La Nation Bénin...
Malgré
une reprise de la croissance post-pandémique, les économies africaines restent
exposées à des vulnérabilités majeures. Inflation persistante, endettement
élevé, aléas climatiques et tensions géopolitiques menacent la stabilité
économique du continent, compromettant ses perspectives de développement.
Depuis
la fin de la crise sanitaire, la croissance en Afrique a montré des signes
encourageants de redressement. Toutefois, cette embellie demeure fragile face à
de multiples vulnérabilités macroéconomiques. L’inflation, qui dépasse souvent
les deux chiffres, érode le pouvoir d'achat des ménages et alourdit le coût du
financement public et privé, selon les données de la Commission économique des
Nations Unies pour l’Afrique.
Par
ailleurs, les déficits budgétaires et la dette publique restent élevés,
réduisant la marge de manœuvre des gouvernements. L'accès aux financements
internationaux demeure difficile en raison de taux d'intérêt élevés, limitant
les investissements essentiels pour le développement. La situation est encore
plus complexe dans un contexte de tensions politiques et sociales. Les conflits
armés, notamment dans la région du Sahel, ainsi que la montée des instabilités
institutionnelles entravent la mise en œuvre des réformes nécessaires pour
renforcer la résilience économique.
Bien que l’Afrique soit responsable de moins de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, elle est particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique. Les sécheresses, inondations, vagues de chaleur et autres catastrophes naturelles affectent lourdement les infrastructures, l’agriculture et la biodiversité. En 2022, plus de 110 millions de personnes ont été directement touchées par des événements climatiques extrêmes, entraînant des pertes économiques estimées à plus de 8,5 milliards de dollars. Le secteur agricole, qui représente une part significative du Pib de nombreux pays africains, est particulièrement exposé. Depuis les années 1960, la productivité agricole du continent a chuté de 31 %, et chaque degré supplémentaire de réchauffement pourrait entraîner une baisse de 5 % des rendements. Sans mesures d'adaptation rapide, le coût annuel des catastrophes climatiques pourrait atteindre 50 milliards de dollars d'ici 2030.
Danger supplémentaire
Le
climat économique mondial constitue un autre facteur de risque pour l'Afrique.
La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, principal partenaire
économique du continent avec des échanges atteignant 282 milliards de dollars
en 2023, pourrait avoir des répercussions importantes. De nouvelles barrières
tarifaires sur les importations chinoises et américaines risquent d'affecter la
demande pour les matières premières africaines, réduisant les revenus
d’exportation et amplifiant la vulnérabilité économique. La Chine, confrontée à
un vieillissement de sa population et à un ralentissement de sa croissance,
pourrait également réduire ses investissements en Afrique, fragilisant les
infrastructures et les projets de développement. Ce contexte pousse le
continent à accélérer l'intégration économique régionale, notamment à travers
la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Face à ces menaces, l’Afrique doit impérativement renforcer sa résilience économique. Cela passe par une diversification accrue des économies, la promotion des industries locales et l'écologisation du développement. L'industrialisation durable, axée sur des technologies propres et l'efficacité énergétique, pourrait permettre au continent de limiter son exposition aux chocs extérieurs tout en créant des emplois et en préservant ses ressources naturelles. En effet, si l'Afrique fait face à des défis majeurs, elle dispose également d'opportunités pour bâtir une économie plus robuste et résiliente. La volonté politique, combinée à des stratégies adaptées, sera essentielle pour transformer ces menaces en opportunités de développement durable. Cela passe par une diversification économique accrue, une industrialisation respectueuse de l’environnement et une intégration régionale plus poussée à travers la Zlecaf. De plus, le renforcement des capacités institutionnelles et la mobilisation de financements innovants, tels que les obligations vertes et les partenariats public-privé, pourraient permettre au continent d’atténuer les chocs externes et de mieux tirer parti des nouvelles dynamiques économiques mondiales.