La Nation Bénin...
Le Haut-Commissariat à la prévention de la corruption a réuni, mardi 27 janvier à Cotonou, les Organisations de la société civile engagées dans la lutte contre la corruption afin de définir des priorités communes, structurer leur collaboration et instaurer un cadre régulier de concertation. Une démarche qui traduit la volonté de faire de la prévention un combat collectif et coordonné.
Clarifier les priorités, harmoniser les actions et instituer un cadre permanent de concertation. Tels sont les objectifs majeurs de la rencontre tenue mardi 27 janvier à Cotonou entre le Haut-Commissariat à la prévention de la corruption (Hcpc) et les Organisations de la société civile (Osc) actives dans la lutte contre la corruption. Cette séance de travail, qui a réuni notamment les responsables de l’Association de lutte contre le racisme, l’ethnocentrisme et le régionalisme (Alcrer), de Social Watch Bénin et du Front des organisations nationales contre la corruption (Fonac), marque une étape majeure dans le renforcement de la synergie entre acteurs étatiques et non étatiques.
A l’entame, Jacques Migan, Haut-Commissaire à la prévention de la corruption, a souligné que la lutte contre la corruption ne peut produire des résultats durables sans une coordination étroite entre l’Etat et la société civile. Les échanges ont ainsi porté sur les enjeux actuels de la corruption au Bénin, les défis persistants dans sa prévention, ainsi que les mécanismes à mettre en place pour rendre les actions plus cohérentes et plus visibles sur le terrain.
Revenant sur le contexte ayant conduit à la création du Hcpc, Jacques Migan a rappelé que la corruption demeure un phénomène d’ampleur mondiale et l’un des principaux facteurs des déficits de gouvernance en Afrique et au Bénin. « Elle affecte de manière disproportionnée les populations en situation de vulnérabilité, notamment les personnes vivant dans la pauvreté ainsi que les groupes dont la participation à la vie publique demeure insuffisamment prise en compte, en particulier les jeunes et les femmes », a-t-il déclaré, mettant en lumière les conséquences sociales profondes de ce fléau.
Le Haut-Commissaire a également reconnu que, malgré les efforts consentis par les régimes successifs depuis les indépendances, la corruption a persisté, se transformant et s’adaptant aux contextes politique et économique. «En dépit des efforts déployés, ce fléau a persisté, se renouvelant dans ses formes et mécanismes», a-t-il poursuivi. Cette réalité a conduit les pouvoirs publics béninois à privilégier progressivement une approche préventive, en complément indispensable de la répression.
Cette orientation stratégique s’est traduite par l’adoption de la loi n° 2020-09 du 23 avril 2020 portant création, mission, organisation et fonctionnement du Hcpc, organe spécifiquement dédié à la prévention de la corruption. Depuis son opérationnalisation en 2024, le Haut-Commissariat a multiplié les initiatives institutionnelles, à travers des audiences et des séances de travail avec les institutions constitutionnelles, les structures légales et certains membres du gouvernement.
Ces démarches ont permis de jeter les bases d’une collaboration interinstitutionnelle structurée et de lancer des actions de terrain, notamment des campagnes de sensibilisation aux méfaits de la corruption dans tous les départements du Bénin. A ce sujet, Jacques Migan a salué l’appui des organisations de la société civile, en particulier lors de la dernière campagne consacrée à la corruption et aux fraudes électorales. «Cette campagne a reçu l’appui des Cellules de Participation citoyenne mises en place par Alcrer et Social Watch-Bénin», a-t-il rappelé, exprimant sa reconnaissance pour leur contribution déterminante.
Pour le Haut-Commissaire, cette expérience illustre parfaitement le caractère multi-acteurs de la lutte contre la corruption. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération avec les Osc, une démarche en droite ligne avec l’article 13 de la Convention des Nations unies contre la corruption, qui encourage la participation active de la Société civile dans les stratégies nationales de prévention.
Au cours de la séance de travail, les participants ont mené des réflexions approfondies sur les priorités actuelles de la lutte contre la corruption au Bénin. Ils ont également travaillé à la définition des axes et modalités de collaboration entre le Hcpc et les Osc, ainsi qu’à la mise en place d’un cadre de concertation régulier, incluant la périodicité des rencontres.
Jacques Migan