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Enfants déficients:  Le droit à l’éducation assuré grâce à l’inclusion

Education
Par   Joel TOKPONOU, le 22 sept. 2021 à 10h07
Tout comme les autres enfants, ceux ayant diverses déficiences ont démarré l’année scolaire 2021- 2022. L’école béninoise ouvre ses portes à tous les enfants, sans distinction, y compris ceux porteurs de handicap. Déficients intellectuels, malentendants, malvoyants ou non-voyants, handicapés moteurs, … ils ont aussi leur place dans le système éducatif, comme l’a relevé le ministre des Enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou, lors de son discours aux acteurs de l’école, dimanche 19 septembre dernier. A l’école inclusive « Les Hibiscus» d’Akpakpa, la rentrée scolaire s’est effectuée sous l’œil vigilant de la fondatrice Rosine Ahlonsou Sogbossi. L’école a repris ses couleurs des jours ordinaires. Dans les salles de classe, les enseignants développent déjà les premières situations d’apprentissage. Les temps de recréation sont aussi faits de jeux divers avec leurs cris incessants. « Cela fait une trentaine d’années que nous nous efforçons à ce devoir de recevoir les enfants porteurs de tout type de handicap, car nous pensons qu’à l’instar des autres enfants, ils ont aussi droit à l’éducation. C’est la raison pour laquelle nous disposons dans l’encadrement d’un psychologue clinicien et d’un psychopédagogue », explique la fondée directrice de l’établissement, ancienne enseignante des lycées. Sur les 200 élèves environ qui fréquentent cette école, trente places sont réservées aux enfants porteurs de handicap. « Il faut reconnaître que nous dépassons souvent ce quota compte tenu des sollicitations», explique-t-elle. C’est le cas de l’année scolaire 2020–2021 où le nombre d’enfants porteurs de handicap était de 39. Ici, les élèves suivent les cours ensemble. Socialisation ! Dans cette école inclusive, tous les enfants handicapés ne sont pas dans le circuit scolaire classique. « Tous nos enfants handicapés ne sont pas scolaires. Certains handicapés ne parleront peut-être pas. D’autres ne sauront peut-être jamais lire et écrire, du fait de leurs déficiences intellectuelles. Mais ils sont tous pris en charge. La socialisation est très importante pour l’enfant tout comme la discipline qui lui est enseignée. Ils peuvent aussi parvenir à faire de petits travaux et à se prendre en charge. C’est déjà bien pour eux de vivre avec des enfants comme eux et de ne pas se sentir rejetés par la société », fait remarquer Rosine Ahlonsou Sogbossi qui s’est engagée au service de l’inclusion des enfants handicapés. Et elle peut se réjouir de son succès. «Nous avons accueilli dans l’école un enfant de 20 mois souffrant d’une infirmité motrice cérébrale (Imc). Il s’agit de ces enfants qui ne crient pas à leur naissance et subissent des altérations des neurones. Aujourd’hui, il est titulaire d’un master en Fiscalité. Si au départ, les parents avaient eu honte et l’avaient caché à la maison, il n’aurait pas eu ce destin », illustre la fondatrice de l’école. Un encadrement spécifique ! Pour la mise en œuvre de l’inclusion dans le système éducatif, Jeannot Odjo, psychologue clinicien, s’emploie à appliquer des thérapies, selon les besoins de chaque enfant. « Nous aidons les enfants à s’épanouir de manière générale. Le travail de psychologue devient davantage nécessaire avec les enfants déficients. Il est question de travailler sur l’environnement qui accueille l’enfant, puis sur l’enfant, surtout au moment où il commence par se rendre compte de ses déficiences ou de ses différences avec les autres », renseigne-t-il. Dans son travail, le psychologue mène avec les apprenants aussi bien des séances individuelles que celles de groupes. Son collègue Emile Gbessinon, psychopédagogue, est dans un rôle complémentaire. Il intervient sur l’enfant déficient mais aussi sur les enseignants afin que ces derniers adoptent des pratiques pédagogiques adaptées aux différents types de déficience. « Nous travaillons à recycler les enseignants, nouveaux et anciens, pour qu’ils aient des stratégies pédagogiques adaptées à chaque déficience. Nous avons des enfants malentendants et non-entendants, des enfants souffrant de déficience intellectuelle, de trisomie 21, d’autisme… A chacun, nous faisons des rééducations cognitives de base selon des techniques adaptées et développons chez eux l’intelligence, le raisonnement, la logique, la maîtrise et l’utilisation de leurs corps dans le temps et dans l’espace», souligne le psychopédagogue. Ce faisant, un aspect de « l’école pour tous » devient réalité.