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Entrée de Boni Yayi au Sénat: La population de Parakou entre critiques et approbation

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L’ancien président, Thomas Boni Yayi L’ancien président, Thomas Boni Yayi

L’annonce de Thomas Boni Yayi de siéger au Sénat, après avoir publiquement contesté la création de cette institution, continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique béninoise. À Parakou, cette décision suscite des réactions contrastées entre ceux qui dénoncent une rupture avec ses positions antérieures et ceux qui saluent un acte de responsabilité politique et de participation au fonctionnement des institutions républicaines.

 

Par   Christian HOUNONGBE, le 28 juil. 2026 à 06h49 Durée 2 min.
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Après avoir longtemps exprimé ses réserves sur la création du Sénat, l’ancien président de la République, Thomas Boni Yayi, a finalement décidé d’y siéger en qualité de membre de droit. Une décision rendue publique le 22 juillet dernier à travers un message publié sur sa page Facebook. Depuis, les réactions se multiplient dans le pays, notamment à Parakou où les avis recueillis traduisent les profondes divergences que suscite ce choix. Certains estiment que l’ancien chef de l’État aurait dû rester fidèle à sa position initiale en refusant de siéger. À leurs yeux, accepter aujourd’hui une institution hier dénoncée fragilise la cohérence du discours politique et risque d’alimenter la méfiance des citoyens vis-à-vis de la parole publique. Mais la politique est aussi l’art du pragmatisme. Les partisans de Boni Yayi voient dans sa décision un acte de responsabilité républicaine. Une fois le Sénat institué conformément aux dispositions constitutionnelles en vigueur, soutiennent-ils, le débat sur son existence appartient désormais au passé. L’enjeu devient alors la participation aux décisions qui concernent l’avenir du pays. Dans cette logique, siéger ne signifie pas forcément approuver le processus ayant conduit à la création de l’institution, mais plutôt choisir d’exercer son influence à l’intérieur du système plutôt qu’à sa périphérie. Cette lecture est d’autant plus défendue que l’ancien président était l’une des figures majeures de l’opposition béninoise jusqu’à sa démission. Son entrée au Sénat pourrait lui offrir une nouvelle tribune institutionnelle pour porter certaines préoccupations liées à l’apaisement du climat politique, à la question des détenus et exilés politiques ou encore au renforcement du dialogue national. Pour ses soutiens, abandonner cet espace reviendrait à se priver d’un levier d’action important. Toutefois, la décision de Boni Yayi révèle également une réalité politique. Le Sénat reste en dépit de tout une institution de la République avec laquelle les acteurs politiques doivent composer. Son efficacité et sa pertinence seront désormais jugées moins sur les débats ayant précédé sa naissance que sur sa capacité à produire des résultats utiles aux citoyens. Au fond, ce choix de l’ancien chef de l’État marque probablement l’ouverture d’une nouvelle séquence politique. Entre ceux qui y voient un reniement et ceux qui saluent un sens élevé de l’État, une certitude demeure. Les Béninois attendent avant tout des actes concrets susceptibles de renforcer la démocratie, la stabilité et le développement du pays.