La Nation Bénin...
En Conseil des ministres, ce mercredi, le gouvernement a approuvé l’opérationnalisation des six pôles de développement territorial. Cette réforme, présentée comme le nouveau socle de l’action publique, sera mise en œuvre progressivement jusqu’à fin 2027 afin de valoriser les atouts de chaque territoire et de réduire les disparités de développement entre les communes.
Le projet entre dans sa phase concrète. Après sa présentation aux maires des 77 communes du pays en septembre dernier, la réforme des pôles de développement territorial prend corps avec l’accord donné par le Conseil des ministres pour son opérationnalisation. Portée par le président de la République, Romuald Wadagni, cette nouvelle approche entend faire du développement territorial un moteur de croissance économique, de création d’emplois et de réduction de la pauvreté. L’ambition affichée est de construire le développement à partir des réalités et des potentialités propres à chaque territoire plutôt que d’appliquer une approche uniforme à l’ensemble du pays.
Le dispositif repose sur la subdivision du Bénin en six grands pôles de développement. Chacun regroupe un ensemble cohérent de communes partageant des caractéristiques géographiques, économiques ou culturelles communes. Le pôle Nord-Est couvre quatorze communes autour de Parakou, Kandi, Malanville, Banikoara, Nikki et Tchaourou. Le pôle Nord-Ouest rassemble treize communes dont Natitingou, Djougou, Tanguiéta, Kouandé et Bassila. Le pôle Centre regroupe quinze communes des départements du Zou et des Collines, notamment Abomey, Bohicon, Dassa-Zoumè, Savè, Savalou et Zagnanado. Le pôle Sud-Est couvre douze communes de l’Ouémé et du Plateau, tandis que le pôle Sud-Ouest rassemble dix-huit communes du Mono, du Couffo et de l’Atlantique. Enfin, le pôle Grand Nokoué réunit les cinq principales villes du littoral : Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi, Ouidah et Sèmè-Kpodji.
Pour le gouvernement, cette organisation doit permettre de bâtir des économies territoriales plus fortes en s’appuyant sur quatre axes majeurs que sont l’agriculture, le tourisme, l’industrie et l’innovation. Chaque pôle sera appelé à identifier ses filières prioritaires, ses moteurs de croissance et les investissements nécessaires pour accélérer son développement. L’objectif est de favoriser l’émergence d’industries, de créer des emplois directs, d’améliorer les infrastructures socio-économiques et de mieux répartir les opportunités de développement sur l’ensemble du territoire national.
Agenda précis
La mise en œuvre de cette réforme suivra un calendrier précis articulé en quatre phases. La première étape, prévue entre octobre et décembre 2026, sera consacrée à l’installation des organes de gouvernance. Elle comprendra notamment la nomination des délégués généraux des pôles, la mise en place du Comité national de pilotage, le recrutement d’experts ainsi que la réalisation de diagnostics économiques et territoriaux. Une cartographie des acteurs, des projets existants et des principales contraintes de chaque territoire sera également établie.
La deuxième phase, de janvier à mars 2027, portera sur la structuration de l’attractivité des pôles. Il s’agira d’identifier les secteurs les plus porteurs, les besoins en infrastructures, en foncier et en compétences, puis d’élaborer un portefeuille de projets publics et privés. Les mécanismes d’incitation destinés à attirer les investisseurs seront également définis durant cette période.
D’avril à juin 2027, la troisième étape permettra de finaliser les feuilles de route opérationnelles. L’État, les communes et le secteur privé devront alors préciser leurs contributions respectives. Les modalités d’accompagnement des investisseurs et des entreprises locales seront arrêtées, tout comme le calendrier détaillé de mise en œuvre des projets retenus.
La quatrième et dernière phase, prévue de juillet à décembre 2027, marquera l’entrée dans l’action. Elle correspondra au lancement des projets prioritaires, à la mobilisation des acteurs publics et privés ainsi qu’à la mise en place du dispositif de suivi-évaluation destiné à mesurer les résultats obtenus.
Pour piloter cette réforme, le gouvernement a institué un Comité national de pilotage présidé par le chef de l’État. Chaque pôle disposera également d’une délégation dirigée par un délégué général assisté d’experts, de chargés de mission et d’un personnel d’appui. Cette architecture doit assurer une coordination étroite entre les administrations centrales, les collectivités territoriales et les partenaires économiques.
En dehors du découpage administratif, le gouvernement voit dans cette réforme un instrument de transformation du territoire national. En misant sur les spécificités de chaque région et sur une meilleure articulation entre les acteurs publics et privés, le gouvernement espère faire émerger de nouveaux bassins de croissance et rapprocher davantage les opportunités économiques des populations. Avec l’opérationnalisation désormais engagée, les six pôles de développement territorial deviennent ainsi l’un des principaux leviers de la stratégie de développement du Bénin pour les années à venir.