La Nation Bénin...
Le paysage financier se distingue par une diversité d’acteurs et de canaux de distribution, où les institutions publiques jouent un rôle central aux côtés des banques et de la microfinance. La Poste du Bénin à travers la Caisse nationale d’épargne (Cne), la Caisse de dépôts et de consignation du Bénin (Cdc-Bénin) et le Trésor public constituent des leviers essentiels de l’inclusion financière.
Le système financier au Bénin repose sur un écosystème pluriel, combinant banques commerciales, institutions de microfinance, fintechs émergentes et acteurs publics. Dans cet ensemble, les entités étatiques occupent une place singulière, à la fois comme prestataires de services financiers de base et instruments de politique publique au service de l’inclusion financière et du développement économique. La Poste du Bénin, à travers la Caisse nationale d’épargne (Cne), figure parmi les institutions publiques les plus proches des populations. Grâce à un réseau étendu couvrant les zones urbaines et rurales, elle offre des services essentiels tels que la collecte de l’épargne, les dépôts, ainsi que l’envoi et la réception de fonds. Elle fait partie aujourd’hui des rares structures accréditées pour la collecte d’épargne communément appelée “Adogbè” au Bénin. Selon le nouveau document-cadre de politique et de stratégie régionale d’inclusion financière dans l’Uemoa, les services financiers postaux et les caisses nationales d’épargne ont joué un rôle déterminant dans l’intermédiation financière de base, en raison de leur forte implantation territoriale et de leur accessibilité.
À l’échelle régionale, le réseau de distribution de ces services s’est considérablement renforcé. Le nombre de points de services est passé de 1 401 en 2016 à 1 631 à fin décembre 2023, soit une progression de 16,4 %. Sur la même période, le nombre de détenteurs de comptes auprès des services financiers postaux et des caisses nationales d’épargne a augmenté de 77,4%, pour atteindre 2,7 millions contre 1,5 million en 2016. Ces chiffres, issus des données officielles de la Bceao et de l’Uemoa, traduisent une montée en puissance de ces structures dans la démocratisation de l’accès aux services financiers, y compris au Bénin. Au-delà de la simple collecte de l’épargne, ces institutions publiques contribuent indirectement au financement de l’économie. Les ressources mobilisées sont en effet mises à disposition des Caisses de dépôts et consignations (Cdc), qui jouent un rôle clé dans le financement de projets structurants et des petites et moyennes entreprises. Au Bénin, la Caisse de dépôts et de consignation intervient comme un investisseur public de long terme. Elle centralise notamment les fonds d’épargne réglementée, les consignations et certaines ressources publiques pour les orienter vers des investissements à impact économique et social.
Interconnexion entre acteurs
Ces ressources publiques collectées par la Caisse de dépôts et consignations (Cdc) permettent de soutenir le financement des Pme/Pmi, des infrastructures publiques, du logement social et de projets portés par les collectivités territoriales. La Cdc agit ainsi comme un trait d’union entre l’épargne populaire collectée par des institutions comme la Cne et les besoins de financement de l’économie nationale, renforçant la profondeur du système financier béninois.
Le Trésor public constitue un autre pilier du paysage financier étatique. Historiquement chargé de la gestion des finances publiques et de la mobilisation des ressources de l’État, il s’oriente progressivement vers la modernisation de ses services financiers. Dans cette dynamique, les Trésors publics de l’Uemoa, y compris celui du Bénin, ont entrepris des travaux visant leur connexion à la plateforme monétique régionale. Cette initiative, conduite sous l’égide de la Bceao, vise à permettre l’émission d’instruments de paiement électroniques au profit des bénéficiaires d’allocations publiques. Au Bénin, cette évolution devrait renforcer la transparence et l’efficacité des paiements publics, tout en favorisant l’inclusion financière des populations bénéficiaires de transferts sociaux, de bourses ou d’aides de l’État. En facilitant l’accès à des moyens de paiement modernes, le Trésor public contribue à l’intégration progressive des citoyens dans les circuits financiers formels.
Ces acteurs publics pris ensemble, complètent l’action des banques et des institutions de microfinance. Ils jouent un rôle d’amortisseur social et de catalyseur financier, notamment dans les zones où la rentabilité commerciale limite l’implantation des établissements privés. Cette complémentarité est un facteur clé de la progression de l’inclusion financière au Bénin et dans la sous-région. Le défi reste toutefois de renforcer l’interconnexion entre ces différents acteurs, d’améliorer la qualité des services offerts et d’accélérer la digitalisation, afin de maximiser l’impact financier et social de ces institutions publiques. La Poste du Bénin, la Cdc et le Trésor public apparaissent plus que jamais comme des leviers stratégiques pour une finance inclusive, accessible et au service du développement.
Les guichets d’institutions financières publiques, illustrent la proximité des services financiers avec les usagers