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Présidentielle du 12 avril: Un scrutin satisfaisant, confirment les missions d'observation

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Les chefs des missions d’observation de la Cedeao, de l’Union africaine et du Conseil de l’Entente présentant leurs déclarations préliminaires à la presse Les chefs des missions d’observation de la Cedeao, de l’Union africaine et du Conseil de l’Entente présentant leurs déclarations préliminaires à la presse

L’élection présidentielle du dimanche 12 avril dernier, qui consacre la victoire écrasante du duo candidat Wadagni-Talata, s’est déroulée de manière satisfaisante. C’est la conclusion globale à laquelle les missions d’observation électorale de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), de l’Union africaine (Ua) et du Conseil de l’Entente (Ce) sont parvenues. A travers leurs déclarations préliminaires présentées, hier mardi 14 avril, à Cotonou, elles ont relevé les points forts et faibles du processus et formulé des recommandations à l’endroit des parties prenantes.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 15 avr. 2026 à 06h56 Durée 3 min.
#Élection présidentielle 2026 au Bénin

Sans ambages, le scrutin présidentiel du 12 avril s’est déroulé dans des conditions satisfaisantes. Les missions électorales de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), de l’Union africaine (Ua) et du Conseil de l’Entente (Ce) sont unanimes sur ce point. Face à la presse, ce mardi, elles ont félicité les parties prenantes au processus électoral pour le travail abattu, y compris le candidat de l’opposition Paul Hounkpè qui a très tôt reconnu sa défaite et félicité Romuald Wadagni pour sa victoire.

« Sur l’ensemble du territoire national, la participation électorale a été jugée relativement acceptable », a déclaré Nana Akufo-Addo, ancien président de la République du Ghana et chef de la mission d'observation électorale de la Cedeao. A sa suite, Sylvestre Ntibantunganya, chef de la mission de l’Ua, ajoute que l’élection s’est déroulée dans « des conditions satisfaisantes, avec la consolidation des acquis mais aussi des défis qui appellent l’attention des autorités et de l’ensemble des parties prenantes ». Même tonalité du côté du Conseil de l’Entente qui note que l’opération de vote est satisfaisante en matière « d'organisation, de sécurité et de sérénité ».

Toutefois, les missions ont relevé des couacs de divers ordres le jour du scrutin. Elles rappellent que pallier les différents dysfonctionnements relevés permettra de consolider les acquis démocratiques du pays. Dans ce sillage, elles ont formulé des recommandations à l’endroit des parties prenantes au processus électoral. Par ailleurs, les missions, notamment celle du Conseil de l’Entente, ont noté de « bonnes pratiques électorales susceptibles d'être capitalisées, valorisées et partagées au sein de l'espace » et au-delà.

Recommandations

A l’endroit de la Commission électorale nationale autonome (Cena), la mission de la Cedeao recommande de « renforcer la formation des agents électoraux afin d'assurer un respect scrupuleux des règles régissant les opérations de vote, notamment l'heure d'ouverture, le respect des procédures et l'intégrité nécessaire à la tenue des opérations, qui doivent répondre aux normes et standards ». La mission du Conseil de l’Entente va plus loin en suggérant à la Cena « d’engager un programme structuré de professionnalisation des agents électoraux, afin de permettre à l’institution de disposer à terme d'un vivier plus stable, mieux formé et davantage professionnel ». La mission de la Cedeao recommande également la « poursuite et l’intensification des efforts d'actualisation du fichier électoral, notamment en vue d'en améliorer la fiabilité. La mission encourage également le recours aux technologies déjà mises en place afin de garantir davantage la transparence » du processus électoral.

« La mission invite aussi les autorités compétentes à prendre les mesures nécessaires pour préciser, dans le cadre juridique électoral, les délais de proclamation des résultats provisoires, en vue de renforcer la transparence, la prévisibilité et la crédibilité du processus électoral. Elle encourage en outre les autorités et les acteurs politiques béninois à poursuivre leurs efforts visant à renforcer le dialogue national, dans un esprit de consensus et d'inclusion, en vue de consolider la cohésion sociale et l'unité nationale au Benin », indique le chef de la mission de la Cedeao.

En plus du renforcement des capacités des agents électoraux, l’Ua suggère à la Cena de « renforcer la participation des femmes dans la gestion des opérations du jour du scrutin et de définir un modèle harmonisé de fiche de résultats à l'usage des scrutateurs afin d'éviter toute improvisation telle que l'inscription des résultats de dépouillement sur les murs, bancs, tables et autres ».

A l’endroit du gouvernement, la mission de l’Ua recommande de « renforcer la confiance dans le processus électoral en garantissant en priorité un pluralisme politique réel, reposant sur une opposition représentative et pleinement capable d'exercer son rôle de contre-pouvoir ; de réviser le système de parrainage et les dispositions relatives à la trêve et enfin d’instituer un cadre de concertation inclusif pour des solutions consensuelles sur des questions ayant trait à la vie politique, économique et sociale nationale ». Aux organisations des Osc, la mission de l’Ua leur propose de « renforcer l'éducation à la citoyenneté en vue d'augmenter la participation électorale et d’encourager la mise en place d'un cadre de concertation politique inclusif, réunissant l'ensemble des forces vives de la nation, afin de remédier aux insuffisances des réformes institutionnelles et politiques ». La mission de l’Ua suggère également à la « communauté internationale d’assister le Bénin dans ses efforts en vue du raffermissement de la démocratie, de l'Etat de droit, de la paix, de la stabilité et du développement ».

Pour faciliter davantage le vote des Béninois de l’extérieur, la mission du Conseil de l’Entente recommande aux autorités béninoises compétentes, notamment le Parlement et la Cena, d’engager une réflexion normative sur le vote électronique, en particulier en faveur de la diaspora, dans le prolongement de la dynamique de digitalisation constatée et appréciée.