La Nation Bénin...
C'est la fin programmée du sciage
artisanal motorisé en pleine forêt et au bord des voies. Par la loi n° 2026-16
du 23 juillet 2026 portant Code des forêts et de la faune, le Bénin frappe
d’une interdiction totale l’usage de la tronçonneuse pour transformer les
troncs d'arbres abattus en madriers et chevrons. Visant à mettre un terme au
gaspillage effréné de matière première et au pillage forestier, le texte
verrouille à la fois la coupe sur le sol national et l'importation de bois
transformé selon ce procédé.
Pratique très répandue dans les zones rurales et périurbaines pour alimenter rapidement les ateliers de menuiserie et les chantiers de construction, le débitage direct d'arbres à la tronçonneuse; dit « sciage de long artisanal »; constituait une plaie écologique majeure. En plus de massacrer les essences protégées dans l'opacité, cette méthode informelle génère d'immenses pertes de sciure et échappe à tout contrôle fiscal. Le législateur a donc choisi l'éradication pure et simple de cette filière parallèle.
Le principe ne souffre d’aucune dérogation. L’article 101 du code de la forêt et de la faune tranche en une seule phrase : « L’utilisation de la tronçonneuse aux fins de sciage du bois est interdite sur toute l’étendue du territoire national ». Désormais, seul l'abattage ou le billonnage autorisé subsiste, le sciage en planches devant impérativement passer par des scieries et unités mécanisées agréées.
Pour éviter que des flux frauduleux ne contournent l'interdiction via les pays voisins, l’article 131 élargit le verrou au cordon douanier : l’importation et la circulation de produits forestiers sciés à la tronçonneuse sont strictement interdites, quelle que soit leur provenance géographique.
La sanction est dissuasive. Tout bois
transformé de manière irrégulière est saisi d'office avec le matériel qui a
servi à son débitage (art. 269), tandis que l'exploitant s'expose à de lourdes
amendes et à des peines d'emprisonnement prévues aux articles 275 et 292. Pour
les artisans et bûcherons, le message est net : le bois béninois doit désormais
être valorisé dans les règles de l'art industriel sous peine de confiscation
immédiate.
l'utilisation de la tronçonneuse désormais interdite sur tout le territoire