La Nation Bénin...

Marché du bétail et de la viande: Le pouvoir d’achat des éleveurs en hausse

Economie
Les prix des ovins ont augmenté de 14 % en moyenne Les prix des ovins ont augmenté de 14 % en moyenne

La hausse des prix des ovins et des caprins intervient parallèlement au léger recul des bovins sur pied. Dans le même temps, la baisse du prix du maïs améliore nettement les termes de l’échange en faveur des éleveurs, tandis que la viande bovine poursuit sa progression sur le marché national.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 30 sept. 2026 à 13h56 Durée 3 min.
#Marché du bétail

L’évolution des prix sur les marchés à bétail varie selon les espèces. En août 2026, les bovins ont légèrement perdu de la valeur par rapport à juillet, tandis que les ovins et les caprins se sont renchéris. Pour les éleveurs, l’évolution la plus significative concerne les termes de l’échange. Un bouc de conformation moyenne permet désormais d’acquérir davantage de maïs qu’un mois ou un an auparavant. Les prix des bovins ont globalement reculé de 2 % entre juillet et août. Le repli concerne notamment les bœufs, dont les prix ont diminué de 6 %, et les taureaux, en baisse de 4 %. A l’inverse, les prix des taurillons et des génisses ont progressé de 1 %, tandis que ceux des veaux et velles ont augmenté de 2 %. Cette évolution reste cependant différente selon les marchés. Les baisses les plus marquées ont été enregistrées à Bassila, Banikoara, Kolokondé à Djougou et Nikki. Sur un an, les prix des bovins apparaissent globalement stables, avec toutefois des différences selon les catégories d’animaux. La situation est différente pour les ovins. Sous l’effet d’une demande plus forte, leurs prix ont augmenté de 4 % en moyenne en août. Les antenais ont progressé de 5 %, les antenaises de 6 %, les béliers de 5 % et les brebis de 2 %. Sur certains marchés, les hausses ont été particulièrement importantes, notamment à Tota à Dogbo (+16 %), Guéné à Malanville (+15 %), Ouèssè (+14 %) et Nikki (+12 %). Sur douze mois, le mouvement est encore plus marqué. Les prix des ovins ont augmenté de 14 % en moyenne. Le bulletin attribue notamment cette évolution au renchérissement des frais de transport et à l’augmentation de la demande extérieure.

Les caprins affichent également une hausse mensuelle de 8 %. Les prix des boucs ont progressé de 16 %, ceux des chèvres de 6 % et ceux des chevrettes de 10 %. Certaines places ont enregistré des augmentations beaucoup plus fortes, notamment Adjarra (+61 %), Nikki (+34 %) et Ouèssè (+20 %). Pour l’économie de l’élevage, le mouvement le plus favorable se situe au niveau des termes de l’échange. En août, un bouc de conformation moyenne permettait à l’éleveur d’obtenir 2,8 sacs de maïs de 100 kg, contre 2,2 sacs en juillet et 1,8 sac en août 2025. Le gain atteint ainsi 25 % sur un mois et 52 % sur un an. Cette amélioration s’explique par la baisse du prix du maïs. Elle signifie que, malgré les variations des prix du bétail, la capacité d’échange de l’éleveur contre une denrée essentielle s’est améliorée. Elle constitue donc un indicateur plus pertinent du pouvoir d’achat relatif des producteurs que le seul prix de vente des animaux.

Du côté de la consommation, la tendance est moins favorable. Le prix de la viande bovine a augmenté de 2 % entre juillet et août et de 10 % sur un an. Le kilogramme de viande bovine avec os s’est vendu en moyenne à 2 400 Fcfa. Pour la viande ovine, le prix est resté stable sur un mois, mais progresse de 5 % sur un an, à environ 2 700 Fcfa le kilogramme. Au niveau international, l’indice Fao des prix de la viande s’est établi à 127,9 points en août, en hausse de 1 % sur juillet. Les prix internationaux de la viande bovine ont reculé, tandis que ceux de la viande ovine se sont appréciés.