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Valorisation des arts de la parole:« Adjrou » comme à l’ancienne, pour vivre autrement les contes

Culture
Par   Josué F. MEHOUENOU, le 13 avr. 2015 à 05h21

Depuis sa participation aux jeux de la francophonie en 2013, Fidèle Anato dit le Baobab et ses pairs ont pris la résolution de travailler à la pérennisation des arts de la parole, le conte en particulier. De «Théâtre maison» qu’il avait initié à ce propos, on est passé à «Adjrou» comme à l’ancienne. Samedi 11 avril dernier à l’Institut français de Cotonou, il y avait des contes, contés et racontés par une pépinière digne de confiance, quant à la relève de cet art.

« Adjrou» comme à l’ancienne, dernière initiative en date de Fidèle Anato est une trouvaille dont le principal objectif est de garder intact la flamme du conte, tel que conté par les précédentes générations. Il s’agit, pour faire simple, de permettre à la génération actuelle, souvent qualifiée de «génération Internet et TIC» à ne pas perdre de vue ce pan important du patrimoine culturel national. En attendant de trouver les voies et moyens d’intégrer et d’impliquer les contes dans les réalités du moment, c’est plus son vécu comme à l’ancienne qui a été valorisé. Les 8 et 9 avril derniers à Akassato dans la commune d’Abomey-Calavi, des écoliers et élèves ont été à l’école du conte, «Adjrou», et ont également compéti devant un public de plus de 200 personnes, selon les organisateurs.

Pourtant, dans les prévisions, une centaine de personnes était attendue.
Cela réjouit particulièrement l’initiateur, Fidèle Anato pour qui, ce projet ne pouvait donner plus de satisfaction comme résultat. Celui-ci dit avoir beaucoup prospecté avant de mettre le cap sur le conte, dans la localité d’Akassato comme activité d’éveil des populations autour de la culture. Deux catégories d’enfants âgés de 10 à 17 ans répartis en catégories Espoirs et Cadets ont donc pris part à la compétition devant un jury présidé par Dine Alougbine, le directeur de l’école internationale de Théâtre du Bénin (EITB). «Adjrou» comme à l’ancienne étant le successeur de «Théâtre maison», certains candidats de l’année 2014 étaient de nouveau en compétition et ont même eu la chance de se faire à nouveau distinguer.

C’est le cas par exemple de Chance Dossou, 13 ans, élève en classe de 4è, 1er en 2014 et qui cette année, obtient la deuxième place. Idem pour Archimède Kossou, 15 ans, élève en Seconde, classé 2è en 2014 et qui occupe la troisième place. Celle qui a réussi à surclasser les deux lauréats de l’année dernière en se hissant à la première place, c’est Délicia Dossou, 12 ans, élève en classe de 5è.
Devant le public de parents, d’amis et d’acteurs culturels mobilisés pour la séance de restitution organisée samedi dernier à l’Institut français de Cotonou, chacun des candidats et lauréats est passé faire la preuve de son art. Et même si «Adjrou» comme à l’ancienne, tel que présenté, a omis certains éléments comme les nattes, les lampes à pétrole et autres qui faisaient jadis sa singularité, on peut tout de même observer avec fierté que les leçons de morale, de philosophie… bref les leçons de vie contenues dans ses contes racontées autour d’histoire entre les hommes et les animaux n’ont pas pourtant disparu.