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Etat de droit en Afrique: La jeunesse sensibilisée pour une participation citoyenne

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Des étudiants issus de plusieurs universités du Bénin ainsi que des représentants d’organisations de jeunesse ont été mobilisés, vendredi 12 juin dernier à Cotonou, pour un atelier de réflexion et de formation consacré à l’implication des jeunes dans la construction de l’État de droit en Afrique. Organisée par l’Institut des artisans de justice et de paix (Iajp/Co), cette rencontre a mis en lumière le rôle déterminant de la jeunesse dans la consolidation de la démocratie.

Par   Isidore GOZO, le 15 juin 2026 à 07h41 Durée 3 min.
#Université d’Abomey-Calavi

Face aux mutations politiques et sociales en cours sur le continent africain, la question de l’engagement citoyen des jeunes s’impose avec acuité. C’est autour de cette préoccupation que l’Institut des artisans de justice et de paix (Iajp/Co), en collaboration avec la Fondation Konrad Adenauer et l’Université d’Abomey-Calavi, a organisé un atelier de réflexion et de formation sur le thème « Implication et engagement des jeunes dans la construction de l’État de droit en Afrique ». L’initiative vise à doter les participants des connaissances et  outils nécessaires pour exercer une veille citoyenne efficace au service de la démocratie, de la paix et du respect des principes de l’État de droit. À l’occasion, le directeur de l’Iajp, le Père Arnaud Eric Aguénounon, a rappelé l’importance de la participation active des jeunes dans la préservation de la stabilité sociale. Selon lui, une paix durable ne saurait exister sans l’engagement responsable de la jeunesse. Sans cette vigilance citoyenne, a-t-il averti, « les sociétés risquent de sombrer dans l’instabilité ou dans une paix purement illusoire.» Le responsable de l’institut a également présenté le contenu scientifique de la rencontre. Les participants ont ainsi bénéficié des interventions des enseignants-chercheurs Gilles Badet, spécialiste de droit public et ancien secrétaire général de la Cour constitutionnelle, et Fidel Ayéna, maître de conférences en science politique. Les échanges ont porté notamment sur les mécanismes constitutionnels de protection des libertés publiques et les stratégies permettant aux jeunes de s’impliquer concrètement dans les processus de construction de l’État de droit. Un panel consacré à l’éthique et à la parole publique est venu enrichir les débats en mettant l’accent sur le rôle des jeunes communicants dans la consolidation des acquis démocratiques.

Une responsabilité historique

Théodore Golli, représentant de la Fondation Konrad Adenauer, dans son intervention,  a insisté sur le fait que l’avenir de l’Afrique dépend largement de la capacité de sa jeunesse à s’engager activement dans la vie publique. Il a rappelé que le continent possède la population la plus jeune du monde, une réalité qui représente à la fois une formidable richesse et une responsabilité collective majeure. Prenant l’exemple du Bénin, reconnu pour son attachement aux valeurs démocratiques depuis la Conférence nationale des forces vives de 1990, il a souligné que « cette expérience demeure une source d’inspiration pour de nombreux pays africains. », il a également évoqué les défis auxquels les démocraties du continent sont confrontées notamment « tensions sociales, inégalités, défiance envers les institutions, désinformation et découragement d’une partie de la jeunesse face aux difficultés économiques». Pour lui, la construction de l’État de droit ne relève pas uniquement des gouvernants ou des institutions. « Elle exige aussi des citoyens informés, engagés et responsables. L’engagement, a-t-il expliqué, se manifeste aussi bien dans la vie associative que dans la défense des droits humains, la promotion du dialogue, la lutte contre la corruption ou encore la sensibilisation des communautés. »

Le Père Raymond Goudjo, représentant Monseigneur Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo et président de la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale du Bénin, a procédé par la suite au lancement officiel des travaux de l’atelier. Dans son message, il a souligné que « l’engagement des jeunes dans la vie sociale demeure une question fondamentale pour l’avenir du continent. » Évoquant la nécessité de transmettre le flambeau entre générations, il a invité la jeunesse à cultiver le savoir, la responsabilité et le sens du bien commun afin de contribuer à l’émergence d’une Afrique profondément attachée à la dignité humaine, à la justice et à la démocratie.