La Nation Bénin...

Huitième bataillon interarmes de Djougou : La culture pour remonter le moral à la troupe

Culture
La nuit de l'indépendence au foyer militaire de Djougou La nuit de l'indépendence au foyer militaire de Djougou

Une nuit aux couleurs locales, des sonorités culturelles de toutes les régions du Bénin, un challenge culturel… A Djougou, les festivités du 1er août ont eu pour épilogue une nuit de l’indépendance toute particulière.

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 09 août 2023 à 08h05 Durée 3 min.
#Huitième bataillon interarmes #Huitième bataillon interarmes de Djougou
Quel département emportera le premier prix mis en jeu pour la soirée culturelle de la nuit de l’indépendance édition 2023, dans la commune de Djougou ? C’est avec cette interrogation en tête que les habitants de la cité des 
Kpétoni ont massivement effectué le déplacement de l’esplanade du huitième bataillon interarmes dans la nuit du 1er août. En face d’eux pour la démonstration, les équipes départementales constituées pour la circonstance et qui, chacune, entendait détrôner le Mono-Couffo, champion en titre. Une soirée culturelle à l'allure de revanche donc pour ces habitués des armes qui, le temps d’un soir, ont oublié le stress des casernes pour laisser place à l’engagement culturel. Chacun des compétiteurs avait la lourde responsabilité de donner le meilleur afin de révéler le potentiel culturel de son département pour avoir la faveur du jury et se hisser sur la plus haute marche. Challenge serré pour les équipes, mais celle du Borgou-Alibori, de par sa prestation, a réussi à susciter la clameur populaire, des applaudissements nourris et quelques jets de pièces et billets de banque. Le Mono-Couffo, challenger le plus craint en raison de sa prestation un an plus tôt, n’aura pas comblé toutes les attentes. Certes, il a déployé du monde sur scène et offert un plateau culturel riche qui survole plusieurs départements, mais les nombreux ratés notés ont fini par avoir raison des « Monolais ». A la délibération, le jury est resté fidèle à la tendance de la foule en octroyant le premier prix aux compétiteurs du Borgou-Alibori et les vainqueurs d’il y a un an se sont contentés de la loge du vice-champion. 

Doper le moral à la troupe
 
L’initiative d’une soirée culturelle au profit des soldats émane du chef de bataillon Mathias Bokini, actuel commandant du huitième bataillon interarmes de Djougou. Sur les traces de l’actuel chef d’état-major général des armées qui a initié en son temps, alors patron de l’armée de terre, « la journée du soldat », celui-ci tente à son tour de donner du sens à la culture dans les casernes. Mais bien plus que cela, il faut surtout aider la troupe à avoir le moral haut. Mathias Bokini soutient en effet que la fête nationale n’est pas une fête militaire. Elle concerne tous les Béninois, se plait-il à expliquer. « L’objectif de cette journée culturelle faite dans la nuit du 1er août, précédée d’un repas de corps, c’est de permettre que les soldats soient avec la hiérarchie pour marquer la confiance réciproque qui doit exister entre un chef et sa troupe», soutient-il. Pour la mission de défense à laquelle les hommes en armes sont appelés, Mathias Bokini confie qu’il leur faut plusieurs ingrédients au nombre desquels ces temps de détente qui les ressourcent. « Nous cherchons des moments où on pourra se donner de la joie, c’est pourquoi nous mobilisons un effectif consistant pour célébrer la culture à cette occasion », laisse-t-il entendre. 
Pour le commandant du huitième bataillon interarmes, la culture « c’est notre identité » et il est important que chacun s’intéresse à sa culture et s’identifie à son milieu. « Il faut travailler un peu sur le moral de la troupe et sur la psychologie de ces vaillants soldats qui sont tout le temps au front et sont éprouvés. Il faut les revigorer car un chef qui a une troupe dont le moral est au top peut vaincre la bataille même s’il n’a pas les moyens », avance-t-il pour soutenir cette initiative. Initiative qui d’ailleurs mobilise fortement les populations de Djougou et environs. Cette nuit du 1er août, elles sont restées mobilisées et éveillées pour faire la fête jusqu’au petit matin, un peu comme pour donner un sens à la célébration de cette année dont le thème appelle à une mobilisation autour des Forces armées pour venir à bout de la menace terroriste. Comme elles, le maire de la localité, le député Malick Gomina et le préfet de la Donga ne se sont pas fait conter l’évènement. 

Du football aussi ! 

Le football continue d’être une religion dans la commune de Djougou. Ce 1er août, les populations en ont donné une fois encore la preuve en remplissant tel un œuf, et bien assez tôt, le nouveau stade omnisports de Djougou pour la dernière confrontation prévue dans le cadre des manifestations de la fête nationale. L’association sportive Alfa Issa de Djougou II, vainqueur des préliminaires pour le compte des arrondissements urbains et Mamba noir de 
Pélébina, champion des confrontations entre arrondissements périphériques, devraient en découdre pour dégager le vainqueur de la coupe, et surtout remporter l’enveloppe d’un million de francs Cfa en jeu. L’enjeu pouvait se lire dans la détermination de chacun des 22 acteurs sur le rectangle vert. Le jeu était plaisant, de la précision dans les passes aux tirs cadrés, aucun joueur n’a chômé sur la pelouse. Mais par inattention, les joueurs de Alfa Issa vont réussir à prendre l’avantage au marquoir avant la fin du premier temps de jeu. Du retour des vestiaires, l’équipe de Mamba noir devient plus menaçante et multiplie les occasions. Mais ses tentatives connaîtront leur fin avec le coup de sifflet du juge central. Les deux équipes en resteront là. On croyait les carottes cuites, mais Pélébina n’avait pas encore dit son dernier mot. 
Elle s’est montrée entreprenante sur les cinq dernières minutes du jeu. A la suite d’une égalisation refusée, elle enchaine d’autres actions d’éclat qui ont payé dans les toutes dernières secondes du jeu. Avec un gardien de but confiant et des tireurs adroits, Pélébina viendra à bout de son challenger à la fatidique épreuve des tirs au but en marquant ses cinq tirs. Côté Alfa Issa, le tir manqué aura suffi pour perdre la partie.  
J.F.M