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Economie mondiale: Entre résilience et perspectives mitigées

Economie
Après un rebond inattendu en 2025, porté par les exportations de services et les expéditions anticipées avant l’application de nouveaux droits de douane, le commerce  mondial devrait ralentir en 2026 Après un rebond inattendu en 2025, porté par les exportations de services et les expéditions anticipées avant l’application de nouveaux droits de douane, le commerce mondial devrait ralentir en 2026

L’économie mondiale a démontré une certaine résilience, mais les perspectives pour 2026 restent marquées par des obstacles structurels persistants, selon un rapport des Nations Unies. 

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 29 janv. 2026 à 07h13 Durée 3 min.
#Gouvernance de l’économie mondiale

La croissance mondiale devrait ralentir à 2,7 % en 2026, selon un récent rapport conjoint du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (Un Desa), de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (Cnuced) et des commissions économiques régionales. Ce niveau resterait inférieur à celui de 2025 et à la moyenne d’avant la pandémie de 3,2 %, précise le document.

Le ralentissement économique ne sera pas homogène. Aux Etats-Unis et dans certaines parties de l’Asie, la demande intérieure et l’assouplissement des politiques devraient soutenir l’activité. En revanche, l’Europe demeure fragile, et de nombreuses économies en développement sont freinées par l’endettement élevé et les chocs climatiques récurrents.

Pour 2027, la production mondiale pourrait légèrement repartir à la hausse, à 2,9 %, mais elle resterait en deçà des niveaux historiques. Après un rebond inattendu en 2025, porté par les exportations de services et les expéditions anticipées avant l’application de nouveaux droits de douane, le commerce mondial devrait ralentir en 2026. Les barrières commerciales, les incertitudes politiques et la modération de l’investissement freinent le dynamisme économique, soulignant les fragilités structurelles de la croissance mondiale.

Détente attendue des prix

L’inflation mondiale devrait reculer à 3,1 % en 2026 contre 3,4 % en 2025, mais la baisse des prix demeure inégale et les pressions sur le coût de la vie persistent, souligne le rapport. Les ménages à faibles revenus continuent de subir l’érosion de leur pouvoir d’achat, en particulier face aux prix élevés des denrées alimentaires, de l’énergie et du logement.

L’assouplissement des taux d’intérêt et l’amélioration du sentiment des marchés ont relancé les flux de capitaux, notamment vers les secteurs innovants liés à l’intelligence artificielle. Toutefois, le coût élevé de l’emprunt et les valorisations parfois excessives des actifs constituent des risques notables. Les économies en développement restent particulièrement vulnérables, confrontées à un lourd fardeau de la dette et à un accès limité à un financement abordable.

Pour une croissance plus marquée

Les experts de l’Onu appellent à une coordination renforcée des politiques macroéconomiques, combinant politique monétaire, budgétaire et industrielle pour stabiliser l’inflation et soutenir l’investissement. La politique budgétaire doit être mobilisée de manière stratégique pour protéger les ménages vulnérables et assurer la crédibilité à moyen terme.

La coopération multilatérale et le financement du développement sont également cruciaux. La mise en œuvre des engagements de Séville, incluant la réforme de la dette et l’augmentation du financement climatique, est jugée indispensable pour combler les déficits d’investissement et réduire les risques systémiques. Enfin, le rapport insiste sur la nécessité de renforcer un système commercial ouvert fondé sur des règles, afin de soutenir la croissance et de limiter la fragmentation dans un contexte mondial incertain.