La Nation Bénin...
A quelques jours de la fête de
l’igname, le précieux tubercule fait son grand retour sur les étals des marchés
Dépôt et Arzèkè à Parakou. Entre récolte, commercialisation et consommation,
vendeuses et acheteurs renouent avec une tradition très attendue qui marque le
début d’une période de forte activité commerciale.
Depuis quelques jours, la
présence de l’igname se fait remarquer sur les marchés et aux abords des
principales voies de Parakou. Entassés sur les étals ou recouverts de sable et
de terre pour leur conservation, les tubercules attirent déjà de nombreux consommateurs
qui commencent à constituer leurs provisions en prévision de la fête de
l’igname.
Au marché Dépôt, les vendeuses
se réjouissent de cette période qu’elles attendent chaque année. Mme Zénab,
commerçante spécialisée dans la vente d’ignames, considère cette période comme
un moment important pour son activité. « La sortie de l’igname est un moment
que nous attendons toute l’année », confie-t-elle. Sur les différents étals,
plusieurs variétés sont proposées, notamment l’igname Laboko et l’igname
simple. Les prix varient selon la qualité et le calibre des tubercules. Mme
Fatou, une autre vendeuse, indique que l’igname Laboko est initialement
proposée à 4 000 francs Cfa, mais qu’après négociation, elle peut être cédée à
3 000 francs Cfa. Quant à l’igname simple, son prix est fixé à 4 500 francs
Cfa, un tarif sur lequel la vendeuse affirme ne pas vouloir négocier. Selon
Fatou Soumanou, ces ignames proviennent notamment des champs de Djougou. Elle
assure que la qualité est au rendez-vous, particulièrement pour le Laboko, très
apprécié pour la préparation de l’igname pilée en raison de sa texture souple
et élastique.
Des prix qui varient d’un
marché à l’autre
Quelques centaines de mètres
plus loin, au marché Arzèkè, les étals d’ignames s’alignent également aux
abords du marché. Là aussi, les deux principales qualités observées au marché
Dépôt sont disponibles, mais les prix sont différents. Aïcha Abdou, qui aide sa
mère dans la vente, explique que leurs ignames proviennent de Savalou et sont
réputées pour leur bonne qualité. « Le Laboko est vendu à 4 500 francs Cfa,
tandis que l’igname simple coûte 3 000 francs Cfa », précise-t-elle.
Ces différences de prix d’un
marché à l’autre s’expliquent notamment par l’origine des tubercules, leur
qualité, leur calibre et les conditions d’approvisionnement. Les consommateurs,
de leur côté, n’hésitent pas à comparer les prix et à négocier avant de faire
leur choix. Au fil des échanges, les marchés retrouvent une animation
particulière. Les clients habitués reviennent, les vendeuses accueillent leurs
premières commandes et les paniers se remplissent progressivement. Derrière
cette effervescence se dessine une activité économique importante pour de
nombreuses familles. Sous la fine pluie d’août, l’odeur de la terre fraîche qui
recouvre les tubercules accompagne ainsi le retour de l’igname sur les marchés
de Parakou. Pour les commerçantes, cette période annonce de bonnes perspectives
de vente. Pour les consommateurs, elle marque surtout l’arrivée d’un produit
emblématique de la gastronomie béninoise et les prémices d’une fête de l’igname
très attendue.
Sortie de l'igname à Parakou