La Nation Bénin...
Le président du Conseil économique et social (Ces) du Bénin, Conrad Gbaguidi a, avec ses collaborateurs, tenu une séance de travail au siège de l’institution, ce mardi 24 mars. Cette session a permis de constater les brillantes performances de l’institution en 2025 notamment 100 % d’exécution des activités programmées et une exécution à plus de 90 % du budget annuel. C’était aussi l’occasion de mettre en lumière la richesse linguistique du pays à travers une communication du Docteur Idrissou Zime Yerima.
Le premier vice-président du Conseil économique et social, Razaki Amouda-Issifou, a ouvert la séance en soulignant l’importance des langues nationales pour la construction de la nation béninoise. Pour lui, la langue dépasse sa fonction de simple outil de communication. Elle constitue un vecteur d’identité, de cohésion sociale et de développement par son rôle dans la consolidation des liens sociaux et la transmission des savoirs. « C’est dans ce cadre que le Ces a jugé nécessaire d’organiser une communication approfondie sur le rôle des langues locales dans la construction de la nation béninoise », a précisé le premier vice-président.
Dr Idrissou Zime Yerima, professeur et chef du Département des sciences du langage et de la communication de l’Université d’Abomey-Calavi, a ensuite présenté sa communication sur les langues nationales et leur rôle dans la construction de la nation. Structurée autour de huit axes, son exposé a abordé les approches théoriques, les fondements historiques et sociolinguistiques, ainsi que les programmes et projets réalisés ou en cours pour promouvoir les langues locales. Il a insisté sur l’importance des langues nationales pour l’inclusion sociale, la participation citoyenne et la préservation du patrimoine culturel. Les principaux défis identifiés sont la fragmentation linguistique, le manque de ressources pédagogiques et la nécessité de renforcer la formation des enseignants et acteurs éducatifs. Le communicateur a proposé des solutions concrètes telles que des programmes éducatifs adaptés, la création de supports didactiques en langues locales et une politique linguistique intégrée au développement national. Ces mesures visent à renforcer l’utilisation des langues nationales dans l’enseignement, les médias, l’administration et la vie sociale, consolidant ainsi le sentiment d’appartenance et la cohésion culturelle.
L’intervention du Dr Idrissou Zime Yerima a été saluée par les participants pour sa clarté et sa profondeur, apportant aux conseillers du Ces des éléments essentiels pour orienter leurs réflexions et recommandations.
S'en est suivie la présentation du rapport annuel 2025 par le président du Ces, Conrad Gbaguidi. Il a qualifié l’année écoulée de « particulière, dense et marquée par des transformations profondes », affirmant qu’« en 2025, on aura révélé l’institution ». Le président a rappelé que cette période s’inscrit dans le cadre d’une réforme institutionnelle majeure, avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi organique visant à rapprocher le Ces des populations, renforcer son utilité et affirmer sa place dans l’architecture institutionnelle nationale.
Le fonctionnement interne a été renforcé : le règlement intérieur adopté, les commissions installées et les instances régulièrement réunies. « Le Conseil a travaillé, et il a travaillé utile», a affirmé Conrad Gbaguidi, soulignant l’examen de saisines gouvernementales et la réalisation d’autosaisines sur des thèmes prioritaires, notamment l’économie sociale et solidaire. Une innovation notable a été la collecte directe de 112 préoccupations des citoyens, marquant un tournant dans l’orientation des travaux de l’institution.
L’année 2025 a également été marquée par un travail de repositionnement institutionnel. Le Ces a multiplié les rencontres avec les autorités de la République et ouvert ses portes à travers plus de cinquante audiences avec des partenaires et acteurs sociaux. « Nous avons voulu un Conseil plus visible, plus ouvert et plus connecté », a déclaré le président. Cette visibilité a été renforcée par la production de plus de cent vidéos, de reportages et d’émissions publiques. « Une institution qui n’est pas visible est une institution qui n’impacte pas», a-t-il souligné.
Sur les plans administratif et financier, des efforts ont été faits pour améliorer la gestion des ressources humaines, l’organisation interne et la formation du personnel. Une couverture sanitaire a été mise en place pour les conseillers et le personnel. Le budget de 3?169 millions francs Cfa a été exécuté avec un taux de 95,33 %. « Ces chiffres traduisent la rigueur dans la gestion et la crédibilité de l’action », a observé Conrad Gbaguidi.
Le président a enfin insisté sur la présence accrue du Ces sur le terrain, à travers la mobilisation de la jeunesse, le soutien à des initiatives locales et la participation à des activités économiques et sociales, tout en consolidant la position du Conseil sur les scènes nationale et internationale. Le bilan global fait état de 31 activités réalisées sur 32 programmées en 2025, soit un taux de réalisation de 96,87 % au 31 décembre, porté à 100 % en 2026.
Malgré ces succès, le président a reconnu des défis persistants: manque de ressources humaines, besoins en compétences techniques, moyens logistiques insuffisants et infrastructures à moderniser. « Nous avons su travailler avec les moyens dont nous disposons et nous sommes prêts à continuer », a-t-il affirmé, ajoutant que l’objectif est de passer « de l’institution en mouvement à une institution pleinement performante ».
L’année 2025 a été marquée par un travail de repositionnement institutionnel