La Nation Bénin...
Tout est bien qui finit bien. Mais quels enseignements doit-on retenir du scrutin présidentiel de ce dimanche, en attendant la proclamation des tendances par la Commission électorale nationale autonome ?
Satisfecit. C’est le maitre mot que recèle le scrutin présidentiel du dimanche dernier. D’abord parce que le vote s’est déroulé sans aucun incident significatif, avec une organisation matérielle qui frôle la perfection, chose suffisamment rare pour être soulignée. Ensuite, le satisfecit tient également à la mobilisation ctoyenne, car les Béninois en âge de voter se sont déplacés massivement pour aller accomplir leur devoir civique. Ce que ne manquera pas de révéler le taux de participation que la Commission électorale va sous peu communiquer, qui devrait sans surprise concorder en toute évidence avec la forte mobilisation perceptible dimanche dernier. Et qui contraste avec le peu d’entrain noté lors des dernières législatives. Les Béninois sont nombreux à aller voter et en toute quiétude, du nord au sud, de l’est à l’ouest.
Ceci étant, une variable dont il faut tenir compte est la belle campagne électorale qui a précédé le vote. Divine surprise, dirait-on quand on sait que certains observateurs prédisaient et misaient sur une campagne terne, avec en lice un candidat donné ultra favori et un challenger jugé poids plume à qui d’aucuns reprochent même sa modération, comme s’il vaut mieux en politique s’illustrer par ses positions extrêmes !
Mais que nenni ! Au finish, la campagne électorale a brillé par une vive animation. Ambiance de ferveur électorale due à la vivacité et à l’entrain des deux candidats. D’une part Romuald Wadagni, très enjoué et heureux dirait-on d’être en campagne, qui a déjoué tous les pronostics en se révélant sur les estrades de ses meetings telle une véritable bête politique. Pris de passion pour la campagne, il aura donné le meilleur de lui-même comme si de chaque meeting dépendait son élection, contextualisant son speech, astucieusement et à raison, en fonction des attentes territoriales au-delà de ses grandes ambitions, et communiant avec les populations, faisant de ses rencontres avec elles des moments rares et uniques. Et si l’on ajoute à cette vista la forte curiosité notée chez les populations de voir de près cet « enfant prodige », le ton de la campagne était ainsi donné et la recette de la ferveur toute trouvée.
Rivalité
Cette ferveur, on ne la doit pas moins, d’autre part, à Paul Hounkpè. Ce dernier a su en effet prendre ses marques, choisissant avec astuce ses thèmes de campagne, assénant à l’occasion des coups de boutoir à son rival dans cette course à la Marina, se laissant aller à des promesses populaires, voire de nature populiste. Ceci pour faire mousser l’électorat, en politicien expérimenté qu’il est. C’est dire que le soi-disant opposant modéré Paul Hounkpè a sorti pour la cause ses griffes, et pas moins pugnace il a pris à rebrousse-poil ceux qui le taxaient de se livrer à « un match amical » notamment eu égard à ses parrainages obtenus grâce à des accords de partenariat avec des partis de l’autre bord, chose que la loi favorisait du reste.
Variable invisible mais majeure, la résilience sécuritaire relève également des enjeux du scrutin, au regard des tensions y liées dans la sous-région et qui impactent certaines frontières béninoises. Pour avoir relevé avec tact et efficacité le défi sécuritaire, les forces de sécurité et de défense gagent de la solidité de l’édifice Bénin, des institutions et de la démocratie béninoises. Ainsi, d’Avrankou à Grand-Popo, de Kétou à Natitingou, Paul Hounkpè et Romuald Wadagni ont pu aller, en toute sérénité, à la rencontre des presque 8 millions d’électeurs béninois pour communier autour du dessein national et partager avec eux leurs ambitions pour le Bénin. Comme dirait l’autre, seul le Bénin est éternel !
La campagne électorale a brillé par une vive animation due à la vivacité et à l’entrain des deux candidats