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Prochain Parlement: L’accord de gouvernance ne sauve pas Moele-Bénin et Fcbe

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Les présidents des partis Moele-Bénin et Fcbe Les présidents des partis Moele-Bénin et Fcbe

Les élections législatives du 11 janvier 2026 confirment une autre réalité du paysage politique béninois. Les accords de gouvernance ne garantissent pas automatiquement une représentation parlementaire. Les partis Moele-Bénin et Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) en ont fait l’amère expérience à l’issue de la publication des résultats provisoires par la Cena.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 19 janv. 2026 à 10h10 Durée 3 min.
#Elections communales et législatives de 2026

Engagés aux côtés de la mouvance présidentielle dans le cadre d’un accord de gouvernance, Moele-Bénin et Fcbe espéraient capitaliser sur cette dynamique politique pour peser dans la future Assemblée nationale. Toutefois, les chiffres issus du scrutin sont sans appel: aucun des deux partis n’a atteint le seuil de 10 % des suffrages exprimés au plan national, condition préalable et incontournable pour accéder à la répartition des sièges. Cette exigence, inscrite dans le code électoral, constitue un verrou juridique majeur. En dessous de ce seuil, toute formation politique, quelle que soit sa proximité avec le pouvoir ou son engagement dans un accord politique, se trouve automatiquement exclue du mécanisme de répartition des sièges. Une règle qui s’est appliquée de manière stricte à Moele-Bénin (1,21 %) et à Fcbe (4,86 %). Sur le terrain, les deux partis ont pourtant mené une bonne campagne et mobilisé leurs militants dans les différentes circonscriptions. Mais les résultats obtenus n’ont pas permis de franchir la barre nationale requise. L’accord de gouvernance, à caractère politique, n’a donc eu aucun effet correctif sur les exigences légales encadrant les élections législatives.

Cette situation rappelle la séparation nette entre logique politique et logique électorale. Si les accords peuvent structurer les alliances et orienter la gouvernance, ils ne sauraient se substituer aux performances électorales exigées par la loi. La Cena avait d’ailleurs insisté sur le respect strict du cadre légal, sans distinction entre partis de la mouvance et de l’opposition. Pour Moele-Bénin et Fcbe, l’enjeu est désormais celui de la recomposition stratégique. L’absence de représentation parlementaire interroge sur leur poids réel dans l’électorat et sur leur capacité à mobiliser au-delà de leurs bastions traditionnels. Elle pose également la question de la pertinence des alliances politiques dans un système électoral fortement encadré par des seuils éliminatoires. A l’heure où le dossier électoral est transmis à la Cour constitutionnelle pour la proclamation des résultats définitifs, une leçon se dégage : au Bénin, l’accord de gouvernance ne sauve pas un parti des exigences du suffrage universel. Seule l’adhésion massive des électeurs reste déterminante pour accéder à l’Assemblée nationale.

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