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SBEE sous la gestion déléguée avec Eranove: Une transformation axée sur la performance et la satisfaction des clients

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D'enrichissants échanges entre responsables de la SBEE  et professionnels des médias D'enrichissants échanges entre responsables de la SBEE et professionnels des médias

Des professionnels des médias, réunis jeudi 15 octobre dernier, à l’initiative du directeur général de la Société béninoise d’Energie électrique (SBEE), ont été édifiés sur les avancées enregistrées par l’entreprise depuis la mise en œuvre du contrat de gestion déléguée avec le groupe Eranove. Croissance de la clientèle, réduction des pertes d’électricité, décentralisation des services et amélioration de la performance opérationnelle, plusieurs chantiers structurants ont été présentés, avec des ambitions renforcées pour les prochaines années.

Par   Kokouvi EKLOU, le 20 oct. 2026 à 07h25 Durée 3 min.
#Société béninoise d'énergie électrique (Sbee) #Eranove

Mieux faire comprendre le fonctionnement du secteur de l’électricité, partager les résultats obtenus par la Société béninoise d’Energie électrique (SBEE) et renforcer le dialogue avec les médias. Tels sont les objectifs de la matinée d’échanges organisée, jeudi 15 octobre dernier, par la direction générale de la Société béninoise d’Energie électrique. Autour de Hippolyte Ebagnitchie, directeur général de la société, les membres du comité de direction (CODIR) et les responsables de plusieurs départements ont présenté aux professionnels des médias les évolutions enregistrées dans le cadre de la transformation de l’entreprise.

Au-delà du bilan des activités, cette rencontre s’est voulue un cadre de dialogue et de partage d’informations techniques, destiné à favoriser une meilleure compréhension des enjeux du secteur électrique au Bénin. Pour la direction générale, il s’agit également de consolider la collaboration avec les médias afin de rendre plus visibles les progrès accomplis et d’améliorer l’information des populations.

D’entrée de jeu, Hippolyte Ebagnitchie a insisté sur la nécessité de mieux faire connaître les réalités qui se cachent derrière la disponibilité de l’électricité. Si les consommateurs constatent directement la qualité du service à travers leurs installations domestiques et professionnelles, ils mesurent moins souvent l’ampleur des opérations nécessaires pour assurer la continuité de l’alimentation électrique.

« Notre métier, celui de l’électricité, ressemble un peu à celui des trains qui ne viennent pas à l’heure. On ne le remarque que lorsqu’il y a une absence de service », a-t-il expliqué, soulignant ainsi l’importance d’une meilleure compréhension du travail quotidien des équipes de la SBEE.

Le directeur général a notamment présenté le cadre institutionnel du secteur, qui mobilise plusieurs acteurs aux responsabilités complémentaires. L’État définit la politique énergétique et assure notamment la mobilisation de financements pour les projets structurants. La Société béninoise de production d’électricité (SBPE) intervient dans la production, tandis que la Communauté électrique du Bénin (CEB) assure le transport de l’énergie à très haute tension. La SBEE, pour sa part, est chargée de la distribution sur son périmètre d’intervention, de la gestion de la relation clientèle et du recouvrement des recettes liées à la consommation électrique.

L’Autorité de régulation de l’électricité (ARE) veille, quant à elle, au bon fonctionnement du secteur et intervient dans le cadre de la régulation tarifaire. Cette présentation a permis de rappeler que la qualité du service rendu aux consommateurs dépend de la coordination entre les différents maillons de la chaîne électrique.

Eranove au cœur de la transformation managériale

La rencontre a également permis de revenir sur le contrat de gestion déléguée conclu entre l’État béninois et le groupe Eranove, dont la mise en œuvre a débuté le 1er janvier 2024. Ce dispositif vise notamment à renforcer les méthodes de gestion, les pratiques managériales et les performances opérationnelles de la SBEE.

Selon les explications du directeur général, sept collaborateurs d’Eranove travaillent aux côtés des cadres béninois afin de favoriser le transfert de compétences et l’adoption de pratiques de gestion adaptées aux exigences du service public de l’électricité.

Présent en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, Eranove dispose d’une expérience dans les secteurs de l’eau et de l’électricité, notamment en Côte d’Ivoire, au Togo et dans d’autres pays de l’Afrique de l’Est. Cette expertise constitue, selon la direction générale de la SBEE, un levier pour accompagner la modernisation de l’entreprise et améliorer progressivement ses performances.

La transformation engagée ne se limite toutefois pas aux aspects techniques. Elle concerne également l’organisation interne, la responsabilisation des équipes, le suivi des résultats et la proximité avec les usagers.

Parmi les indicateurs mis en avant figure l’évolution du nombre de clients. Selon les données présentées par le directeur général, la SBEE est passée d’environ 800 000 clients en 2023 à près d’un million, voire 1,14 million de clients raccordés selon le périmètre de comptage retenu dans la présentation. Cette progression traduit l’élargissement de l’accès au réseau et l’importance croissante des besoins en électricité.

L’entreprise compte par ailleurs un peu plus de 2 000 collaborateurs, près de 4 711 postes électriques et quelque 18 000 kilomètres de lignes à entretenir. La gestion de ces infrastructures exige des opérations régulières de maintenance, indispensables à la fiabilité du réseau et à la qualité de l’alimentation électrique.

Pour mieux répondre aux attentes des populations, la SBEE a également engagé une réorganisation territoriale. Son dispositif comprend désormais 11 directions régionales et 39 agences. Cette décentralisation vise à rapprocher les services des usagers, à accélérer le traitement des demandes et à donner davantage de responsabilités aux équipes présentes sur le terrain.

Hippolyte Ebagnitchie a souligné que cette responsabilisation doit aller de pair avec un contrôle rigoureux, une obligation de rendre compte et un renforcement des compétences du personnel. La formation constitue, à cet égard, un pilier essentiel de la transformation engagée.

Amélioration de la performance technique

Sur le plan technique, la direction générale a mis en avant les efforts réalisés pour réduire les pertes d’électricité, qui constituent l’un des principaux défis de l’entreprise. D’après les chiffres communiqués lors de la rencontre, leur taux est passé d’environ 25 % en 2023 à près de 20 % aujourd’hui.

L’objectif affiché est de ramener ce taux à 18 % en 2027, avant de poursuivre sa diminution au cours des années suivantes. Pour y parvenir, la SBEE entend renforcer la lutte contre la fraude, améliorer l’exploitation du réseau et intensifier les actions destinées à limiter les pertes techniques et commerciales.

La direction générale a également annoncé une ambition soutenue en matière de nouveaux branchements. Alors que le rythme actuel est estimé à environ 130 000 raccordements par an, l’entreprise souhaite dépasser les 200 000 nouveaux clients raccordés annuellement. Cette perspective s’inscrit dans une volonté d’élargir l’accès à l’électricité et d’accompagner les besoins des ménages, des administrations et des entreprises.

Ces objectifs nécessitent des investissements, une planification rigoureuse et une coordination renforcée avec les autorités compétentes, notamment dans le cadre des projets d’électrification.

Pour Hippolyte Ebagnitchie, la transformation de la SBEE repose sur trois priorités indissociables à savoir la satisfaction des clients, le bien-être du personnel et la viabilité économique de l’entreprise.

La première priorité consiste à améliorer la qualité de l’accueil, la prise en charge des réclamations et les délais de traitement des demandes. La deuxième porte sur les conditions de travail, la formation et la responsabilisation des collaborateurs, considérés comme des acteurs essentiels de l’amélioration du service. La troisième vise à garantir l’équilibre économique de la société, condition indispensable à la pérennité de ses activités et à sa capacité à investir dans ses infrastructures.

Pour accompagner cette démarche, la SBEE s’appuie sur des outils de pilotage de la performance, notamment des contrats d’objectifs, des plans de travail, des tableaux de bord et des revues régulières des résultats. Des enquêtes de satisfaction permettent également de recueillir les appréciations des clients et de mieux cerner leurs attentes.

La digitalisation et le renforcement de la coordination entre les équipes techniques et commerciales figurent parmi les autres leviers mobilisés pour améliorer le fonctionnement de l’entreprise.

Les médias, partenaires de l’information

En réunissant les responsables éditoriaux et les professionnels des médias, la direction générale de la SBEE entend instaurer un dialogue plus étroit avec les acteurs de l’information. L’enjeu est de permettre une meilleure compréhension des réalités techniques, institutionnelles et économiques du secteur électrique, afin de favoriser un traitement médiatique plus précis et plus équilibré des activités de la société.

Cette démarche répond également à la nécessité de mieux expliquer les interruptions programmées pour maintenance, les contraintes liées à l’exploitation du réseau et les efforts engagés pour améliorer la qualité du service.

Au terme de sa présentation, Hippolyte Ebagnitchie a rappelé que les résultats déjà obtenus constituent une étape dans un processus de transformation qui doit se poursuivre. La croissance de la clientèle, la réduction des pertes et la réorganisation des services témoignent, selon les données exposées, des évolutions engagées depuis 2024. Mais les ambitions restent intactes, notamment en matière de raccordements, de performance opérationnelle et de satisfaction des usagers.

À travers cette matinée d’échanges, la SBEE a ainsi réaffirmé sa volonté de renforcer sa transparence, de mieux faire connaître ses activités et de poursuivre les réformes engagées. Un chantier dont la réussite dépendra autant de la mobilisation des équipes et des investissements que de la capacité de l’entreprise à répondre durablement aux attentes des consommateurs béninois.