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Diaspora et appui au développement en Afrique: La migration comme catalyseur de la reprise socioéconomique

Economie
Optimisée, une migration régulière peut être un puissant moteur  de développement humain et social en Afrique Optimisée, une migration régulière peut être un puissant moteur de développement humain et social en Afrique

En capitalisant les atouts humains, sociaux et culturels des communautés de la diaspora, de nouvelles voies s’offrent au continent africain pour relever les défis contemporains, selon un dernier rapport publié par la Bad et l’Oim.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 29 mars 2024 à 07h09 Durée 4 min.
#Diaspora et appui au développement en Afrique

L’engagement de la diaspora est essentiel pour atténuer l’impact de la fuite des cerveaux et faciliter le flux de compétences et de connaissances de différentes parties du monde vers le continent africain, et vice versa, d’après le rapport Diaspora Engagement, Climate-Induced Migration and Skills Mobility (Engagement de la diaspora, migration climatique et mobilité des compétences: focus sur l’Afrique). Le document publié, le 21 mars dernier par la Banque africaine de développement (Bad) et l’Organisation internationale pour les migrations (Oim) indique que les communautés de la diaspora africaine jouent un rôle essentiel dans la résolution des problèmes liés au climat. Lorsque l’expertise technique est mise à profit et la mobilité des compétences est facilitée, les défis d’adaptation ou de réduction des risques de catastrophe peuvent être relevés. Il souligne également que les partenariats demeurent essentiels pour intégrer l’engagement de la diaspora dans les réponses politiques et programmatiques au changement climatique et à la mobilité des compétences aux niveaux national, régional et continental.

« L’étude illustre minutieusement le fait que, lorsqu’elles sont bien gérées, les migrations peuvent être un puissant moteur du développement humain et de la réduction de la pauvreté », écrit Akinwumi A. Adesina, président du groupe de la Bad dans sa préface. « La migration peut favoriser des économies durables et équitables en introduisant l’innovation, les compétences, les connaissances et les transferts de fonds entre les pays d’origine et de destination », ajoute-t-il.

La recherche de meilleures opportunités d’emploi constitue un moteur majeur de migration intrarégionale en Afrique et vers d’autres régions en dehors du continent. Le rapport indique que les communautés de la diaspora sont disposées à investir dans leurs pays d’origine.

Cette dynamique créerait des opportunités économiques et comblerait les lacunes du marché du travail, tout en augmentant ainsi la productivité.

Recommandations

L’étude met l’accent sur la lutte contre la fragilité et le renforcement de la résilience à travers des échanges, des projets et programmes pouvant faciliter une paix durable, une intégration économique inclusive ainsi que la sécurité humaine et le développement du continent africain. En fait, les diasporas peuvent jouer un rôle important dans la réconciliation des communautés et contribuer à la cohésion sociale dans les communautés d’origine si la confiance est approfondie et les capitaux sociaux et culturels sont exploités.

Il faut créer un environnement propice pour encourager l’investissement de la diaspora et explorer les moyens d’intégrer le financement de la diaspora dans les politiques de mobilisation des ressources nationales. Les contributions des communautés de la diaspora africaine devraient être maximisées dans le transfert de connaissances, la mobilité des compétences et de la main-d’œuvre, la numérisation et le changement climatique.

Concernant la mobilité des compétences en particulier, il s’avère important de mettre en place des mécanismes qui permettraient aux pays de s'engager avec leurs diasporas qui peuvent ne plus avoir la citoyenneté des pays d'origine. Des programmes novateurs pourraient encourager le retour temporaire en Afrique des diasporas qui peuvent ne plus avoir la citoyenneté des pays d’origine, créant ainsi des voies pour se reconnecter et concilier leur relation avec le continent. La mobilité de la main-d’œuvre intra-africaine aiderait à combler l’inadéquation actuelle entre les formations pédagogiques et les besoins du marché à travers le continent. Il apparaît aussi nécessaire d’harmoniser les cadres de certification existants et de renforcer les mécanismes de reconnaissance de compétences et de qualification.

La participation des communautés d’accueil à la conception et la mise en œuvre d’actions est également essentielle pour que les migrants et les personnes déplacées internes soient intégrés dans ces communautés, selon le rapport Bad/Oim. Dans les interventions visant à lutter contre les migrations et les déplacements induits par le climat, il est essentiel que la coordination garantisse un accès généralisé aux services et que les actions de réponse s’alignent sur les politiques dans divers domaines.