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Prise en charge des urgences vitales: Le gouvernement appelle à s'acquitter des frais médicaux

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Expliquer aux bénéficiaires de la prise en charge des urgences vitales qu’ils doivent s’acquitter des frais de soins après la stabilisation de leur état, afin de préserver la pérennité de la mesure sociale du gouvernement. C’est l’objet d’une séance d’échanges entre des ministres conseillers, les élus locaux et les relais communautaires, ce mardi 6 octobre à Cotonou. 

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 07 oct. 2026 à 16h30 Durée 2 min.
#urgences vitales

Faire connaître la mesure, mais surtout expliquer la responsabilité qui l’accompagne. C’est le principal message porté par la ministre conseillère à la Santé, Rosine Dagniho, lors de la rencontre avec les élus et les relais communautaires à la mairie de Cotonou. La mesure gouvernementale permet la prise en charge immédiate des patients en situation d’urgence vitale dans les formations sanitaires publiques, sans que la question du paiement préalable ne retarde les soins. Une réponse sociale destinée avant tout à sauver des vies, lorsque chaque minute compte. Mais pour que ce mécanisme puisse fonctionner dans la durée, le gouvernement entend désormais renforcer l’information des populations sur la nécessité de régler les frais engagés après la prise en charge, une fois le patient sorti de la situation critique. C’est dans cette perspective que les relais communautaires et les élus locaux ont été associés à la démarche. Au contact quotidien des ménages, ces acteurs constituent des vecteurs privilégiés pour transmettre le message aux familles et lever les éventuelles incompréhensions autour du dispositif.

« Lorsqu’une vie est en danger, chaque minute compte », a rappelé Rosine Dagniho. Pour la ministre conseillère, l’efficacité de la mesure ne dépend donc pas uniquement de la capacité des formations sanitaires à intervenir rapidement. Elle repose également sur la compréhension, par les bénéficiaires, des modalités qui permettent au dispositif de fonctionner durablement. C’est dire que l’absence de paiement préalable ne signifie pas l’effacement des frais de soins. Le patient doit pouvoir être secouru immédiatement lorsque son pronostic vital est engagé, mais les dépenses occasionnées par sa prise en charge doivent ensuite être régularisées. Cette dimension est d’autant plus importante que la mesure bénéficie déjà à un nombre significatif de patients. Dans le Littoral, quelque 2 400 bénéficiaires ont déjà été enregistrés, selon les chiffres communiqués au cours de la séance.

Préserver une mesure destinée à sauver des vies

Pour la coordinatrice des ministres conseillers, le recouvrement des frais après la prise en charge constitue donc un maillon indispensable du dispositif. Les ressources récupérées permettent aux établissements sanitaires de renouveler leurs stocks de médicaments, consommables et autres intrants nécessaires aux urgences. L'enjeu dépasse ainsi la relation entre l'hôpital et chaque patient pris individuellement. Il concerne la capacité du système sanitaire public à continuer de répondre aux prochaines urgences. Payer après avoir été sauvé, lorsque la situation critique est passée, contribue à la possibilité de sauver d’autres vies. Luc Gnacadja, maire de Cotonou, a salué cette orientation, évoquant « une révolution en cours au Bénin» dans la prise en charge des patients en situation d’urgence. La mobilisation des élus et des relais communautaires prend dès lors tout son sens. Présents dans les quartiers et au sein des communautés, ils sont appelés à porter une information simple auprès des ménages. En cas d’urgence vitale, le patient doit être pris en charge sans attendre; une fois sa vie hors de danger, les frais de soins doivent être acquittés.

Pour le gouvernement, cette responsabilisation des bénéficiaires est indispensable pour inscrire la mesure dans la durée. Car au-delà de son caractère social, la prise en charge des urgences vitales repose sur un mécanisme de financement qui doit être alimenté pour rester opérationnel. La séance de Cotonou aura ainsi permis de placer les relais communautaires et les élus locaux au premier rang de cette sensibilisation. Leur proximité avec les populations doit contribuer à transformer la mesure en un réflexe connu des ménages, mais également à faire comprendre que la solidarité publique dans l'urgence appelle, en retour, une responsabilité financière après l'urgence.