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Restitution des biens culturels: Une nouvelle étape en préparation

Culture
Autorités, experts et acteurs du patrimoine ont échangé sur les prochaines étapes du processus de restitution et de valorisation du patrimoine béninois Autorités, experts et acteurs du patrimoine ont échangé sur les prochaines étapes du processus de restitution et de valorisation du patrimoine béninois

Le gouvernement entend accélérer le processus de restitution des biens culturels tout en préparant leur circulation et leur valorisation sur le territoire national. À la faveur d'une rencontre entre le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts et les membres du Comité scientifique national de restitution des biens culturels, les différents acteurs ont réaffirmé leur volonté de faire de cette démarche un levier de souveraineté culturelle, de coopération internationale et de développement des institutions muséales.

Par   Sandra AGBODJI (Stag.), le 15 juil. 2026 à 09h02 Durée 2 min.
#Restitution des biens culturels

Le Bénin poursuit méthodiquement son engagement en faveur de la reconquête de son patrimoine culturel. Réunis, mardi 14 juillet à Cotonou, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Yassine Latoundji, les membres du Comité scientifique national de restitution des biens culturels ainsi que plusieurs experts du patrimoine ont échangé sur les prochaines étapes du processus de restitution et sur les conditions de circulation des œuvres restituées à travers le pays. Cette concertation s'inscrit dans la dynamique engagée par les autorités pour faire du retour des biens culturels un véritable projet national, dépassant la seule récupération des œuvres. A l’occasion, le ministre Yassine Latoundji a expliqué que la restitution des biens culturels n'est pas le fruit du hasard, mais l'aboutissement d'un dialogue patient entre États et institutions. « C'est le symbole de deux nations souveraines qui, par la science et le dialogue, choisissent d'écrire ensemble une nouvelle page de leur histoire commune », a-t-il déclaré. Pour le ministre, la politique béninoise en matière de restitution repose sur une approche rigoureuse, loin de toute logique de confrontation. « La reconquête de notre patrimoine ne relève pas de la revendication, mais d'une méthode fondée sur la science, le droit, le dialogue et la coopération internationale », a-t-il insisté. Les autorités entendent renforcer la capacité du pays à produire et transmettre sa propre histoire. Les biens culturels restitués visent à enrichir les collections nationales, à soutenir la recherche scientifique, à consolider les musées béninois et à permettre aux générations futures de mieux s'approprier leur héritage historique.

À la suite de cette séance de travail, une conférence-débat s'est tenue autour du thème : « La restitution et la circulation des biens culturels: vers une nouvelle dynamique de coopération patrimoniale ». Animée par la présidente de la Fondation Zinsou, Cécile Zinsou, le muséologue Jacques Ayer et l'ambassadeur Franck Armel Afoukou, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, la rencontre a permis d'aborder les enjeux diplomatiques, scientifiques et muséographiques liés au retour des biens culturels.

Diplomatie culturelle et défis de conservation

Intervenant sur le rôle de la société civile, Cécile Zinsou a rappelé que la restitution ne peut être portée par les États seuls. Elle a notamment évoqué le retour récent du “Kataklè”, le siège royal cérémoniel du royaume du Danxomè, présenté comme la vingt-septième œuvre restituée au Bénin. Selon elle, cette restitution a été rendue possible grâce à la mobilisation conjointe des chercheurs, des institutions culturelles et de la société civile, ainsi qu'à un dialogue engagé avec les autorités finlandaises. Pour Cécile Zinsou, la restitution dépasse largement la dimension matérielle des objets. « La restitution n'est pas seulement celle des objets. C'est aussi une restitution de mémoire, de fierté et d'histoire pour les générations », a-t-elle souligné. Abordant la dimension diplomatique du processus, Franck Armel Afoukou a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue dans les négociations internationales. Il a rappelé que le Bénin souhaite faire de son patrimoine un instrument de rayonnement à l'échelle mondiale. « Le Bénin ne fait pas de la restitution une simple question de rapatriement. Il s'agit d'un processus d'échanges, d'apprentissages mutuels et de coopération entre les États », a-t-il expliqué. L'ambassadeur a également relevé que le retour du “Kataklè” s'est déroulé dans un climat particulièrement favorable grâce aux discussions engagées en amont avec les autorités finlandaises, illustrant l'efficacité d'une diplomatie culturelle fondée sur la confiance et le respect mutuel. Pour sa part, le muséologue Jacques Ayer a attiré l'attention sur les défis que représente l'accueil des futures restitutions. Selon lui, les musées béninois poursuivent leur montée en capacité, mais des investissements restent nécessaires pour garantir une conservation conforme aux standards internationaux. Il a évoqué les exigences liées à la documentation scientifique des collections, à la formation des professionnels, ainsi qu'aux conditions de conservation des œuvres, confrontées notamment aux effets du changement climatique et aux risques environnementaux. Mais, rassure-t-on, des infrastructures muséales sont actuellement en cours de développement afin de répondre à ces défis et de permettre l'accueil progressif de nouvelles pièces patrimoniales.