Porto-Novo a déclenché ce mercredi une vaste opération de déguerpissement des occupants illégaux de l'espace public, après l'expiration de son ultimatum.
Le glas du démarrage de la répression de l'anarchie a sonné à Porto-Novo. La mairie a déclenché ce mercredi 8 octobre une vaste opération de libération des espaces publics illégalement occupés.
Pour cette première journée, les engins lourds ont pris d'assaut les quartiers environnants du marché moderne de Ouando, notamment Klékanmè et Kpogbomè. Sous les lames des bulldozers, boutiques sauvages, kiosques, garages de fortune, stations de lavage, étalages et paillotes érigés sur les trottoirs, les terre-pleins centraux et même sur les voies ont été rasés. La pluie qui s'est abattue sur la ville capitale ce mercredi n'a pas du tout émoussé l'ardeur du déguerpissement.
Une opération musclée conduite par la direction des Services techniques (Dst) de la mairie, dirigée par Éric Dagba, et sécurisée par un impressionnant dispositif de la Police républicaine, avec à sa tête le directeur départemental de la Police de l'Ouémé, le commissaire divisionnaire André Dah Lokonon.
Pour le patron de la police dans l'Ouémé, l'intervention à Ouando a un but précis : en finir avec les poches de résistance qui bloquent le fonctionnement du nouveau marché moderne. L'objectif, selon lui, est de ramener tout le monde dans le nouveau marché de Ouando. « Nous sommes en train de faire de l'assainissement et au même moment nous permettons aux poches de résistance qui empêchent le bon déroulement des activités dans le nouveau marché moderne de Ouando de cesser les activités et que tous les marchands rejoignent le nouveau marché pour le développement de Porto-Novo et du Bénin entier », a-t-il expliqué. Le commissaire divisionnaire fustige le comportement de certains commerçants qui s'accrochent à leurs vieilles habitudes.
« Ces marchands veulent toujours mener leurs activités dans des conditions déplorables, vendre au sol, faire de la vente à la sauvette et courir derrière les clients, alors que dans le nouveau marché il y a des étagères et des endroits propres », a déploré André Dah Lokonon. Mieux, à l'en croire, l'enjeu est aussi sécuritaire. « Avant, le marché était devenu un dortoir. La personne vend là où elle dort avec ses enfants. Ce n'est pas rassurant. Elle peut être attaquée la nuit par des bandits venus lui soutirer sa recette », a insisté le directeur départemental de la Police de l'Ouémé. Le nouveau marché moderne de Ouando offre aujourd'hui un cadre plus attrayant et adéquat au bon déroulement des activités commerciales.
L’image de la capitale en jeu
Si l'action de la Police se concentre autour de Ouando, celle de la mairie, elle, est plus large. « L'opération de la mairie s'étend sur l'ensemble du territoire de Porto-Novo et vise à faire libérer tous les espaces publics illégalement occupés ou recolonisés », précise le DST, Éric Dagba. Le constat qui a motivé, selon lui, cette fermeté est accablant. « Nous avons constaté ces derniers mois la recolonisation des espaces publics par les garages autos, les stations de lavage, les marchands et même les chantiers privés. Cette recolonisation se fait au mépris des lois de la République et au mépris des droits des usagers de la route », a-t-il indiqué. Pour le maire Rachadou Toukourou, il faut que force reste à la loi. C'est dans cette logique qu'il a ordonné le déploiement des gros moyens sur le terrain depuis ce mercredi.
Avant d'en arriver là, la mairie assure avoir épuisé toutes les voies de dialogue : rappel à l'ordre, campagnes de sensibilisation dans les cinq arrondissements avec l'implication des chefs d'arrondissements et chefs quartiers, puis mise en demeure officielle par communiqué radio avec un ultimatum de sept jours. Délai expiré, place à la répression.
Pour la municipalité, l'enjeu dépasse le simple cadre de l'ordre public. C'est l'image de la capitale qui est en jeu. « L'État central déploie de gros moyens pour la réalisation des infrastructures routières, marchandes et même touristiques. Laisser les populations coloniser tout ce qui est espace public, obstruer les voies, cela porte véritablement atteinte au rayonnement de la ville », a martelé le Dst. L'avertissement est donc lancé. L'opération va se poursuivre sans relâche. « Nous avons été instruits de faire libérer par la force tout ce qui est espace public recolonisé. L'opération va durer tout le temps possible pour que le dernier colonisateur libère cet espace », a conclu Éric Dagba.