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Oro : Un culte d’hommes, mais fondé par les femmes

Culture

Oro est une divinité majeure de l’aire culturelle yoruba et nago. Divinité de l’air ou du vent, elle est associée aux ancêtres, à la justice communautaire, à l’ordre social et à la protection de la collectivité. Ce culte, très développé au Bénin et au Nigeria, est interdit aux femmes. Cependant, ces dernières occupent une place importante dans ce milieu.

Par   Christelle DJOMAMOU (coll.), le 04 oct. 2026 à 16h32 Durée 2 min.
#Oro #Art et culture

Oro est un culte traditionnel pratiqué dans une forêt sacrée appelée « Igbo Oro », avec des rites nocturnes strictement réservés aux hommes initiés.

« C’est une divinité que seuls les hommes peuvent voir. La femme ne peut pas la voir », confirme Saturnin Ibikunlé, adepte du culte Oro. Toutefois, il précise que, paradoxalement, Oro est également lié à la femme. « C’est une divinité de la femme puisque, avant l’apparition de la divinité, c’est la femme qui doit l’appeler la première.

Il faut le dire, la femme est la première personne à avoir découvert Oro. C’est à cause d’elle que cette divinité existe aujourd’hui. Lorsqu’elles ont entendu le cri, elles ont pris peur et se sont enfuies. L’homme courageux s’est alors approché de la scène et a vu Oro. Depuis lors, la femme ne peut plus le voir », précise l’adepte du culte Oro.

Ainsi, selon cette tradition, seuls les hommes initiés sont autorisés à voir Oro.

Une responsabilité confiée aux femmes ménopausées

Lors du culte Oro, les premiers rituels sont confiés à des femmes, plus précisément à des femmes âgées et ménopausées. Celles-ci sont placées sous l’autorité d’une cheffe appelée Iyalodé Oro.

Selon Saturnin Ibikunlé, sans ces premiers rites accomplis par les femmes, les hommes ne peuvent pas entamer les cérémonies du culte Oro. Il est donc indispensable que ces femmes exécutent les rites initiaux, puis lancent l’appel permettant l’ouverture officielle du culte.

Ces premiers rites sont accomplis à l’entrée de la forêt sacrée d’Oro, « Igbo Oro », devant le Kpetounchi, un fétiche auquel les femmes rendent un culte exclusif.

Ainsi, bien que l’accès à certaines manifestations du culte Oro leur soit interdit, les femmes n’en demeurent pas moins indispensables à son déroulement.