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Projet de société de Romuald Wadagni: Une nouvelle architecture de l'action publique

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La vision d’un Bénin organisé autour d’une nouvelle dynamique de gouvernance La vision d’un Bénin organisé autour d’une nouvelle dynamique de gouvernance

Le candidat Romuald Wadagni a présenté les grandes orientations de son projet de société, samedi 21 mars à Cotonou. Entre réorganisation territoriale, inclusion économique et renforcement du capital humain, il propose une transformation en profondeur de l’action publique, articulée autour de priorités clairement définies.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 23 mars 2026 à 07h03 Durée 3 min.
#Election présidentielle 2026

Romuald Wadagni a dévoilé les grandes lignes de son projet de société devant un parterre de figures politiques et d’acteurs de la vie publique. Le candidat de la mouvance pour la présidentielle du 12 avril prochain a décliné sa vision d’un Bénin organisé autour d’une nouvelle dynamique de gouvernance. Il a insisté sur la nécessité de repenser le fonctionnement de l’État. « Ce que nous proposons dans ce projet de société, c’est de poser le cadre d’une nouvelle dynamique de l’action publique », a-t-il affirmé, avant de détailler les contours de cette réforme. Au cœur de cette transformation que propose le candidat figure une nouvelle organisation territoriale basée sur six pôles régionaux de développement. Le pays sera ainsi structuré en six grandes régions caricaturées suivant les anciens départements. Atacora-Donga, Borgou-Alibori, Zou-Collines, Ouémé-Plateau, Atlantique-Littoral et Mono-Couffo. Pour chacune d’elles, des autorités spécifiques seront instituées afin de piloter des plans de développement adaptés aux réalités locales.

« L’idée, c’est d’établir un plan spécifique de développement de chaque région. Chaque région devra avoir un écosystème économique basé sur ses atouts et ses savoir-faire », a expliqué Romuald Wadagni. Cette approche vise à rapprocher davantage l’action publique des besoins des populations et à valoriser les potentialités propres à chaque territoire. Au-delà de ces spécificités régionales, le candidat a insisté sur la nécessité d’intégrer quatre secteurs clés dans toutes les régions à savoir, l’agriculture, l’industrie, le tourisme et l’innovation. « Quelle que soit la spécificité de la région, il faudra retrouver ces quatre piliers », a-t-il martelé.

Dans le domaine agricole, il a proposé un programme structurant visant à améliorer les rendements et à sortir des millions de producteurs de la précarité. « Nous avons la chance d’avoir l’activité agricole dans toutes les régions, mais beaucoup de nos producteurs vivent dans la pauvreté », a-t-il déploré. Il envisage un accompagnement global incluant mécanisation, intrants de qualité et encadrement technique. Prenant l’exemple du maïs, il a souligné des marges de progression importantes : « Aujourd’hui, nous produisons en moyenne une tonne à l’hectare, mais avec un bon encadrement, nous pouvons dépasser les cinq tonnes ». Le dispositif proposé inclut également un mécanisme de prélèvement sur les excédents de production afin de financer la santé et la retraite des agriculteurs. « Si on augmente les rendements, il devient possible de prélever une petite partie pour sécuriser l’avenir du paysan », a-t-il expliqué.

Une action publique  structurée

Au-delà de la réforme territoriale, le projet de société s’articule autour de trois grands axes. Le premier concerne le capital humain, avec un accent particulier sur la santé, l’éducation et les conditions de vie. Romuald Wadagni a annoncé plusieurs mesures, dont la construction d’un Centre hospitalier international à Parakou. « Après le Chic, nous ferons le Chip, pour rapprocher les soins spécialisés des populations du nord », a-t-il déclaré. Il a également annoncé une réforme majeure dans la prise en charge des urgences médicales. « Désormais, pour les urgences vitales, on vous soigne d’abord. Il n’y aura plus de décès parce qu’on attend de payer », a-t-il assuré. Cette mesure, qu’il souhaite voir appliquée rapidement, vise à améliorer l’accès aux soins et à réduire la mortalité liée aux contraintes financières. Le candidat a par ailleurs évoqué la modernisation de la pharmacopée traditionnelle. « Beaucoup de nos concitoyens utilisent les plantes, mais il faut encadrer les pratiques pour éviter les risques liés à la posologie ou aux contre- indications », a-t-il souligné. Le deuxième pilier du programme concerne la création de richesse et l’inclusion économique. Dans ce cadre, Romuald Wadagni prévoit la mise en place d’une plateforme nationale d’inclusion financière. « Nous allons permettre à chacun d’accéder à un financement en 48 heures, directement depuis son téléphone », a-t-il annoncé. Ce dispositif reposera sur l’utilisation des technologies numériques et de l’intelligence artificielle pour simplifier les procédures et élargir l’accès au crédit.

« Grâce à la technologie, nous pouvons savoir qui vous êtes et évaluer votre capacité sans vous demander des documents que l’État lui-même délivre », a-t-il précisé. Le secteur des arts et de la culture occupe également une place importante dans cette stratégie. Le candidat a annoncé un programme d’excellence destiné aux artistes, avec un accompagnement financier et technique.

« Nous allons donner un salaire aux artistes pour leur permettre de se concentrer sur leur art », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de soutenir la création et de valoriser les talents nationaux. Le troisième pilier est consacré aux institutions, aux libertés fondamentales et à la sécurité. Romuald Wadagni s’est engagé à consolider les acquis démocratiques et à garantir le respect des droits individuels. « Je serai le garant des libertés et du respect de nos institutions », a-t-il affirmé. Sur le plan sécuritaire, il prévoit un renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité. « Nous allons les doter d’équipements de dernière génération et de technologies avancées pour mieux sécuriser notre territoire », a-t-il annoncé.