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Prix des denrées sur le marchés urbains: Des tendance divergentes selon les localités

Economie
La tomate fraîche affiche une tendance haussière, liée à une  diminution de l’offre sur les marchés La tomate fraîche affiche une tendance haussière, liée à une diminution de l’offre sur les marchés

La surveillance hebdomadaire des marchés révèle des mouvements contrastés des prix de plusieurs produits de grande consommation dans les principales villes. Entre effets de saisonnalité, fluctuations de l’offre et dynamiques d’approvisionnement, igname, tomate, piment, oignon et essence « kpayo » affichent des tendances divergentes selon les localités.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 27 janv. 2026 à 07h10 Durée 3 min.
#marchés urbains #denrées alimentaires

D’un marché à l’autre, les prix racontent la réalité de l’offre et de la demande. Cette semaine encore, les étals des grandes villes traduisent une évolution nuancée des prix des denrées essentielles selon les données de l’Institut national de la statistique et de la démographie (Instad). L’évolution des prix met en lumière des variations sensibles, influencées à la fois par la saisonnalité, la disponibilité des produits et les mécanismes d’approvisionnement. L’analyse des marchés de Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Bohicon, Natitingou et Lokossa fait ressortir des tendances parfois convergentes, parfois contrastées, selon les produits observés. Sur le marché de l’igname, les prix ont globalement enregistré une baisse notable dans plusieurs villes. Les marchés de Porto-Novo, Parakou, Bohicon et Lokossa sont concernés par ce repli, traduisant une amélioration de la disponibilité du tubercule. Cette évolution s’explique principalement par la saisonnalité, période au cours de laquelle l’igname devient plus abondante sur les marchés.

En revanche, les prix sont restés stables à Cotonou et Natitingou, suggérant soit un équilibre entre l’offre et la demande, soit des coûts logistiques et intermédiaires qui amortissent la baisse observée ailleurs. Globalement, cette tendance baissière constitue un soulagement pour les ménages, l’igname demeurant un aliment de base dans de nombreuses localités.

La tomate fraîche sous pression

A l’opposé, la tomate fraîche affiche une tendance clairement haussière. Les prix ont augmenté dans l’ensemble des villes échantillonnées, sans exception. Cette hausse généralisée serait liée à une diminution de l’offre sur les marchés, situation fréquente lorsque la production connaît un ralentissement ou que les conditions climatiques affectent les rendements. Produit très consommé au quotidien, la tomate occupe une place centrale dans l’alimentation des ménages. La progression de son prix a donc un impact direct sur le panier de la ménagère, en particulier dans les centres urbains où la dépendance aux marchés est plus forte. Le piment frais connaît une évolution plus nuancée. Les prix se sont accrus dans les marchés de Cotonou, Natitingou et Lokossa, tandis qu’ils sont restés stables à Porto-Novo, Parakou et Bohicon. Cette disparité géographique traduit des réalités locales différentes en matière d’approvisionnement.

La hausse observée dans certaines villes serait également liée à une baisse de l’offre du produit, tandis que la stabilité ailleurs pourrait s’expliquer par des stocks encore disponibles ou une demande plus modérée. Là encore, le piment, ingrédient incontournable de la cuisine locale, demeure sensible aux moindres variations de l’offre.

L’oignon frais rond en nette baisse

Bonne nouvelle pour les consommateurs : les prix de l’oignon frais rond poursuivent leur tendance baissière dans toutes les villes visitées. Cette évolution est principalement attribuée à une période d’abondance du produit, favorisant une meilleure disponibilité sur les marchés. La baisse généralisée des prix de l’oignon contribue à alléger les dépenses alimentaires des ménages, d’autant plus que ce condiment est largement utilisé dans la préparation des repas, aussi bien en milieu urbain que rural. S’agissant de l’essence «kpayo », les prix ont connu une baisse à Porto-Novo, Parakou et Lokossa, tandis qu’ils sont restés constants à Cotonou, Natitingou et Bohicon. Les évolutions observées seraient dues au dynamisme des circuits d’approvisionnement, qui varient selon les zones.

Selon l’Insatd, les variations de prix observées sur d’autres produits non détaillés sont essentiellement dues à des phénomènes de spéculation. Ces pratiques, fréquentes sur certains marchés, continuent d’influencer le niveau des prix indépendamment des réalités de production ou d’approvisionnement.

Globalement, il est noté une baisse encourageante des prix de l’igname et de l’oignon, une hausse préoccupante de ceux de la tomate et du piment dans certaines villes, et une évolution modérée des prix de l’essence « kpayo ». Des dynamiques qui rappellent la nécessité d’un suivi régulier des marchés pour mieux anticiper l’impact des fluctuations sur le pouvoir d’achat des ménages.