La Nation Bénin...
Une distillerie écossaise prévoit de distiller du fonio dès 2027. Au Bénin, où cette céréale est cultivée dans l’Atacora, la production a pourtant fortement chuté en 2023. La filière pourra-t-elle répondre à une demande potentielle ?
Le 29 septembre 2026, la distillerie écossaise Levenbank a annoncé une série de whiskies de grain à base de fonio. La distillation doit commencer début 2027, pour une première mise en bouteille en 2029. Cette initiative s’ajoute à des bières au fonio commercialisées en Europe et aux États-Unis.
Un marché encore émergent
Le marché du fonio est en pleine expansion en Europe depuis que les brasseurs s’intéressent à cette céréale. En effet, Brooklyn Brewery commercialise une bière au fonio depuis 2025, et la brasserie sénégalaise Maison Kalao a lancé sa bière Karapid en France en janvier. Les importations de fonio de l’Union européenne seraient passées de 515 000 dollars en 2021 à environ 1,2 million en 2025, soit 303 tonnes, dont 83 % en valeur pour la France.
Pour le Bénin, cette évolution représente une possibilité de débouchés. Mais le pays dispose-t-il d’une production suffisante pour en profiter ?
Une production béninoise fragilisée
Cultivé principalement dans l’Atacora, notamment à Boukombé, le fonio a connu une forte baisse de production. La Direction de la statistique agricole du ministère de l’Agriculture recense une production passée de 4 528 tonnes en 2022 à 907 tonnes en 2023, soit environ 80 % de moins, sans en préciser la cause. Cette chute fragilise la capacité du pays à fournir régulièrement des acheteurs.
Or, les marchés étrangers exigent des volumes stables, une qualité homogène et le respect des normes sanitaires. Le nettoyage, le décorticage, le conditionnement et la traçabilité deviennent donc déterminants. La Guinée montre qu’une organisation de la filière est possible, avec des coopératives fournissant du fonio certifié Fairtrade à la brasserie britannique Brewgooder.
Transformer l’intérêt en débouchés