La Nation Bénin...
Les attentes en termes de développement de la commune de Sakété vis-à-vis du président de la République qui sera élu à l’issue de la présidentielle du 12 avril prochain sont nombreuses. Le maire Alexis Oniyogoun en livre ici quelques-unes…
La Nation : Quelles sont les attentes de la commune de Sakété vis-à-vis du président de la République qui sera élu à l’issue de la présidentielle du 12 avril prochain ?
Alexis Oniyogoun : Si on prend les dix dernières années, je pense qu’il faut reconnaître que le gouvernement de Patrice Talon a fait ce qu’il a pu pour Sakété. Les efforts sont visibles sur beaucoup de plans. Mais avec le président de la République qui sera élu à l’issue de l’élection présidentielle du 12 avril prochain, nous attendons encore plus. Chaque commune doit pouvoir œuvrer pour obtenir son compte. Tout ce que nous demandons au prochain président de la République, c’est de penser à Sakété notamment sur le plan d’infrastructures surtout routières. Sakété est une commune proche du Nigeria et la voie d’accès n’existe pas. Ce qui fait que les recettes baissent notamment au niveau de notre poste de Douanes de Modogan. Les recettes ne sont pas ce qu’elles devraient être. Les gens contournent facilement le poste de Douanes en prenant par les voies qui passent par la brousse. Ce qui occasionne des fuites de ressources pour la commune et l’Etat. Il est important que le gouvernement réalise la voie Sakété-Oloumanrin-Modogan qui donne sur le Nigeria.
Il y a aussi les artères de la ville dont surtout la rue longeant la clôture de la Maison des Jeunes jusqu’au quartier Araromi et au-delà… Cette rue, tout comme beaucoup d’autres artères, mérite d’être assainie parce que très fréquentée par la population. Par ailleurs, Sakété connait aussi des problèmes d’inondations. Nous avons deux quartiers qui sont concernés. Il s’agit de Dagbao et Igbo-Eyè dans le premier arrondissement de Sakété. La toute première pluie de cette année qui s’est abattue la semaine dernière sur la ville a créé beaucoup d’ennuis pour la population. L’eau était partout. J’étais moi-même sur le terrain pour faire le triste constat dans les deux quartiers. Les caniveaux existent par endroits mais sont trop petits et n’arrivent pas à contenir et canaliser les eaux. Ce qui accentue ces cas d’inondations. Nous avons de véritables problèmes d’assainissement de nos rues. Sakété mérite de grands caniveaux pour régler ce problème d’inondation.
Des efforts se font quand même sur le terrain…
Oui, des efforts se font sur le terrain. J’étais la fois dernière avec une délégation de la Société des infrastructures routières et d’aménagement du territoire (Sirat) pour le lancement des travaux d’assainissement de la voie partant du carrefour Dagbao jusqu’à Sokou. La remise de site à l’entreprise devant réaliser le chantier a été faite. Je tiens à remercier le gouvernement du président Patrice Talon pour ce projet qui facilitera la liaison routière entre Sakété et Ifangni via le village de Sokou. C’est le premier contact que j’ai eu avec la Sirat sur le terrain depuis mon installation à la tête de la mairie en février dernier. C’est un dossier qui existait avant mon arrivée et dont j’ai hérité. L’équipe de la Sirat va certainement revenir et je vais entrer dans le fond du dossier avec eux. Ce projet d’assainissement est déjà un grand pas.
Lequel des projets de société des deux duos candidats en lice pour la présidentielle du 12 avril prochain a le plus retenu votre attention ?
J’ai surtout lu le projet de société du duo Romuald Wadagni-Mariam Talata. Je le trouve très ambitieux. On dirait que ce projet a été rédigé avec les gens de Sakété. Car la commune se voit entièrement concernée par les différentes offres sur le plan culturel. Le candidat Romuald Wadagni en campagne, vendredi 3 avril, à Sakété, les a d’ailleurs réitérées. Il a parlé des revenants communément appelés Egun-gun. Romuald Wadagni a annoncé la possibilité d’organiser à Sakété le festival des Egun- gun. Sakété est une commune hautement culturelle. On est à fond dans la culture, des plus petits aux plus grands. Je suis vraiment sidéré par cette vision du candidat qui place la culture au cœur de son projet de société.
Sur le plan agricole, Sakété a un sol adapté à une variété de culture. Tout à l’heure, le candidat a parlé de palmier à huile dont le commerce fait vivre plusieurs familles à Sakété. Romuald Wadagni a promis l’installation d’usine pour la transformation du palmier à huile à Sakété. La matière première sera transformée sur place en produits finis notamment en savons qui pourront être vendus et même exportés. Cette politique de transformation de palmier à huile va limiter l’exportation de ce produit au Nigeria. Ce qui va créer d’emplois aux jeunes et améliorer l’autonomisation des femmes qui font le commerce dans cette filière.
Dans le domaine du sport, Sakété manque cruellement d’infrastructures sportives modernes. La commune dispose d’un grand terrain mais il n’est pas moderne. Quand on prend le département du Plateau aujourd’hui, Pobé et Kétou ont un terrain moderne à gazon synthétique. Cela veut dire que la 22e circonscription électorale des législatives est déjà pourvue en infrastructures sportives. Il faut maintenant penser à la 21e dont fait partie Sakété par rapport à la construction d’un stade de type omnisports.
Quid de la mobilisation des populations venues écouter le candidat Romuald Wadagni ?
Le meeting du candidat Romuald Wadagni à Sakété fut une belle fête politique. J’étais très ému quand j’ai vu le parterre de personnalités à Sakété. Je me suis demandé si c’est ma petite commune qui est si honorée, vu la qualité des acteurs politiques présents. Le candidat lui-même était content de la mobilisation. J’étais vraiment satisfait de ce meeting. Le candidat Romuald Wadagni, s’il est élu président de la République, doit tenir compte de la chaleur de l’accueil lors de sa campagne électorale à Sakété une fois qu’il sera investi. Il doit savoir que Sakété le porte et n’est pas une commune opposante. Nous souhaitons vivement la réalisation des promesses faites pour booster le développement de Sakété véritablement amorcé ces dix dernières années.
Alexis Oniyogoun, maire de Sakété