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Circoncision : entre poids de la tradition et liberté de choix

Culture

« Tu n’es pas encore circoncis ? À ton âge ? Qu’en pensent tes parents ? » Au Bénin, ces questions s’imposent à tout garçon ou adulte non circoncis. Dans le pays, la circoncision reste largement perçue comme un passage obligé. Pourtant, sous d’autres cieux, elle relève davantage d’un choix personnel, religieux ou médical.

Par   Mariama SALIFOU (Coll.), le 30 sept. 2026 à 22h48 Durée 2 min.
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Ayant vécu plusieurs années en Occident, Rachidath a pu observer ce contraste culturel. « Beaucoup d’hommes, y compris parmi mes anciens collègues, ne sont pas circoncis et ne s’en préoccupent pas du tout. Pour eux, ce n’est absolument pas une obligation », confie-t-elle. Elle admet néanmoins conserver une préférence pour la circoncision, principalement pour des raisons d’hygiène.

Une étape symbolique et sociale incontournable

Au Bénin, la pratique demeure profondément ancrée dans les mœurs. Pour Gabriel N’tcha, fils d’un ancien circonciseur traditionnel, il s’agit d’un rituel fondamental : « C’est une étape que tout garçon doit franchir. Autrefois, la circoncision s’accompagnait de cérémonies et de conseils prodigués au jeune homme. Il ne s’agissait pas seulement d’un acte chirurgical, mais du symbole marquant l’entrée dans une nouvelle phase de la vie. »

Cette norme sociale s’articule aussi autour de représentations religieuses et sanitaires. Chez de nombreuses familles musulmanes, la pratique va de soi. « Chez nous, un garçon non circoncis est regardé différemment. C’est un héritage transmis par nos parents que nous perpétuons pour la propreté », explique Fousseni, père de famille.

Un constat partagé par Amadou Adam, sage et professionnel de santé à la retraite, qui rappelle que la circoncision répond, selon certaines interprétations de la tradition musulmane, à un devoir religieux couplé à une exigence d’hygiène.

La pression sociale ou celle du couple renforce également ce passage. Interrogée sur la possibilité de fréquenter un homme non circoncis, Clarisse tranche sans hésitation : « Comment un homme peut-il ne pas l’être ? Personnellement, je ne pourrais pas sortir avec un homme non circoncis. »

La dimension médicale : entre bénéfices et préjugés

Au-delà des facteurs culturels et spirituels, qu’en dit la médecine ? Le Dr Franck Déguénon rappelle que la circoncision peut présenter des bénéfices sanitaires précis et s’avérer nécessaire dans certaines situations pathologiques liées au prépuce.

« Il faut cependant bien distinguer une indication médicale d’une obligation générale », nuance le praticien. « Un homme en bonne santé et qui n’exprime aucun problème médical n’a pas nécessairement besoin d’être circoncis sur le plan strictement sanitaire. »

Deux visions du monde

Si, en Afrique de l’Ouest, la pratique est quasi systématique, dans la plupart des pays occidentaux, la circoncision relève le plus souvent de considérations médicales ciblées, religieuses ou d’une décision parentale ponctuelle.

Deux perceptions s’opposent ainsi : d’un côté, des sociétés où la circoncision constitue un marqueur d’identité et de maturité indiscutable ; de l’autre, des cultures où elle est appréhendée comme un acte chirurgical ou intime optionnel.

Quelles que soient les motivations traditionnelles, religieuses ou médicales, les spécialistes rappellent l’essentiel : l’ablation doit impérativement être réalisée par un personnel qualifié dans des conditions de sécurité et d’hygiène rigoureuses. Ils rappellent enfin qu’une bonne hygiène intime quotidienne demeure indispensable, avec ou sans circoncision.