La Nation Bénin...
L’exposition
numérique contribue aussi au partage de la connaissance. La photographie
numérique dans la conservation et la valorisation du patrimoine béninois a fait
l’objet d’un Master class, vendredi 28 mars dernier à l’Université
d’Abomey-Calavi.
Le
numérique peut prêter main forte à la conservation du patrimoine. On peut
explorer les possibilités qu’il offre pour mieux interagir avec les générations
à venir, le monde d’aujourd’hui et d’hier. « Photo numérique et patrimoine ».
Ce thème a fait l’objet d’un Master class, vendredi dernier à l’Université
d’Abomey-Calavi dans le cadre de l’exposition « Photo numérique et patrimoine
». Trois panélistes aux profils variés face à un public peu ou prou instruit
sur le sujet ont débattu des enjeux, de l’importance mais aussi des
perspectives. Enseignant au département d’histoire et d’archéologie de
l’Université d’Abomey-Calavi, Gérard Kouagou n’est pas à ses débuts sur la
thématique. Il en parle donc avec aise et expertise. L’étude scientifique des
civilisations disparues, à partir de leurs vestiges, il en a fait sa spécialité
depuis bien longtemps. Mais si par le passé, on avait du mal à s’en sortir, la
question de la conservation du patrimoine se traite de plus en plus avec
assurance, grâce à l’appui de la photographie et du numérique en général. Ces
outils facilitent l’immortalisation des découvertes archéologiques à des fins
de conservation du patrimoine, reconnait-il. Pour lui, le lien est tout fait et
la passerelle bien dressée. « Le numérique permet de diffuser les résultats
d'une recherche archéologique. C'est-à-dire qu'à partir du numérique, à partir
des outils du numérique, l'archéologie peut valoriser les recherches et les
découvertes archéologiques », explique l’enseignant. A partir de la photo
numérique, il est possible de valoriser des découvertes en archéologie, montrer
l'importance du patrimoine archéologique, admet-il.
Des
propos qui rendent fiers les hommes de la photographie pour qui, leurs flashs
ne servent plus uniquement à immortaliser des moments festifs. Ils prêtent
aussi main forte à la science et à la recherche. C’est un challenge qui plait
bien au photojournaliste David Gnaha dont certaines réalisations sont à
découvrir au cours de cette exposition. Pour y parvenir, suggère-t-il, il faut
tenir le pari de la conservation. Bien d’autres challenges subsistent, mais
celui-là reste le plus important à ses yeux. « Il est primordial de mettre en
place un dispositif pour conserver et sécuriser les archives », suggère le
photojournaliste qui exhorte les jeunes à mieux s’impliquer dans des projets et
initiatives similaires. Créer un dispositif pour sauvegarder et sécuriser nos
informations, sensibiliser davantage les jeunes à l'importance de la
conservation du patrimoine à travers les photos, leur enseigner l’utilité des
archives… Ce sont là, autant de pistes qu’il préconise.
Le
réalisateur Michel Meyer table pour sa part sur les possibilités et les
innovations offertes par le numérique. Et même si cela ne manque pas de risques
et de fragilités, il y voit une belle approche.
Il apprécie bien « le rôle aujourd'hui de la photographie, de préserver
les richesses patrimoniales pour les futures générations».
Démarrée le 26 mars dernier, l’exposition « Patrimoine 2.0» prend fin le 4 avril prochain. L’évènement est organisé pour mettre en exergue les enjeux de la conservation patrimoniale à l’ère du numérique. Le projet est soutenu par de nombreux partenaires dont Laboratorio arts contemporains.