La Nation Bénin...
Alors qu’il vient à peine de lancer son
projet de société, le candidat Romuald Wadagni s’est livré à un échange
grandeur nature avec le magazine panafricain Jeune Afrique. Sans détours ni
langue de bois, l’homme dit tout, mais surtout évoque ses rapports avec le
président Patrice Talon.
Désigné candidat de la majorité
présidentielle, Romuald Wadagni assume une candidature qu’il dit ne pas avoir
préméditée. Entre fidélité à l’action de Patrice Talon et affirmation d’une
autonomie assumée, il esquisse les contours d’une gouvernance de continuité
sans tutelle. Selon lui, son choix résulte d’une décision collective au sein de
la majorité présidentielle. « Si j’avais planifié d’être chef de l’État,
j’aurais suivi un tout autre parcours », insiste-t-il dans l’échange avec Jeune
Afrique, mettant en avant un engagement guidé par le sens du devoir plutôt que
par une ambition construite de longue date. Il ne s’en cache pas : briguer la
magistrature suprême n’était pas un projet personnel. Il évoque une
responsabilité née du contexte politique, à la suite de la décision de Patrice
Talon de ne pas se représenter.
Parlant de lui, justement, il se veut très
rassurant au sujet de la promesse d’un retrait. Selon lui, Patrice Talon ne
sera pas un président de l’ombre. Wadagni assure que, fidèle à ses principes,
l’actuel chef de l’État se retirera pleinement après l’investiture de son
successeur. « Il n’entend exercer aucune tutelle », tranche-t-il, confiant dans
la parole et la discipline institutionnelle de son mentor. Seule évidence, et
il ne s’en cache pas, l’ancien président, à la fin de son mandat, restera tout de
même attentif aux grandes orientations du pays.
« J’ai pour lui un profond respect et une
sincère admiration. C’est un homme qui peut vous parler de n’importe quel sujet
comme s’il en était expert, avec une capacité de travail et une faculté
d’anticipation hors normes. Il m’a toujours bluffé. Pendant cette décennie,
nous avons travaillé en totale confiance, comme dans une relation père-fils, en
contact permanent », témoigne-t-il. Dans ce même entretien, l’argentier
national, désormais en lice pour le palais de la Marina, évoque son propre
parcours, ses ambitions, sa désignation, ses rapports avec les anciens
présidents du pays, avec Joseph Djogbénou…
Romuald Wadagni sur Jeune Afrique